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11 août 2019 7 11 /08 /août /2019 06:38

Charles Dominique MAZIER (28/07/1781 - 02/01/1867)

7ème Maire de Hautot sur Seine du 6 septembre 1841 au 15 février 1844. Il n’a pas d’adjoint pendant son mandat.

Lors  du Conseil municipal du 15 novembre 1840 Charles Dominique MAZIER nommé Maire par le Préfet le 28 octobre 1840 refuse de prêter serment. Le nouveau conseil est installé avec pour adjoint Pierre Félix POULLARD. Lors du Conseil Municipal du 6 septembre 1841, Charles Dominique MAZIER est installé comme Maire suite à sa nomination par le Préfet le 29 août 1841, il n’y a pas de nouvel nomination d’Adjoint. A partir du Conseil Municipal du 26 décembre 1841 les comptes rendus font part d’un désaccord entre les conseillers et le Maire sur la confection du budget et sur ce qui est reproché à l’ancien Maire LEZURIER DE LA MARTEL à propos de la vente du bois de la nouvelle chaussée et à propos du cimetière.

Lors du Conseil Municipal du 12 septembre 1843 le Maire Charles Dominique MAZIER installe le nouveau conseil, suite à la lettre du Préfet du 29 août 1843, alors qu’il n’est pas réélu comme conseiller.

Pendant l’intermède de 1843-1844, Pierre-Félix POULLARD (1766-1848), conseiller municipal, fait fonction d’officier d’Etat civil.

Journal de Rouen du 11 décembre 1843 :

En 1841, le sieur Mazier fut nommé maire de la commune de Hautot-sur-Seine, canton de Grand-Couronne, mais le préfet ne jugea pas convenable de lui donner un adjoint. Son administration fut tellement déplorable et si contraire aux intérêts de la commune, que le conseil municipal, à l'unanimité, lui refusa bientôt son concours, et pria plusieurs fois M. le préfet de dissoudre le conseil, afin que les électeurs de la commune pussent se prononcer entre le maire et les conseillers municipaux. Le préfet ne répondit pas à cette demande.

Mais ce que l'administration n'avait pas voulu accorder de bonne grâce fut enfin amené par la force des choses et le cours naturel des institutions. Le 23 juillet dernier, les électeurs furent convoqués, en vertu de la loi municipale, pour renouveler la moitié du conseil. Le maire était du nombre des conseillers sortants ; il ne fut pas réélu.

La commune s'en croyait donc bien et dûment débarrassée ; mais elle avait compté sans M. le préfet, sans l'esprit gouvernemental de l'époque, qui semble avoir fait la gageure de mettre aux abois la puissance municipale. Quel ne fut donc pas l'étonnement des habitants de la commune, lorsque, le 3 septembre, ils virent l'ancien maire, muni de pouvoirs spéciaux du préfet, procéder a l'installation du nouveau conseil municipal ?

Le fait, ne dût-il être que temporaire et accidentel, aurait été assez difficile déjà à justifier au point de vue de la légalité. Mais ce qu'il y a de plus fort, c'est que, depuis l'époque d'installation, l'ancien maire, qui n’est plus conseiller municipal, n'a cessé d'administrer la commune.

Ainsi, tandis qu'un intrus, sous le bon plaisir de M. le préfet administre la commune et dispose de ses archives, le conseil municipal, légalement nommé et dans lequel réside, par la vacance réelle d'une première magistrature, le pouvoir exécutif et administratif de la commune; le conseil, disons-nous, n’est consulté en rien, et les sessions d'août et de septembre se passent sans qu'il soit convoqué; le tout en violation des clauses les plus positives de la loi.

Parce que cette commune est une des plus petites du département, que son conseil municipal, composé de cultivateurs et d'artisans, est hors d'état de lutter d'adresse avec les bureaux de la préfecture, s'en suit-il que M. le préfet puisse violer à son égard la loi qui est égale pour tous, et qu'il est chargé de faire respecter par les citoyens en la respectant lui-même ?

 

Il est né à Hautot sur Seine le 28 juillet 1781, il est le fils de Jacques MAZIER (1744-1825) et de Clotilde PICARD (1743-1814). C’est le boulanger du village. 

 

 

Il épouse successivement le 5 mai 1807 à Hautot-sur- Seine, Catherine Suzanne LECOMTE (1776-1808), fille de Charles Lecomte (Maire de 1790 à 1793), le 5 juin 1810 au Val de la Haye, Honorine Sophie LEFRANCOIS (1786-1816), le 9 septembre 1823 à Sahurs, Marie Louise Victoire LEBOUCHER (1788-1830), le 11 février 1834 au Val de la Haye, Prudence Euphrosine LELOUP (1789-1857), il est alors cultivateur. Il se remarie le 10 février 1859 à Hautot-sur-Seine avec Henriette Elisabeth LIESSE (1830-1881). Il est père une dernière fois à l’âge de 78 ans le 10 mars 1859 de Dominique Désiré MAZIER (adjoint au Maire de 1891 à 1896).

Il décède à Hautot-sur-Seine le 2 janvier 1867. Il a été enterré à droite de la porte d’entrée de la chapelle d’Hautot-sur-Seine.

Photographies de la tombe de Charles Dominique MAZIER de 2021

Les tombes de la Veuve MAZIER et de Désiré HERLIN au cimetière d'Hautot sur Seine

Les tombes de la Veuve MAZIER et de Désiré HERLIN au cimetière d'Hautot sur Seine

La veuve MAZIER et son concubin Désiré HERLIN périrent brulés dans leur maison voisine de l’ancien presbytère le 8 juillet 1881, la cause du décès n’est pas mentionnée dans le registre d’état civil, et un autre acte d'état civil a été inséré entre les deux actes de décès.

Pierre LEMOINE (02/03/1784 - 20/08/1862)

8ème Maire de Hautot sur Seine du 15 février 1844 au 22 novembre 1846. Il a pour Adjoint Théodore LEMARCHAND (1794-1866). Pierre-Augustin LEMOINE est né à Trois Pierre. En 1833 il fait l’acquisition d’une ferme à Hautot sur Seine (Journal de Rouen du 19/07/1833).

Lors du Conseil Municipal du 15 février 1844 Pierre LEMOINE est installé comme Maire suite à sa nomination du 2 février par le Préfet. Un inventaire des objets communaux en possession de l’ancien Maire Charles Dominique MAZIER est fait, il manque l’acte d’acquisition du terrain de la Chaussée.

Création du nouveau cimetière sur le terrain de la sapinette :

Le Conseil municipal du 10 novembre 1844 décide d’établir un cimetière communal sur le terrain de la Sapinette. Une portion de 2056 m² est vendue et un emprunt de 1000 Francs est contracté pour financer le mur d’enceinte. Le Conseil municipal du 9 novembre 1845 décide l’érection d’une croix avant de le consacrer à la sépulture des habitants.

Création d’un débarcadère pour bénéficier de l’arrêt des bateaux à vapeur :

Lors de Conseil municipal du 9 novembre 1845 le Maire annonce que l’établissement d’un débarcadère au bout de la chaussée de Hautot sur Seine demandée par le Conseil municipal dans sa séance du mois de mai dernier est autorisée, le Maire propose au conseil de voter une somme de cinquante francs pour être employée à l’établissement dudit débarcadère et le lancement d’une souscription de plusieurs habitants.

Pierre Augustin LEMOINE décède le 20 août 1862, il est enterré dans le nouveau cimetière. 

Texte de la concession perpétuelle du 20 janvier 1863 : 

L’an mil huit cent soixante trois, le vingt janvier, nous Louis Adrien DUMENIL, Maire de la commune de Hautot sur Seine, agissant en vertu de la délibération du Conseil municipal en date du 21 septembre 1862, sur les concessions de terrain dans le cimetière communal, approuvée par arrêté de M. le Sénateur-Préfet le 25 octobre suivant, avons concédé à M. Eugène Pierre LEMOINE, négociant demeurant à Rouen, rue Percière n°15 et 17 une portion de terrain dans le cimetière de la dite commune de six mètres carrés à droite de la croix pour y placer la sépulture de M. Pierre Augustin LEMOINE, son père, décédé en cette commune le vingt août dernier. Cette concession est faite à perpétuité à partir de ce jour et à la charge par M. LEMOINE de verser aussitôt après l’approbation de M. le Sénateur-Préfet, 1° la somme de quatre cents francs à la caisse du receveur municipal, 2° celle de deux cent francs à la même caisse pour les pauvres, de payer en outre tous les frais relatifs à la dite concession et de se conformer à toutes les dispositions générales du règlement municipal susvisé ce que M. LEMOINE accepte. Fait double à Hautot sur Seine les jours mois et an que dessus. Le Maire DUMENIL.

Les Maires d'Hautot sur Seine de 1840 à 1902
Les Maires d'Hautot sur Seine de 1840 à 1902

Louis Adrien DUMENIL (07/05/1796 - 07/02/1881)

9ème Maire de Hautot sur Seine du 22 novembre 1846 au 11 mai 1866. Il a pour Adjoint Théodore LEMARCHAND (1794-1866) de 1846 à 1853 et Jean Baptiste Lubin BEAUSSIER (1801-1873) de 1855 à 1866. Il est né le 18 floréal an IV (7 mai 1796) à Hautot sur Seine. Son père Adrien DUMENIL a été Maire de Hautot sur Seine de 1806 à 1808. Sous ses mandats la population de Hautot sur Seine passe de 253 habitants en 1846 à 187 habitants en 1866.

Proclamation de la République :

Le 16 mars 1848 le Conseil municipal pénétré des grands sentiments qui animent le gouvernement provisoire, qui a proclamé la République, à l’unanimité adhère franchement et loyalement à ce gouvernement comme étant le seul qui convienne à la France. Le 13 août 1848 le Maire et l’Adjoint sont réélus par le nouveau Conseil municipal. Le 31 décembre 1848 le Conseil municipal accepte le don des drapeaux offerts par l’Assemblée Nationale.

Le Conseil Municipal du 20 juillet 1851 donne son avis sur une pétition demandant aux communes de Sahurs et d’Hautot la création d’une école de fille.

La crise municipale de 1853 :

Lors du Conseil Municipal du 21 août 1853 l’Adjoint Théodore LEMARCHAND et 4 autres conseillers municipaux, sortent de la Mairie et refusent de délibérer. Ces démissions font suite à des désaccords sur le traitement du litige concernant un terrain situé devant le portail de la propriété MAULERY chemin du Mont Miré et du vote d’une rétribution à la religieuse de Sahurs pour l’instruction qu’elle donne aux enfants de sexe féminin de la commune d’Hautot. Les élections qui ont lieu en novembre permettent l’arrivée de cinq nouveaux conseillers remplaçant les démissionnaires.

Retranscription le 08/06/1855 du décès de Henri Romain LEQUESNE soldat de 1ère classe (Armée d’Orient) décédé à l’hôpital temporaire de Francka n°2 (Turquie d’Europe) en août 1854 :

Armée d’Orient - Hôpital temporaire de Francka n°2 (Turquie d’Europe)

Du registre des décès dudit hôpital a été extrait ce qui suit : Le sieur LEQUESNE Henri Romain, soldat de première classe à la cinquante et unième compagnie du troisième régiment d’infanterie de marine immatriculé sous le n°20736, né le vingt deux octobre mil huit cent trente et un à Sahurs, canton de Grand Couronne, département de la Seine Inférieure, fils de Jean et de Clotilde Françoise QUESTEL, est entré au dit hôpital le quatre du mois d’août de l’an mil huit cent trente quatre et y est décédé le douze du même mois à cinq heures du soir, par suite de diarrhée. Je soussigné officier d’administration comptable dudit hôpital, certifie le présent extrait véritable et conforme au registre des décès dudit hôpital, fait à Francka n°2 le douze août mil huit cent cinquante quatre. Signé BUFFETEAU. Nous sous-intendant militaire chargé de la police de l’hôpital de Francka n°2 certifions que la signature ci-dessus est celle de Mr BUFFETEAU, adjt.  en V., comptable et que foi doit y être ajoutée. Fait à Varna le 12 du mois d’août 1854. Signature illisible. Le présent extrait transcrit conformément à l’article 98 du Code Napoléon, par nous Maire, officier public de l’état civil de la commune de Hautot sur Seine, le huit juin mil huit cent cinquante cinq. DUMENIL.

Chemin de grande circulation n°51:

En 1859 le Conseil municipal valide le tracé du chemin de grande circulation n°51 de la colonne commémorative de la translation des cendres de l’Empereur Napoléon à Val de la Haye, via le chemin de halage jusqu’au mur du Clos de la Vigne et les bâtiments de Mme Fizeaux de la Martel.

La campagne d’Italie de 1859 et l’armistice de Villafranca :

Lors de sa séance du 12 août 1859 le Conseil municipal vote à l’unanimité une adresse à Sa Majesté l’Empereur à l’occasion des victoires qu’il a remporté en Italie, il prie M. le Maire de bien vouloir la transmettre à M. le Préfet : « Sire, à votre départ pour l’Italie, nous avons adressé à la Providence des prières pour le succès de vos armes, pendant le combat, nous avons admiré le Commandant en chef sur les champs de bataille de Magenta et de Solférino, vos vaillants soldats vous ont rappelé ces braves guerriers qui ont combattu avec tant de courage, guidés par Napoléon Ier. Après plusieurs victoires remportées dans l’espace de deux mois, nous avons appris avec la plus grande joie que vous avez fait la paix avec l’Empereur d’Autriche. Cette paix portera ses fruits. Les habitants de nos campagnes sont heureux aujourd’hui d’adresser à Dieu des prières d’actions de grâces pour le remercier d’avoir mis fin à une guerre qui, sans votre générosité, aurait pu se prolonger plus longtemps. Le Conseil municipal de Hautot sur Seine vous prie, Sire, de bien vouloir transmettre à Sa Majesté l’Impératrice et au prince Impérial, les vœux qu’il forme pour que la Providence leur accorde des jours longs et heureux. »

 

 

 

 

 

Mort de Louis Duménil (1819-1860) :

Le 12 octobre 1860 Louis Duménil, né en la commune de Hautot sur Seine le 4 septembre 1819 à Hautot sur Seine,  médecin à Croisset section de la commune Canteleu et célibataire, décède en son domicile à l’âge 41 ans. Son frère Louis-Adrien Maire d’Hautot le fait enterrer dans l’ancien cimetière de la paroisse.

 

Mort du Comte d’Auffay à Hautot-sur-Seine le 13 novembre 1861 :

Le 13/11/1861 décès à Hautot sur Seine de Alfred Laurent Joseph Le Poulletier Comte d’Auffay âgé de 53 ans né à Rouen le 06/07/1808 propriétaire demeurant à Paris rue de Beaune 14, fils de Marie Laurent Le Poulletier comte d’Auffay décédé et Claudine Marthe Arnois de Captot demeurant à Rouen rue de l’Ecole n°4, époux de Marie Constance de la Motte Ango de Flers âgée de 41 ans demeurant à Paris, où ils se sont mariés le 23/04/1839, les témoins sont ses deux beau-frère.

Alfred-Laurent-Joseph Le Poultier, comte d'Auffay (1808-1861) a été page de la duchesse de Berry jusqu'à la Révolution de juillet. Alors il se consacre tout entier aux lettres et à la bibliophilie. Le comte Alfred d’Auffay, bibliophile distingué, possède l’une des plus rares et des plus curieuses collections normandes. Le catalogue de sa bibliothèque est paru en 1863 à Paris chez L. Potier. Le Comte d’Auffay habitait le manoir des Farceaux.

 

http://histoire-bibliophilie.blogspot.com/2019/08/le-comte-alfred-dauffay-1808-1861.html

 

Construction de la Mairie d’Hautot sur Seine :

Le Conseil municipal du 19 juillet 1862 donne son accord  pour la construction d’une Mairie sur un terrain cédé par Mme Fizeaux de la Martel situé sur la parcelle A 157 de 220 m² (jusque là les archives sont chez le Maire, élections et réunions se déroulent à son domicile). La conception est de l'architecte Barthélémy fils. Le bâtiment a été édifié par l'entrepreneur Mouchard de Sahurs pour 1886,65 Francs. La municipalité pensait pouvoir y adjoindre deux ailes pour y accueillir les écoles de filles et de garçons. La prise de possession s’est faite lors du Conseil municipal du 27 mai 1863.

 

Le legs de Mme Fizeaux de la Martel :

Le 30 octobre 1862 Madame Fizeaux de La Martel décède le 30 octobre 1862 au Val de la Haye. Le 20 décembre 1862 le Conseil municipal d’Hautot sur Seine accepte le legs de Mme Fizeaux de la Martel constitué de la chapelle privée avec ses ornements, du cimetière, le clos sous la vigne centenaire (96 ares, 65 centiares) en réservant la jouissance aux descendants en ligne directe, ainsi qu’une rente pour célébrer une messe.

Le Conseil Municipal du 29 mars 1865 décide de l’aliénation du chemin rural n°12, partant du bois Sainte-Vaubourg jusqu’au chemin n°4, de 130 mètres de long et 4 mètres large sans issue aux propriétaires des deux côtés.

Lors du Conseil municipal du 16 mai 1866, le Maire Louis DUMENIL annonce sa démission suite à l’infirmité qui lui est survenue et informe le Conseil que par arrêté du 11 mai 1866 le Préfet a nommé Germain PIERRE-SEREVILLE en son remplacement. Il décède à Hautot sur Seine le 7 février 1881.

Germain PIERRE-SEREVILLE (04/03/1796 - 29/06/1880)

10ème Maire de Hautot sur Seine du 11 mai 1866 au 29 juin 1880. Il a pour Adjoint Jean Baptiste Lubin BEAUSSIER (1801-1873) de 1866 à 1873 et Pierre BOIMARE (1804-1890) de 1874 à 1880. Il est né le 14 ventôse an IV à Chartres. Il épouse le 6 juin 1825 à Rouen Céleste Honorine BROHY (1804-1869). Il est juge au tribunal civil de première instance de Rouen.

 

Entrée en jouissance du legs Fizeaux de la Martel :

Le Conseil municipal  délibère le 12 mai 1867 au sujet du legs Fizeaux de la Martel suite à la vente du château d’Hautot le 17 mai 1866 au Conseiller Bataille,  pour rentrer en possession et jouissance du legs (chapelle avec les ornements, cimetière, le clos (dit Filasse de 90 ares) et une rente, et mettre fin à l’usufruit de la chapelle, des clés d’accès sont donnés à la famille.

 

Chemin de grande circulation n°51 :

Le Conseil municipal du 14 avril 1868 valide le projet l’établissement du chemin de grande communication n°51, de la Mairie au chemin de Hallage allant au Val de la Haye.

Lettre de Gustave Flaubert à Caroline Commanville de juin 1869 : Hautot

La mère Séréville dévisse son billard et les Censier se sont établis dans sa maison de campagne à Hautot. Il y a eu, l’été dernier, querelle de voisins entre le père Séréville et mon ami Bataille. De là, calomnies dudit Séréville à l’endroit de Bataille, qu’il a taché de faire passer pour ruiné, pour vouloir vendre son castel, etc

 

Le Maire, veuf le 25 juin 1869, a son patronyme corrigé par jugement :

Le jugement du 8 septembre 1869 du tribunal de première instance de Chartres a ordonné que son acte de naissance soit rectifié en ce sens que les mots ‘de Borville' seront ajoutés et prendront place après le nom Pierre et avant le surnom Séréville, lequel surnom a été pris par son père antérieurement aux lois du 6 fructidor an II et du 11 germinal an XI : Germain Théodore PIERRE DE BORVILLE DE SÉRÉVILLE

 

La guerre de 1870-1871 :

Le 19 juillet 1870, l’Empire français déclare la guerre au royaume de Prusse. Le 2 septembre 1870, à Sedan, l'Empereur des Français Napoléon III capitule. La capitulation provoque la proclamation de la République, le 4 septembre 1870. Un gouvernement provisoire est aussitôt créé. Les prussiens entrent dans Rouen le 5 décembre 1870. Les hostilités prennent fin le 28 janvier 1871 avec la signature d’un armistice. En février 1871, la commune qui est en territoire occupé reçoit une notification pour le versement aux mains du colonel prussien, de la somme de 4 675 Francs, soit 25 Francs par habitant, le Conseil municipal décide de voter un emprunt du même montant, les habitants étant dans l’impossibilité de contribuer.

 

Réaction du Conseil Municipal à la Commune de Paris :

Le 16 avril 1871 le Conseil municipal d’Hautot sur Seine, profondément attristé et indigné de l’anarchie qui règne à Paris et des attaques contre le gouvernement de la France issu du suffrage universel, proteste de toute son énergie contre les tentatives abominables qui empêchent le retour de la tranquillité publique et du travail qui seul peut sauver la France. Il affirme son dévouement à l’assemblée nationale et au chef du pouvoir exécutif.

La souscription pour obtenir la libération des armées allemandes :

Le Conseil municipal du 18 mars1872 décide de participer à la souscription pour obtenir la libération des armées allemandes. Les principaux imposables sont MM le Marquis de Bonneval, Fizeaux de la Martel, Bataille et Barré. En novembre 1873, l’Etat la contribution de guerre, d’un montant de 1792,08 Francs, payée aux allemands.

L’Adjoint Jean Baptiste Lubin BEAUSSIER décède le 1er mai 1873 à l’âge de 71 ans. Les élections municipales fixées au mois d’avril 1874 sont reportées à l’automne. Pierre BOIMARE devient le nouvel Adjoint le 30 décembre 1874 lors de l’installation de la nouvelle municipalité.

Lettre de Gustave Flaubert à Caroline Commanville du 7 août 1876 : potins de la rive

Mon ami Bataille, ennuyé des calomnies de Mossieu Séréville, l'a menacé (sur le bateau de la Bouille, & devant l'élite) de lui flanquer une gifle de Marengo en plein groin et le « vénérable vieillard », qui est une canaille, s'est tenu coi.

Création du bureau de bienfaisance d’Hautot sur Seine :

Lors de sa séance du 21 février 1878 le Conseil émet le vœu qu’un bureau de bienfaisance soit constitué dans la commune. Ce bureau de bienfaisance deviendra en 1953 bureau d’aide sociale (BAS) puis centre communal d'action sociale (CCAS) en 1986.

Legs de Prosper-Raoul Fizeaux de la Martel (1823-1879) :

Prosper-Raoul Fizeaux de la Martel, maire du Val de la Haye depuis 1860, décède le 26 janvier 1879 à Paris. Le Conseil municipal se réunit le 7 août 1879 pour lire le testament de Mr Fizeaux de la Martel en date du 12 décembre 1878 léguant la maison occupée par Mr LEQUESNE avec usufruit à son épouse. Le Conseil approuve le legs, il s’agit de l’ancien presbytère.

Le Conseil Municipal rend hommage au Maire lors de sa séance du 16 octobre 1879 :

Mr Pierre SEREVILLE informe le conseil municipal qu’à cause de son âge, il vient de vendre sa propriété de Hautot pour se retirer désormais à Rouen (il se retire momentanément de la séance). Le Conseil lui offre à l’unanimité ses profonds regrets pour cette fâcheuse détermination et le prie de conserver néanmoins ses fonctions de Maire de Hautot qu’il a remplies jusqu’ici à la satisfaction générale et d’une manière si avantageuse pour tous les indigents auxquels ses secours n’ont jamais fait défaut. Il a marché en cela sur les traces de sa digne épouse, Mme Séréville, qui aussi ne trouvait aucun bonheur qu’à soulager les infortunes. Elle laissa même après elle un souvenir de sa générosité à leur égard.

Le 29 juin 1880 Germain PIERRE-SEREVILLE décède à Rouen. Le Conseil municipal se réuni spontanément le 19 juillet 1880 et décide à l’unanimité de faire célébrer un service pour le repos de son âme. L’Adjoint Pierre BOIMARE va faire fonction de Maire jusqu’en janvier 1881.

Acte de décès de Germain PIERRE-SEREVILLE à Rouen le 30/06/1880 :

Du trente juin mil huit cent quatre vingt, à une après midi, Acte de décès de Germain Théodore Pierre de Borville Séréville, juge honoraire au Tribunal Civil de première instance de Rouen et Maire de la commune de Hautot-sur-Seine, de cet arrondissement, décédé hier à six heures et demie du soir, en son domicile rue d’Harcourt, n°1, âgé de quatre vingt quatre ans, né à Chartres Eure et Loir le quatre mars mil sept cent quatre vingt seize, fils de feu Germain Charles Augustin Pierre de Borville-Séréville et de feue Marie Madeleine Julie Bouchard, veuf de Céleste Honorine Brohy, décédée à Rouen le vingt cinq juin mil huit cent soixante neuf. Constaté par nous adjoint au Maire de Rouen, officier de l’Etat Civil délégué sur la déclaration des sieurs Gustave Albert Heuzey, âgé de quarante six ans, négociant rue Jeanne d’Arc n°31 et Louis Henry Deshayes, âgé de trente trois ans, courtier maritime, même rue n°43, neveux du défunt auquel acte fait double, ils ont signé avec nous lecture faite.

Hippolyte POULLARD (17/12/1833 - 26/05/1902)

11ème Maire de Hautot sur Seine du 24 janvier 1881 au 26 mai 1902. Il a pour Adjoints successifs Noël Joseph CAPRON (1817-1891) de 1881 à 1891, Désiré MAZIER (1859-1937) de 1891 à 1896 et Charles CAPRON (1824-1902) de 1896 à 1902. Il est né le 17 décembre 1833 à Sahurs. Sous ses mandats la population de Hautot sur Seine passe de 197 habitants en 1881 à 169 habitants en 1901.

 

Agrandissement du cimetière :

Le Conseil municipal, lors de sa séance du 22 juin 1882  décide de l’agrandissement du cimetière sur 650 m² portant sa surface à 1200 m² et de la reconstruction des murs.

Différent avec le Conseil de la Fabrique de Sahurs qui gère la paroisse :

Le 24 août 1882 le Conseil municipal donne un avis unanime pour que la Chapelle de Hautot soit maintenue dans la situation actuelle, c'est-à-dire que les services du culte y soient continué comme précédemment. La demande du Conseil de Fabrique de Sahurs est rejetée. Lors de la séance du 8 février 1883, à propos de l’affaire de la demande du Conseil de la Fabrique de Sahurs, le Maire Hippolyte POULLARD déclare « DE TOUS TEMPS LA COMMUNE DE HAUTOT A ETE JALOUSE DE SON AUTONOMIE QU’ELLE DESIRE CONSERVER ».

La loi municipale du 5 avril 1884 :

5 avril 1884 une loi sur l’organisation municipale, toujours en vigueur, est promulguée 

  • confirmation de l’élection des Maires par les Conseils municipaux
  • inéligibilité des ministres du culte aux fonctions municipales
  • l’attribution d’une clause générale de compétence aux communes
  • la tutelle du préfet, à la fois sur le maire et sur les actes de la commune
  • obligation pour toute commune d'acquérir ou de louer un hôtel-de-ville, mettant fin à la pratique fort répandue de confondre "Mairie" et domicile privé du Maire.

" Le conseil municipal règle, par ses délibérations, les affaires de la commune. "

Le Conseil Municipal du 24 février 1889 accepte la proposition d’installation d’un escalier rive gauche de la Seine au droit du passage d’eau d’Hautot par les Ponts et Chaussées.

Conseil Municipal du 5 mai 1889 pour le centenaire de l’ouverture des Etats Généraux :

Edmond Barré conseiller municipal, déclare qu’en sa qualité de volontaire de 1830 ayant pris part à la journée de Rambouillet offre à la commune, pour être placé dans la salle de séances de la municipalité, un buste de la République. Il est fait une lecture du Cahier des doléances de 1789 qui est recopié dans le registre des délibérations.

Edmond Barré est né le 27/07/1809 à Rouen. C’est un médecin réputé. C’est un franc-maçon faisant partie des Frères de la Persévérance Couronnée (Grand Orient) de 1839 à 1876.

 

Biographie du Docteur Barré parue dans le Journal de Rouen du 13/12/1893 :

Le doyen du corps médical rouennais, le docteur Barré, vient de mourir à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Depuis une quinzaine d’années environ il avait cessé d’exercer la médecine, après une existence des plus actives, des mieux remplies et des plus utiles. Avant même d’avoir obtenu le diplôme de docteur, M. Barré avait donné la mesure du zèle et de l’ardeur infatigable qu’il ne devait cesser de déployer ensuite pendant le cours de sa longue carrière médicale. En 1832, lors de la première et terrible invasion du choléra, interne à Saint Yon, il se fit remarquer par l’intrépidité avec laquelle il se dévoua au traitement des malades entassés dans asile. Reçu docteur en 1833, après avoir, pendant quelque temps, exercé sa profession aux Andelys, il vint se fixer à Rouen, où il ne tarda pas à être apprécié et à acquérir une excellente clientèle. Pendant longtemps il fut attaché aux hôpitaux où il était, à l’Hôtel-Dieu, l’adjoint de son ami le docteur Achille Flaubert. Il fut aussi médecin à l’hôpital Lamauve, de la crèche St-Jean, etc., et, pendant plusieurs années conseiller municipal. Dans toutes ses fonctions, comme dans sa clientèle privée, le docteur Barré se faisait remarquer particulièrement par son ardeur et son dévouement sans bornes ; il laissera, à tous ceux qui le connaissaient bien, le souvenir d’un homme excellent, qui sous des dehors parfois un peu brusques, cachait une grande sensibilité et une inaltérable bonté. Nous ajouterons que le docteur Barré fut, de tout temps au premier rang parmi les républicains, et un des amis intimes de M. Desseaux.

Dessin de Fraipont extrait de « Les environs de Rouen » édité par E. Auge en 1890

Fin de l’usufruit de Mme Fizeaux de la Martel :

Suite au décès de Mme Laure Dupin, veuve Fizeaux de la Martel le 16 février 1891 la commune entre en possession de la maison léguée en 1879 où habite Mr Lequesne. Il s’agit de l’ancien presbytère. Lors de sa séance du 18 juillet 1897 le Conseil municipal délibère sur le legs de Mme Fizeaux de la Martel au profit du Grand Séminaire de Rouen à charge notamment de servir à la commune la rente annuelle et perpétuelle de 100 F acquittée jusqu’en 1891 au décès de l’héritière de la donatrice le 16 février 1891.

Un arrêté est pris le 5 février 1895 concernant la carrière communale d’Hautot-sur-Seine exploitée par la suite jusqu’en 1924 pour de l’extraction de cailloux et de sable.

L’école communale des filles à Sahurs :

A l’occasion de la construction de l’école communale des filles à Sahurs le Conseil municipal accepte le 6 avril 1901, de verser la participation demandée par Sahurs soit 59 Francs pendant 25 années.

Le 26 mai 1902 Hippolyte Poullard, Maire d’Hautot-sur-Seine en exercice, décède à l’âge de 69 ans.

Journal de Rouen du 28 mai 1902 : inhumation

Mme Hippolyte Poullard, M. et Mme Louis Poullard, M. Georges Poullard et la  famille prient les personnes de leur connaissance qui, par erreur ou par omission, n’auraient pas reçu de lettre de faire part du décès de M. Hippolyte-Louis Poullard, maire de Hautot-sur-Seine, de bien vouloir se considérer comme invitées à assister à son inhumation, qui aura lieu demain jeudi, à l’église de Sahurs. On se réunira au domicile mortuaire, à Hautot-sur-Seine, à 9 heures ½.

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