Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 05:47

Jusqu'à son rattachement à Grand-Couronne en 1908, l'île des Oiseaux faisait partie du territoire de la commune de Hautot-sur-Seine.

Au recensement de 1901 d’Hautot-sur-Seine, l’ile aux Oiseaux est habitée par Aimé DUMONT âgé de 37 ans.

L'Ile des Oiseaux d'Hautot-sur-Seine
L'Ile des Oiseaux d'Hautot-sur-Seine
L'Ile des Oiseaux d'Hautot-sur-Seine
L'Ile des Oiseaux d'Hautot-sur-Seine
L'Ile des Oiseaux d'Hautot-sur-Seine
L'Ile des Oiseaux d'Hautot-sur-Seine

Journal de Rouen du 14 mars 1907 : L’Ile aux oiseaux

On adjugera, le 3 avril prochain, à la préfecture, les travaux nécessaires à la construction de la digue que les ponts et chaussée ont décidé d’édifier à l’île aux Oiseaux. Située juste en face de l’ancien « trou » de Grand-Couronne comblé depuis plusieurs années, cette île, qui est propriété de l’Etat, mesure une centaine de mètres de longueur. La digue projetée partira de sa pointe amont pour aller rejoindre dans une ligne à peu près droite la rive gauche du fleuve, quelques mètres au-dessous de la cale du bac de Grand-Couronne. Les ingénieurs des ponts et chaussées ont décidé d’exécuter ces travaux de manière à obtenir dans ces parages un rétrécissement du fleuve qui, en accélérant la vitesse de ses eaux, aura pour résultat d’amener un écoulement plus rapide du débit solide vers la mer. A cet endroit de son cours la Seine fait un coude et sa largeur dépasse 300 mètres. Le débit des eaux y étant très lent, il en résulte un dépôt considérable de vase qui s’accumule dans le chenal et nécessite des dragages coûteux, qu’on espère éviter en construisant la digue dont nous parlons.

Prochainement, on mettra en adjudication les travaux nécessaires à l’établissement d’une autre digue qui elle sera édifiée au long de la rive droite du fleuve, entre Biessard et la cale du bac de Val-de-la-Haye. Ces travaux d’art ont également pour but de provoquer un écoulement plus rapide des eaux dans cette partie du fleuve. Pendant un moment, les habitants du Val-de-la-Haye s’étaient émus de ces travaux, alors en projet, car ils craignaient qu’on bouchât le bras de Saine qui baigne leur quai. Qu’ils de rassurent. Les ingénieurs des ponts et chaussées chargés de la navigation de la Seine ne sont pas vandales à ce point, nous disait-on hier. Le Val-de-la-Haye restera port fluvial … tant que la nature le permettra, mais ses jours sont comptés. De par les effets du flot et du Mascaret, le petit bras de Seine qu’emprunte le bateau-omnibus pour accoster au ponton de cette commune s’envase et se comble de lui-même quotidiennement. C’est une affaire de temps.

  • Mais ne pourrait-on pas draguer dans ce bras de Seine ? demandons-nous.
  • Le jour où on démontrera que ces travaux sont d’utilité publique, on pourra songer à les exécuter. Mais d’ici-là, ajouta en riant notre interlocuteur, le petit bras de Seine sera comblé et l’affaire sera solutionnée.
L'Ile des Oiseaux d'Hautot-sur-Seine
L'Ile des Oiseaux d'Hautot-sur-Seine

Le noyé de février 1792 de l’ile aux Oiseaux à Hautot sur Seine

22 février 1792 rapport d’enquête concernant un cadavre trouvé sur l’ile aux Oiseaux, un marin hollandais du nom de Tjart MONNEN (52 ans) du navire « La Dame Walland » :

L’an 1792 le 22 février nous accesseurs du juge de paix du canton de Canteleu faisant pour son absence ce nous nous somme transportés sur l’île aux oiseaux section dépendant de notre paroisse de Hautot, sur la parole verbale de monsieur le secrétaire greffier du juge de paix nommé monsieur DELAHAYE où nous avons trouvé un cadavre mort, qu’on nous a dit dénommé Tjart (*) MONNEN de la paroisse (laissé en blanc) en Hollande revêtu d’un gilet d’étoffe brune, un autre de siamoise bleue avec une paire de culotte aussi d’étoffe brune, un caleçon et une paire de botte, ayant cherché dans les poches du défunt nous y avons trouvé un portefeuille, après en avoir fait l’ouverture il s’y est trouvé un bon ce cinquante sols et un autre de trente avec une agrafe d’argent au col de la chemise. Ayant interpellé les assistants s’ils n’avaient nulle révélation de cet homme, le Capitaine Folkert WALLAND s’étant présenté nous a déclaré par l’organe de Maître BULGEN son interprète duquel il était assisté qu’il le reconnaissait pour être celui qui avait été perdu à bord de son navire nommé « La Dame Walland » il y a environ cinq semaines et qu’il y allait en qualité de second, interpellé de nouveau le dit Capitaine Folkert par quel hasard il était tombé il nous aurait déclaré que c’était par accident. Après avoir fait déshabiller le noyé pour voir s’il n’avait reçu aucun coup nous ne lui avons trouvé nulle meurtrissure, lequel nous avait fait connaitre qu’il était tombé à l’eau par accident et nous aurait fait délibérer en présence de la municipalité de donner ordre à monsieur le curé de notre dite paroisse de le nommer et en écrire l’acte sur les registres ordinaires. Ce que nous avons signé, ce dit jour et an que dessus. (espace des signatures laissé en blanc)

(*) Tjaard : prénom frison, Théodoard en ancien germanique

Acte n°2 du régistre d’Hautot sur Seine : Inhumation de Tjart MONNEN hollandais noyé :

Le vingt deuxième jour de février 1792 sur le permis à nous actifié en date d’hier signé DELAHAYE greffier de Mr D’ORNAY, juge de paix du canton de Canteleu district de Rouen, pour l’absence du dit sieur D’ORNAY. D’après le procès verbal de visite d’un cadavre de sexe masculin dressé par les prudhommes nommés de cette paroisse et à nous présenté en bonne forme, le dit cadavre a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse par moi prêtre curé soussigné sous le nom de Tjart MONNEN âgé de cinquante deux ans originaire de Norden en Ostfriesland (*) perdu au quai de Rouen depuis environ cinq semaines, et repêché le long de l’ile aux oiseaux district de Hautot sur seine. Lequel noyé a été reconnu sur les lieux par son capitaine le sieur Folkert WALLAND commandant le navire « La Dame Walland » pour être son second et ce par l’organe de monsieur BULGEN fils, son interprète, juré au tribunal de commerce de Rouen duquel il était accompagné. Lesquels ont signé avec messieurs les maires et officiers municipaux de cette paroisse : Folkert WALLAND, BULGEN fils, DE VRIES, Charles LECOMTE maire de Hautot, RICHARD procureur de la commune, Jérôme SUCRE officier, Jean PAQUET, LECLERC, Pierre FLEURY, DEHAYE curé de Hautot.

(*) Frise Orientale : le comté de Frise Orientale est sous administration prussienne depuis 1744.

L'Ile des Oiseaux d'Hautot-sur-Seine
Partager cet article
Repost0

commentaires