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12 août 2019 1 12 /08 /août /2019 07:16

Louis LEZURIER de la MARTEL (25/05/1765 - 23/01/1852)

6ème Maire de Hautot sur Seine du 16 décembre 1821 au 15 novembre 1840. Il a pour adjoint Pierre Félix Poullard (30/05/1766 - 14/03/1848) pendant tous ses mandats. Il est né à Rouen (paroisse St-Vincent) le 25 mai 1765. Son père Pierre-Louis Lézurier est officier des milices bourgeoises de Rouen et consul de suède de 1775 à 1794. Il épouse à Rouen le 21 Brumaire an III, Lucienne-Constance Delapierre (1776-1848). Il est le gendre de son prédécesseur. Nommé officier de la Légion d'honneur et trésorier de la 14ème cohorte de la légion d'honneur le 17 Messidor an XII (6 juillet 1804) alors qu'il est président du tribunal de commerce de Rouen. Créé chevalier de la Martel par lettres patentes du 10 septembre 1808, et Baron de l'Empire par lettres patentes du 14 avril 1810. Il est député de la Seine-Inférieure du 10 août 1810 au 20 mars 1815. Il est Maire de Rouen du 28 mars 1813 au 1er mai 1815 et du 19 juillet 1815 au 29 novembre 1815.

 

Règlement d'armoiries du Chevalier de la Martel :

Parti d'azur et de sable : le premier, chargé d'un chevron d'or accompagné en chef à dextre d'une pomme de pin renversée figée et feuillée de même et à senestre d'un trèfle d'or et en pointe d'un lion de même ; le second, chargé d'une clé d'or posée en fasce surmontée d'une étoile de même ; le tout soutenu d'une champagne de gueules au signe des chevaliers. Livrées : les couleurs de l'écu.

Règlement d'armoiries du Baron de la Martel :

Parti d'azur et de sable : le premier, chargé d'un chevron d'or, accompagné en chef à dextre d'une pomme de pin renversée, à sénestre d'un trèfle et en pointe d'une épée, le tout d'or; le second, chargé d'une clé d'or en fasce, surmonté d'une étoile du même ; franc-quartier des barons propriétaires brochant sur l'étoile. Livrées : les couleurs de l'écu. (avec l'aide de Pierre Lemarchand)

Le 28 août 1821 le Préfet de la Seine-Inférieure nomme Louis LEZURIER de la MARTEL Maire de Hautot-sur-Seine, celui-ci prête serment le 16 décembre 1821.

Réunion du Hameau du Rouage à la commune :

Le 13 octobre 1821 les habitants du hameau du Rouage de la commune du Val de la Haye demandent à être réuni à la commune d’Hautot sur Seine. La commune du Val de la Haye s’y oppose. Le 28 avril 1822 le conseil municipal délibère en faveur de la réunion du Hameau du Rouage à Hautot. Le 2 avril 1823 le Roi Louis XVIII signe une ordonnance pour la réunion du hameau du Rouage à la commune de Hautot sur Seine en son Château des Tuileries.

 

Partage du communal entre Hautot et Sahurs :

En 1823 le partage de l’indivis entre Sahurs et Hautot est soumis à l’arbitrage de trois jurisconsultes. Ce terrain avait été acheté en commun au Roi par les deux paroisses en 1576.

L’arpentage donne une surface du communal de 465 017 m². Le partage se fait au prorata du nombre de feux (Sahurs : 206, Hautot : 61), soit pour Sahurs 399 076 m² et pour Hautot 106 357 m² avec interdiction de creuser à moins de 20 m de la mare laquelle reste en indivis, la mare devant être curée que d’un commun accord. Le partage est définitivement validé au conseil municipal du 1er mai 1825. Le communal de 10,6 ha correspond à l’actuel bois communal.

En 1824, la commune d’Hautot sur Seine échappe de peu à la fusion avec Sahurs :

Dont les protections, cf. une lettre du sous-préfet de Rouen au préfet, le 26 juin 1824 : « Parmi les réunions que l’on propose il en est deux que l’administration doit arrêter in petto, parce qu’elles sont commandées par l’exiguïté de la population des communes et les convenances locales, mais que des considérations particulières paraissent devoir retarder. Ce sont les communes de Mauny et d’Yvillle et celles de Hautot et de Sahurs car les personnes qui y remplissent les fonctions de maire et qui, par leur rang et leur fortune et le bien qu’ils font dans les communes qu’ils administrent, méritent tous les égards de l’administration et verraient avec un mécontentement tout particulier la suppression actuelle de leurs communes. Monsieur le préfet jugera peut-être que c’est un motif suffisant pour les suspendre momentanément. », Arch. dép. Seine-Maritime, 1 M 76

Le Conseil municipal du 20 juin 1830 accepte le legs de Mme Saint Gervais de Rouen de 1000 Francs en faveur des pauvres des paroisses dans lesquelles elle possédait des biens. L’Ordonnance du Roi du 26 avril 1831, autorise l’acceptation du Legs de 1000 francs fait aux pauvres de Mesnil-Verclive, Noyon le Sec, Boisemont et Puchay (Eure), et de Grand Couronne, le Nouvelle et Hautot sur Seine (Seine Inférieure), par Mme veuve Carrey de Saint Gervais.

Discours du Baron Louis Lézurier de la Martel du 18 septembre 1831 :

M.M. les Electeurs Communaux, nous sommes réunis pour l’exercice d’un droit fort important.

Pour ceux à qui doit à l’avenir être confié le soin des intérêts de la commune, les fonctions de l’administration dont j’ai été le chef plusieurs années expirent, et nous rentrons tous dans la classe commune, en recevant nos adieux. Recevez aussi l’assurance de la sollicitude, qui nous a toujours animés pour le bien être de tous, et nous allons en partant appeler votre attention sur la situation dans laquelle nous laissons la commune.

Il y a peu d’années encore, dans la classe de celles dont l’étendue et la population étaient au dernier degré, elle était menacée d’être réunie aux communes voisines et de perdre entièrement son existence ; un hameau qui semblait placé exprès par la nature pour faire partie de la commune de Hautot en était distrait, il a demandé à nous être réuni, toutes les enquêtes légales et administratives ont été faites, son vœu a été constaté dans toutes les formes et nous avons reçu les habitants du Rouage à bras ouverts, nous les voyons avec plaisir faire partie de cette réunion, nous les voyons avec plaisir représentés dans le conseil municipal et nos avons ensemble consolidé une existence qui maintenant devient inébranlable ; notre population qui ne s’élevait pas à plus de 168 habitants s’élève à présent à plus de 300.

Nous sommes constitués en miniature comme les plus grandes communes, nous avons notre Etat-civil dont les registres sont depuis nombre d’années tenus avec une régularité et une exactitude qui jamais n’ont permis la moindre contestation, point très important, M.M., pour le repos et la tranquillité des familles, car, quoi de plus essentiel que de constater l’entrée et la sortie de la vie, et les alliances qui auront été formées pendant sa durée.

Nous avons conservé ce triste champ dans lequel reposent les restes de ce qui nous fut cher, la terre bénite s’est ouverte pour les recevoir, ma chapelle vous est offerte à toute heure pour que vous puissiez y offrir au Seigneur, vos prières et vos douleurs, et le clergé de l’église de Sahurs à laquelle nous avons été réunie, ne nous a jamais refusé son assistance.

Une école primaire a été fondée et les enfants ne sont plus obligés d’aller au loin, bravant l’intempérie des saisons et des frimas chercher une instruction indispensable pour obtenir du succès dans la carrière qu’ils seront appelés à parcourir un jour.

Notre propre force armée est toujours prête à protéger nos personnes et nos propriétés, et un garde champêtre est chargé de constater, d’arrêter les délits, fruits bien souvent d’une simple imprévoyance.

Un communal était resté indivis entre nous et la commune de Sahurs, elle a demandé qu’il fut partagé, l’arpentage en a été fait en présence du Maire et d’une commission du conseil municipal, le nombre des feux y ayant droit a été constaté et la commune n’a pas lieu de se plaindre du lot qui lui a été concédé.

Telle est la situation de la commune de Hautot et sa prospérité semble s’être accrue en même temps que sa consistance, bien loin de voir dans d’autres pays moins heureux, des maisons abandonnées et sans habitants, nous voyons chaque jour de nouvelles demeures s’élever, saines, commodes et d’un aspect agréable, indice incontestable du bon ordre, de l’intelligence, de l’industrie des habitants.  

C’est dans cet état que nous vous rendons la commune dont l’administration nous a été confiée ; aucune discussion fâcheuse ne s’est élevée entre nous et des voisins, qui comme nous désirent la paix et la bonne intelligence, elle n’est engagée dans aucune contestation dont l’issue pourrait être incertaine.

Vous tous chers habitants vivez ensemble dans une paix profonde, et si quelque nuage s’élevait entre vous, il serait bientôt dissipé s’il en restait quelques vestiges, c’est aujourd’hui, c’est dans ce lieu même qu’il disparaîtrait entièrement, c’est ici que nous devons oublier tout ressentiment, ne chercher autour de nous que l’homme qui mérite notre confiance, qui joint à un cœur droit, un esprit conciliant, qui joint à la connaissance des affaires la confiance sans laquelle la vie est un supplice, et l’administration une chose impossible, tels sont les hommes que vous allez choisir, tels sont ceux qui vous nous succéder, et le succès de vos choix est le dernier vœu que nous formions à la fin de notre carrière administrative.

Classification des chemins communaux lors du conseil municipal du 9 février 1833 :

Chemin n°1 de grand communication entre Val de la Haye et Sahurs passant par la côte du Puits (1692m), Chemin n°2 Route Quemine ou chemin neuf du château aux pâtures communales (1258m), Chemin n°3 du Rouage (1172m), Chemin n°4 Route du Mont Miré (910m), Chemin n°5 du Temple (700m), Chemin n°6 rural (516m), Chemin n°7 de la chaussée de la rivière, Chemin n°8 de la Voie Robert (pour moitié avec Sahurs) (1692m), Chemin n°9 sentier de la croix blanche (pour moitié avec Sahurs) (250m), Chemin n°10 sente du fossé ou traversaine (580m), Chemin n°11 sentier du Mont Miré, Chemin n°12 chemin d’exploitation partant du bois Sainte Vaubourg (160m) jusqu’au chemin n°4.

Il est membre résidant de l’Académie de Rouen depuis le 21 décembre 1808. Il est l’auteur de mémoires relatifs à l’histoire ancienne et moderne, à la géographie, à l’astronomie ainsi que des morceaux de littérature proprement dire, on lui doit des traductions d’auteurs allemands, anglais et italiens.

Rattachement de l’Ecole Primaire d’Hautot à celle de Sahurs :

Suite à la réunion de l’école primaire d’Hautot sur Seine à celle de Sahurs, le Conseil municipal fixe lors de la séance du 9 mai 1834 sa participation aux frais scolaires de Sahurs pour 40 Francs l’année.

Château d’Hautot-sur-Seine en 1834 dessiné par Polyclès Langlois.

Collection de la famille Michon.

L’obtention d’un accès à la Seine (1836-1839) :

Le 10 juillet 1836 le Conseil municipal délibère sur la nécessité d’une chaussée vers la Seine, réclamation fondée sur une usurpation qui aurait eu lieu en 1772. Le 11 septembre 1836 le Conseil adopte les conclusions du rapport pour l’établissement d’une chaussée à la rivière traversant la prairie de Monsieur de Bonneval en prolongement du chemin vicinal avec le plan de financement détaillé des travaux. Le 10 mai 1838 délibère à nouveau pour obtenir un accès au chemin du hallage et à la Seine à travers la prairie qui empêche l’accès. Le 4 septembre 1838 le Conseil municipal donne son accord pour traiter avec le Comte Oscar de Bonneval du terrain nécessaire à la prolongation de la Chaussée vers la Seine. Le Conseil municipal du 23 septembre 1839 fait état de la fin des travaux de la Chaussée qui mène à la Seine, que la Commune désirait depuis longtemps.

Lors du Conseil Municipal du 6 mai 1838, il est évoqué le décès à l’âge de 88 ans du doyen du conseil Jacques FORTEL, né à Rouen, domicilié à Hautot depuis 40 ans, commandant de la garde nationale en 1810. Le 8 juin 1840 Noël Denis LESOURD est élu en remplacement de Jacques FORTEL.

Sa mémoire est perpétuée à Rouen par une rue, ouverte en 1844, au faubourg Cauchoise, et en forêt de Roumare par un carrefour.

Son nom, son titre et sa fortune ont été relevés sous le second Empire par les Fizeaux, dont les Michon deviendront légataires universels. Sa santé n’avait encore souffert aucune altération lorsque Lézurier se sentit atteint, à son réveil, le mercredi 21 janvier 1852, d’une paralysie de la vessie qui l’enleva le troisième jour, en pleine connaissance. Il fut enterré à Hautot.

Acte de décès de Louis-Geneviève Lézurier du Val de la Haye :

Du vingt quatrième jour du mois de janvier, l’an mil huit cent cinquante deux, à dix heures du matin, Acte de Décès de Louis-Geneviève Lézurier, Baron de la Martel, propriétaire vivant de son revenu, âgé de quatre vingt six ans et demi, né en la ville de Rouen, Département de la Seine Inférieure, le vingt cinq mai mil sept cent soixante cinq, est décédé d‘hier, â sept heures du soir, au domicile de Mme veuve Fizeaux de la Martel, sa fille, avec laquelle il habitait en cette commune, fils de feu Pierre Louis Lézurier et de Anne Françoise Lebouvier, aussi décédée, et veuf de Constance Delapierre. Sur la déclaration à nous faite par Messieurs, Prosper-Raoul Fizeaux, licencié en droit, âgé de vingt six ans, petit fils du défunt, et de Louis-Antoine Bleuze, jardinier, âgé de quarante huit ans, ami, tous deux demeurant en cette commune. Lesquels ont signé, après lecture faite, le présent acte, qui a été fait double et constaté suivant la loi, par nous Maire de la Commune susdite, remplissant les fonctions d’officier public de l’état-civil. Bleuze, Raoul Fizeaux, Le Maire P. Guérin.

Journal de Rouen du 25 janvier 1852 :

Dans la nuit du 23 au 24 courant, est décédé M. Lézurier de la Martel, à l'âge de 88 ans ancien maire de Rouen. L'inhumation aura lieu demain à Hautot sur Seine.

Extrait de la notice nécrologique de l’Académie de Rouen :

Ce fut un deuil général dans les deux communes d’Hautot et du Val-de-la-Haye et même aux environs ; dès le matin du 26 janvier, un long cortège d’habitants éplorés, précédés du clergé des deux communes, auquel était venu se joindre celui du Grand-Couronne, suivaient un cercueil porté par les frères de charité de cette dernière commune ; chacun exprimait ses regrets d’une voie émue et rappelait les vertus, les bienfaits du vieillard enlevé trop tôt à l’amour, la vénération d’une population reconnaissante. Le convoi s’arrêta à sa maison, et se grossit bientôt d’habitants de Rouen, amenés par un bateau à vapeur frété exprès : c’étaient des amis, des confrères du défunt, des membres du Conseil municipal, de la Chambre de commerce, de la Commission des hospices, de la Société libre de l’industrie et du commerce, auxquels s’était joint M. Ernest Le Roy, Préfet du département, pour donner un témoignage d’estime à la mémoire d’un homme qui avait si bien mérité de son pays.

Après une grand’messe chantée solennellement dans la chapelle du château d’Hautot par le clergé d’Hautot sur Seine, Val de la Haye et Grand-Couronne, le corps fut déposé à peu de distance de l’église dans le tombeau de famille, où reposait déjà Mme de La Martel, Mr Lefort maire du Grand-Couronne a retracé les principaux traits de la vie du grand-père de sa femme ; Mr Alphonse Cordier vice-président de la Société libre du commerce, a été l’organe de sa Compagnie et Mr Nepveur, au nom de la Commission des Hospices et du Conseil municipal de Rouen, a rendu hommage au défunt dans un discours chaleureux qui commençait ainsi : « On l’a dit avec raison, la mort d’un homme de bien est une calamité publique ; jamais peut être cette vérité n’a été mieux sentie que dans ce jour de douleur qui nous réunit autour de la tombe de Mr Lézurier baron de la Martel ». Les derniers mots qu’a prononcés Mr Nepveur sont : « Adieu, homme vertueux, vous êtes maintenant en possession d’une gloire impérissable, car vous êtes dans le Ciel ! ».

Louis Lézurier de la Martel Maire de Hautot sur Seine de 1821 à 1840
Louis Lézurier de la Martel Maire de Hautot sur Seine de 1821 à 1840
Louis Lézurier de la Martel Maire de Hautot sur Seine de 1821 à 1840
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