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15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 02:31
A bord du Hautot (1900-1906)

Journal de Rouen du 27 septembre 1900 : Lancement du Navire « Hautot »

La mise à l’eau du Hautot, voilier trois-mâts construit pour le compte de la Compagnie Rouennaise de Transports maritimes, a eu lieu par un temps splendide, hier à trois heures vingt minutes, en présence de plusieurs centaines de curieux. Parmi les notabilités présentes, on remarquait : MM. Wilkinson, directeur ; Du Boullay, président du conseil d’administration de la Compagnie Rouennaise de Transports ; Gagu, agent du Véritas de Rouen ; Leroux, secrétaire de la Compagnie Rouennaise ; De Cordemoy, agent du Lloyds Register ; Borja de Mozota, agent du Véritas à Paris,etc

Le Hautot est le neuvième navire lancé par le nouvelle administration des chantiers. Après la cérémonie religieuse, un magnifique bouquet a été offert à la marraine Melle Leroux, nièce de M. Leroux, secrétaire de la Compagnie Rouennaise. Le parrain était M. André Du Boullay, fils du président du conseil d’administration de la même Compagnie .Comme d’usage, l’opération a merveilleusement réussi. Trois coups de canon ont été tirés à bord du navire au moment où celui-ci, glissant sur son ber, entrait dans le fleuve aux applaudissements de tous. Il a été ramené à quai par deux remorqueurs, le Rouen et l’Abeille 7.

Voici les dimensions de ce magnifique trois-mâts : longueur entre perpendiculaires, 85 m.15 ; largeur au fort hors membrures, 12 m. 50 ; creux sur quille, au milieu, 7 m.65 ; jauge brute, environ 2 786 tonneaux. Sa construction aura duré trois mois. Une réception tout intime a réuni dans le grand salon d’honneur le haut personnel des Chantiers et les armateurs, et une certaine somme sera versée, selon la tradition à la Caisse de Secours des Chantiers.  

les sister-ships CROISSET DIEPPEDALLE BIESSARD et HAUTOT
les sister-ships CROISSET DIEPPEDALLE BIESSARD et HAUTOT
les sister-ships CROISSET DIEPPEDALLE BIESSARD et HAUTOT
les sister-ships CROISSET DIEPPEDALLE BIESSARD et HAUTOT

les sister-ships CROISSET DIEPPEDALLE BIESSARD et HAUTOT

A bord du Hautot (1900-1906)

Extrait de l’article paru dans l’Infos d’Hautot n°12 hiver 2006-2007 : Les voiliers du nickel

Profitant d’une prime encourageant la marine marchande, l’armateur rouennais Prentout fait lancer un chantier de construction navale à Rouen. Grâce au soutien financier du négociant Gaston Boulet, ils créent les ateliers des chantiers de Normandie. Là sont construits en série des voiliers long-courriers, entre 1895 et 1922 : en particulier quatre voiliers le Croisset, le Dieppedalle, l’Hautot et le Biessard affectés en priorité au transport du nickel calédonien.

En 1900, l’Hautot quitte les chantiers de Normandie à destination de la Nouvelle-Calédonie. Le voyage est long. La navigation peut être difficile dès le golfe de Gascogne avec des vents contraires. Canaries, Cap-Vert passés au large, l’alizé les pousse vers l’équateur, mais auparavant  il faudra franchir le redoutable « pot au noir ». Au passage de l’équateur, c’est le baptême des novices : le seul moment de fête de la traversée. Après le cap de Bonne-Espérance, très au large, il faut subir les vents violents et glacés de l’Océan Indien. Cent jours sont nécessaires pour faire le voyage.

Le navire arrive avec du lest. Il entre au port sans pilote. Le premier jour est consacré au contrôle sanitaire puis au repos. Dès le lendemain c’est le déchargement : 1 125 t de lest en 10 jours et 3 500 t de minerai chargés grâce à un outillage moderne. Une fois chargé de vivres et l’eau douce embarquée, le voilier peut reprendre sa route. Les voiliers lourdement chargés sont ballotés par la houle. Les icebergs sont nombreux. Il faut à nouveau une centaine de jours pour retrouver la terre ferme.

En 1905, François Guerpin, un jeune normand est nommé capitaine de navire. Venant de se marier, il demande l’autorisation d’embarquer son épouse en voyage de noce sur le voilier. L’armateur cède et le jeune couple embarque. Après une escale à Thio où le nickel est chargé, le trois-mâts et ses 26 hommes d’équipage disparaissent en juillet 1906. Cette année là les glaces sont remontées jusqu’au 44° sud. On suppose que l’Hautot a percuté un iceberg. MJA

Bibliographie : « les voiliers du nickel » de Marc Métayer

Le CROISSET et le HAUTOT dans la baie de Thio (Nouvelle-Calédonie)

Le CROISSET et le HAUTOT dans la baie de Thio (Nouvelle-Calédonie)

Le Journal de Rouen du 2 mars 1907 publie un article sur le retour du Hautot à Glasgow, avec la liste de l'équipage. Mais dès le 6 mars Journal de Rouen fait part d’une déplorable erreur d’identification.

Journal de Rouen du 11 mai 1907 : En mémoire des Disparus du « Hautot »

La sombre tragédie qui se joua au milieu des océans – sur quel point du globe ? On l’ignorera toujours – et dans laquelle périrent le capitaine Guerpin, commandant du voilier rouennais Hautot, sa jeune femme et les vingt-six hommes d’équipage embarqués à bord, a eu son dénouement hier matin autour d’un catafalque dressé dans l’église de la Madeleine. Des femmes, des mères, des sœurs, le visage baigné de larmes sous leurs longs voiles de deuil ; des pères, des fils, des frères étaient venus là, prier solennellement pour le repas de l’âme des êtres chers, disparus mystérieusement et engloutis maintenant au fond des eaux. Durant toute une semaine, au commencement de ce printemps, ils eurent l’espérance de les revoir. Une dépêche venue de l’extrême pointe de l’Irlande n’annonçait-elle pas qu’un voilier passant au large, dans le brouillard, s’étai signalé comme étant le Hautot ? La nouvelle était malheureusement fausse. Forgée, a-t’on-dit, à Londres pour les besoins d’agioteurs et de brasseurs d’affaires, elle broya le cœur de tous ces parents et amis qui s’étaient repris à sourire et auxquels maintenant toute espérance est défendue. L’assistance était nombreuse autour de ces malheureux dont on plaignait l’infortune. On y remarquait MM. Massieux et M. du Boullay, administrateur de la Compagnie rouennaise de transports maritimes ; E. Leroux, armateur ; G. Leverdier, vice-président ; Héduit, Maurice Lemarchand, membre de la Chambre de commerce ; Anquetil, président du Tribunal de commerce ; Caumonr, administrateur de la marine ; Lespierre, commandant du port ; Henri Duchemin, conseiller d’arrondissement ; Ladonne, capitaine du Charles-Thibergen ; M P. Le Verdier, conseiller général, maire de Belmesnil ; Avenel, adjoint ; l’abbé Talbot, curé de cette commune ou était domicilié le capitaine Guerpin et où habitent ses malheureux parents. Pendant la messe, dite par l’abbé Lefèvre, curé de la Madeleine, plusieurs morceaux de musique religieuse, notamment un Inter Oves de Gounod, ont été chantés par M. Benoit. Avant de donner l’absoute, l’abbé Gayraud, député du Finistère, a prononcé en chaire, une allocution émouvante, et ses paroles de consolation allèrent droit au cœur des pauvres gens affligés. Après la messe l’assistance défila devant les parents des disparus massés à l’entrée de l’église. Affectueusement toutes les mains se tendirent vers eux et particulièrement vers M. Guerpin, ce brave jardinier de Belmesnil, dont le fils, ancien élève du collège et de l’école d’hydrographie de Dieppe tait arrivé, par son intelligence et sa seule volonté, au commandement du Hautot, l’un des plus beaux voiliers de notre flotte commerciale.

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