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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 16:18
Albert AUBERT (1898 -1944)

A Hautot-sur Seine le 27 aout 1944 Albert AUBERT décède lors d’un bombardement.

 

Acte de décès d’Albert Séraphin AUBERT :

Le vingt sept août mil neuf cent quarante quatre, dix huit heures, est décédé en son domicile lieudit « Le Rouage » Albert Séraphin AUBERT, né à La Haye Aubrée (Eure) le vingt neuf avril mil huit cent quatre vingt dix huit ouvrier d’usine, fils d’Augustin Séraphin AUBERT décédé et de Désirée Augustine LIOT, sa veuve, sans profession domiciliée à Hauville (Eure) époux d’Emilienne Henriette HERUBEL, dressé le vingt huit août mil neuf cent quarante quatre dix heures, sur la déclaration d’Adolphe CORBRAN, soixante sept ans, propriétaire domicilié en cette commune qui lecture faite a signé avec Nous Georges POULLARD, Maire d’Hautot sur Seine Chevalier de la Légion d’Honneur.

Albert AUBERT (1898 -1944)

Bombardement du 27 août 1944 à Hautot-sur Seine (récit d’Ida BEAUVALLET du 25/09/2018) :

A l’époque de ces faits dramatiques, je n’étais pas présente à Hautot. En effet, j’étais placée (comme on disait alors) dans une famille de commerçants à Bihorel. J’avais 15 ans. Ce que je décris donc dans ce témoignage, c’est ce qui m’a été dit par ma mère (voir ci-après) puis par la famille au fil du temps - bien qu’en fait, ça a toujours été difficile d’en parler.

La veille du bombardement, les Allemands, en déroute, occupaient les alentours et notamment la cour de la Villa Fleur (?) ou Flore (?) pour se reposer. Nous habitions juste à côté, dans les communs. Ils ont été repérés par l’aviation alliée qui est revenue le lendemain pour larguer ses bombes. Ma mère (Emilienne), mon père (Albert) et l’un de mes frères (Jean), salarié de l’éleveur de volailles propriétaire de notre domicile, se sont réfugiés dans un abri de fortune, aménagé dans la terre par mon père. Lors d’une accalmie, ma mère a proposé d’aller nourrir les lapins avec mon père et mon frère. Une nouvelle bombe est tombée. Cri de ma mère que toute la commune a entendu - dit on - quand elle a vu le désastre. Bien que blessée au visage (elle avait été projetée contre la paroi d’un bâtiment), elle a tout de suite compris ce qui s’était passé : mon père était mort et mon frère gravement blessé. Il a perdu un œil - ce qui l’a beaucoup handicapé, entre autres, dans sa vie professionnelle.

C’est pratiquement un mois après que ma mère est venue me raconter ce qui s’était passé. Elle avait attendu un certain temps pour que ses cicatrices au visage ne soient plus visibles. Mais elle ne m’a pas dit que Jean avait perdu un œil. C’est ma patronne qui me l’a appris. Aussitôt, je suis descendue à l’hôpital pour le voir et je l’ai trouvé dans une grande salle parmi in nombre de blessés impressionnant.

Mon frère, Michel AUBERT qui a longtemps habité à Hautot, aujourd’hui décédé, n’était sans doute pas dans la cour au moment des faits mais a dû assister à des scènes peu supportables pour un adolescent de 14 ans. Son épouse me racontait, il y a peu, qu’il avait été traumatisé par ce drame mais qu’il en parlait très peu.

Voilà les souvenirs qui me restent. C’était un autre temps.

PS : Nous habitions les communs de la Villa F. depuis le début de la guerre à la demande des propriétaires qui voulaient ainsi éviter la réquisition de leur maison par l’occupant - ce qui n’a pas empêché sa présence en août 1944. Avant, nous vivions dans une maison de deux pièces (pour une famille avec six enfants !) située en face de la villa, de l’autre côté de la route qui mène à la forêt.

Albert AUBERT (1898 -1944)

Libération de la Bouille :

Le matin du dimanche 27 août, des tirs sont échangés : ils proviennent des bois qui surplombent La Bouille. Le South Saskatchewan Régiment (Forêt de la Londe 27 août 1944) vise les Allemands, en place dans le village, ainsi que le nid de mitrailleuses de Sahurs. Quelques Bouillais aperçoivent alors les uniformes Canadiens sur les hauteurs du village. Ils agitent à leur intention des drapeaux blancs. Dans l'après midi du 27 août, alors que les combats font encore rage en forêt de la Londe, à Moulineaux et à Caumont, une première colonne de Canadiens, en shorts et chemisettes, descend vers La Bouille, par la côte Albert Lambert, puis une seconde par la côte de Bourgtheroulde, poussant devant eux les derniers soldats allemands en déroute. Quelques autochenilles canadiennes, des jeeps, des camions, se postent sur la place du Bateau, puis sur l'actuelle place de la Libération moins exposée aux tirs de la rive droite.  Un poste émetteur est installé sur les marches de la maison Rolland, en bas de la côte de Bourgtheroulde (derrière la Mairie). La libération de La Bouille s'est faite quasiment sans combats, et on ne déplore aucune destruction dans les habitations.

Albert AUBERT (1898 -1944)

Paris Normandie du 14 octobre 1944 :

Monsieur Albert AUBERT décédé tragiquement le 27 août dans sa 47ème année. Un service sera célébré en sa mémoire le lundi 16 octobre, en la chapelle d’Hautot-sur-Seine, à 10 heures. De la part de Mme Albert AUBERT, sa veuve et de ses enfants et de toute la famille. Réunion et remerciements à l’église.

 

Albert AUBERT a été déclaré mort pour la France le 6 novembre 1948.

 

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