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1 février 2020 6 01 /02 /février /2020 19:46

Le 27 avril 1935 Moïse Obselin (19/08/1883 - 23/05/1966), cafetier-restaurateur, conseiller municipal (1912-1945) et sergent dans la subdivision des sapeurs-pompiers d’Hautot-sur-Seine marie à Hautot-sur-Seine sa fille Fernande (05/04/1909 - 03/04/1986) à Justin Albert "Jean" Lavoinne (10/01/1908 - 20/11/1972).

Jean Lavoine a réalisé du 7 mai 1933 au 14 septembre 1933 avec Gaston Gouy le premier  tour de France en canoë de 4 215 kilomètres dont 2000 en mer entre Dunkerque et Marseille. Cet exploit a été médiatisé et l’objet de nombreux articles de presse. Un livre a été édité en 1934.

Dans la préface de leur ouvrage, on retrouve l’argumentaire de l’éducation par le sport. Le sport est présenté comme une école de courage et de ténacité. Le partage de « sentiments sportifs » avec un douanier, rencontré au hasard d’un bivouac, crée une intimité passagère. La narration s’achève dans la « conscience d’avoir accompli une performance sportive ».

L’aventureux mari de Fernande OBSELIN
L’aventureux mari de Fernande OBSELIN

LA TRAVERSEE DE LA MANCHE DE 1937

 

Le Grand écho du Nord de la France du 10 septembre 1937 : Un sportif rouennais a franchi le détroit du Pas de Calais en canoë. Il a accompli cette performance en moins de dix heures.

La traversée du détroit en canoë, qui avait été accomplie il y a quelques années par toute une flottille de canoës, entre Calais et Douvres, sur l’initiative du Canoë-Club de Calais, et qui fut également accomplie à différentes reprises par des canoéistes isolés, vient d’être réalisée, hier, une nouvelle fois par un sportif rouennais, M. Jean LAVOINE, âgé de 29 ans, habitant Hautot-sur-Seine, où il exerce la profession de mécanicien ajusteur. Il était arrivé la veille à Calais avec un canoë canadien.

Jugeant les conditions atmosphériques excellentes, il se rendit de bon matin au poste des pilotes du quai de Marée avec une voiturette sur laquelle était chargée la légère embarcation qu’il mit à l’eau avec l’aide de plusieurs marins.

Aussitôt il y prit place et de mit à pagayer à un rythme accéléré, affirmant qu’il accomplirait sa performance en un temps ne dépassant pas six heures. Un peu plus tard, une petite brise se leva qui pouvait contrarier quelque peu la marche de l’esquif qui avait mis le cap sur Douvres dès la sortie du chenal.

Ce fut en vain qu’on chercha à avoir des nouvelles du navigateur auprès des équipages de bateaux de pêche rentrés dans la matinée. Aucun d’eux n’avait aperçu le canoéiste. Celui-ci avait fait savoir à sa femme qu’il espérait arriver en temps suffisant à Douvres pour rentrer à Calais sur la « Côte-d’Argent » arrivant à 17 H 10.

En 1933, M. LAVOINE avait entrepris au cours de l’été, le tour de France en canoë et avait effectué ainsi un parcours en rivière et en canaux de 4 300 kilomètres. Dans l’après-midi, on apprenait à Calais que l’intrépide navigateur avait réussi à atteindre la côte anglaise, où il avait amerri à 14 H 15. Il était parti de Calais à 4 H 30 du matin. Il avait donc effectué la traversée en un peu moins de dix heures. L’état de la mer n’avait pas permis à M. LAVOINE de refaire le trajet en sens inverse ainsi qu’il en avait conçu le projet.

 

Journal de Rouen du 10 septembre 1937 : Jean LAVOINE a traversé le Pas-de-Calais en canoë

Londres, 9 septembre. Jean LAVOINE exerçant la profession de mécanicien à Rouen, qui était parti en canoë de Calais ce matin à 4 heures, pour traverser le Pas-de-Calais est arrivé à Douvres cet après-midi après un voyage de 10 H 1/2. Il espérait pouvoir regagner la France dès ce soir par la même voie mais par suite du mauvais temps, il repartira par paquebot.

Le Journal du 14 septembre 1937 (Paris) :

L’aventureuse traversée du « Channel » en canoë par le Rouennais Jean Lavoine

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL Rouen, 13 septembre.

Passer la Manche en canoë par mer calme est jeu d’enfant, indigne d’un sportif … Nous nous gardons modestement de verser cette opinion à notre compte. Elle appartient à Jean Lavoine. Jean Lavoine, c’est le héros de la récente traversée du Channel dont il a été parlé dans le Journal du 10

Cette déclaration, préambule à l’interview que nous désirions, nous venons de la recevoir de la chaude et nette cuisine de l’auberge de Hautot-sur-Seine, jouxte Rouen, où le hardi navigateur repose chez ses beaux-parents, de son exploit tout frais. Eu égard au principe ci-dessus, Jean Lavonie, 29 ans, ex-champion de canoë de Normandie, recordman de Rouen-Le Havre, 135 kilomètres en 13 H 45, auteur avec Gaston Gouy du premier Tour de France effectué sur un tel engin : 4 215 kilomètres, dont 2000 en mer ; Jean Lavoine donc, négligeant délibérément juillet et août et leurs flots d’huile, choisit pour sa tentative septembre et ses marées d’équinoxes qui « tapent » les cinq nœuds … Mercredi dernier à la nuit, il descendait dans la gare de Calais du train de Rouen. Poussant son embarcation sur le classique chariot, suivi de sa femme chargée des indispensables impédimentas,  il gagna tout de suite le port et ses petits cafés où consomment les vieux pêcheurs lourds d’expériences. Ceux-ci, aussitôt interrogés, déconseillèrent l’équipée, vue l’état des éléments.

L’O.N.M. déconseille Provoqué au téléphone, le météorologue de service à l’aérodrome de Saint-Inglevert égrena placidement une litanie de pronostics maussades : vent, baisse de température, pluie, prémisses d’un anticyclone. Il n’en fallait pas plus pour décider à partie Jean Lavoine, ennemi des solutions faciles. Après quelques heures de repos, il mettait son canoë - un « quatre mètres cinquante » - d’acajou à l’eau devant le sémaphore et s’insinuait dans le trou d’homme de l’hiloire de toile imperméable qui le portait. Il emmenait une éponge, une montre, trois sandwiches, un appareil photographique, deux bouteilles de bière, un demi-litre de cet apéritif dont les couloirs du métro psalmodient le nom sur fond jaune d’un terminus à l’autre, quatre bananes, 100 Francs et … son livret militaire. Les sages vieux pêcheurs s’étaient levée pour assister à l’appareillage et posèrent leurs griffes tremblées au bas du procès verbal. A 4 heures Jean Lavoine s’effaçait dans le noir, entre les deux feux clignotants à l’entrée du port.

«  Tout marcha très bien au début. La marée descendant m’emportait. Je me dirigeais sur le phare de Douvres très visible. A 6 heures 30 j’avais dépassé une bouée lumineuse que je savais à 13 kilomètres de Calais. Las ! c’est justement à 6 H 30 que les règlements britanniques prescrivent aux gardiens de phare de souffler leurs chandelles à éclipses. » Et Jean Lavoine ne vit plus rien. Ici, sur l’entrée d’une vieille dame, notre interlocuteur interrompt sa narration. « Bonjour, grand’mère, comment vas-tu ? » Point n’est besoin d’être fin psychologue pour constater que grand’mère, grommelant en embrassant sin petit-fils, va beaucoup mieux que ces jours-ci, mais qu’elle est résolument hostile à la propulsion à la pagaie pour les membres de sa famille. Reprise du récit de la traversée : « Alors là ça n’allait plus du tout. Je ne savais plus que faire. » Car, bien entendu, Jean Lavoine n’avait ni boussole, ni compas. « Je m’aperçu que j’avais été trop hardi. Je me suis dit : mon vieux, tu es en train de faire le rigolo. » La houle était forte. L’esquif claquait sur les vagues. « Chaque fois que je montais à la lame, j’étais freiné - houp-houp - ça désunissait mon mouvement. » Il lui fallait par surcroît vider à l’éponge le bateau. « J’avais au moins soixante litres de flotte dedans. Le camarade qui me l’avait prêté m’avait bien signalé une petite voie d’eau. En dix minutes, m’avait-il affirmé, ça s’étanchera. Ah ! Ce canoë n’était pas à vous ? Non. J’avais jugé le mien trop lourd pour ce travail. Et vous ne n’aviez pas essayé avant ? Non. » Jean Lavoine veut bien reconnaître alors que ce n’est pas comme ça qu’il faut faire une traversée.

Indécision. En se retournant, il aperçut un peu de côte de France, enveloppée de brume, qu’il subodora être Gris-Nez. Allait il abandonner son projet et s’en retourner ? « Ça m’ennuyait. Je pensais aux marins de Calais, aux copains de Rouen à qui j’avais annoncé mon raid. Je décidai de ma laisser aller quelque temps avant de prendre une décision. » L’épouse du navigateur cesse alors un instant de gratter les plaques de sel qui enganguent les jambes du pantalon porté par son conjoint lors de la traversée. « Amour-propre masculin. » maugrée t’elle. Sept heures, huit heures, huit heures et demie. « Je dérivais, vidant mon bateau et me vidant moi aussi.  J’avais un violent mal de mer. » A 9 heures, le soleil apparut un instant. Grâce à sa montre, Jean Lavoine, put donc s’orienter. « Je me dis : Allons, je repars ! D’autant plus que j’aperçus au même moment un cargo que je jugeais se diriger vers Douvres. J’entrepris de le suivre. » Et puis tomba un grain formidable qui effaça cargo et soleil. Second instant de découragement. « J’ai voulu essayer de manger pour me changer les idées, mais toutes mes provisions étaient trempées. Un sandwich à l’eau de mer quand on a déjà mal au cœur. » Restait le liquide, Jean Lavoine absorba son demi-litre d’apéritif. Incontinent il aperçut un trait indécis soulignant l’horizon. Mirage ou falaises anglaises ? « Alors, j’ai redoublé d’efforts. Je tirais dessus. » C’était bien les iles britanniques. Elles grossissaient. Il était alors midi. « Et puis, malgré toute mon énergie, je sentis que je n’avançais presque plus. J’allais contre un violent courant. Alors, j’en ai eu marre. Il serait passé un bateau, je l’aurai appelé. » Mais il n’en est pas passé. Et à 14 H 30, Jean Lavoine, harassé échouait son canoë sur la plage de Douvres. La traversée en ligne droite compte 60 kilomètres. Il estime en avoir fait 70 au moins. Il s’étonna de trouver tant de monde à l’attendre. « Je n’avais prévenu personne. »

Mme Jean Lavoine avait eu une matinée des plus agitées. Les vieux pêcheurs, ses compagnons sur le môle de Calais, prétendant lui remonter le moral, l’avaient exclusivement entretenue de sombres histoires de jeunes imprudents péris en mer, puis un vapeur rentra dont les marins lui déclarèrent avec bonhommie qu’ils avaient aperçu l’esquif marital entraîné par les courants vers le large. Enfin, un adolescent empressé vint tout courant lui annoncer qu’un chalutier venait de rapporter dans un petit port voisin un canoë repêché vide au large. Ceci explique suffisamment que les autorités anglaises alertées par la veuve présumée, se soient trouvées à l’arrivée du rescapé. Jean Lavoine voyait l’Angleterre pour la première fois. Il n’y passa que treize heures dont douze employées à dormir. «  Je cauchemardais ! Je me retournais sans cette dans mon lit. Je voyais à droite et à gauche des lames énormes. Je croyais que j’allais chavirer. » Puis il prit la malle de France. Conclusion du héros : « J’ai eu peur. Je ne suis pas croyant, mais je me suis réclamé. J’ai promis un cierge. » Mme Lavoine : « Ton vœu est exaucé, puisque pendant ta traversée, moi j’en ai fait bruler deux. » Mais ceci pose un problème de droit canon absolument hors du sujet. JACQUES VIDAL-LABLACHE.

L’aventureux mari de Fernande OBSELIN

Photographie de Moïse Obselin avec sa mère et son gendre. 

LE RAID ROUEN-ALGER DE 1939

 

Journal de Rouen du 20 mai 1939 : Rouen-Alger en canoë par J. Lavoine et B. Thisse. Les deux Rouennais doivent partir le 4 juin

Après le Tour de France et la traversée de la Manche, le Rouennais Jean Lavoine vient de mettre sur pied en compagnie de son coéquipier Bernard Thisse, un nouveau raid en canoë : Rouen-Alger, soit 4 400 kilomètres à couvrir à force de coups de pagaie. Depuis quelque temps déjà Lavoine nous avait confié son intention de tenter une nouvelle expédition sur ce trajet. Toutes les dispositions ont été prises pour l’accomplissement de ce raid et le projet semble en bonne voie de réalisation.

Pour nos jeunes lecteurs qui ne connaîtraient pas la vaillante équipe canoéiste normande, rappelons ici les grandes lignes du palmarès de Lavoine et de Thisse, ils pourront ainsi se rendre compte qu’une telle entreprise n’est pas au dessus des force d’hommes bien entraînés et au moral bien trempé.

Lavoine acquit sa réputation grâce au Tour de France qu’il accomplit en 1933 en compagnie de Gaston Gouy. En 1934, il se signala en s’attribuant avec Thisse le record de Rouen-Le Havre en 1935, il acquit avec Gouy le record de Normandie de vitesse et de fond, puis seul, en 1937, il franchit la distance Calais-Douvres pour finalement rééditer cet exploit, l’été dernier, en compagnie de Thisse. Ce dernier, de quelques années plus jeune, possède néanmoins de belles qualités qui lui permirent d’être choisi par Lavoine pour effectuer les épreuves signalées ci-dessus.

Ce sont donc deux hommes aguerris qui vont s’embarquer pour Alger. Et maintenant indiquons l’itinéraire qu’empruntera le frèle esquif « Le Tour de France ». Rouen, Pris, Melun, Dijon, Lyon, Avignon, Arles, Sète, Port-Vendres, Barcelone, Tarragone, Valence, Alicante, Carthagène, Almeria, Malaga, Gibraltar, Tanger, Ceuta, Tétouan, Melilla, Oran, Tenès-Cherchel, Sidi-Ferruch et Alger. Si la tentative réussit, Lavoine et Thisse auront une bien belle performance à ajouter à leur palmarès. Mais d’ici-là que de coups de pagaie !

 

Journal de Rouen du 25 mai 1939 : Rouen-Alger en canoë 4 400 kilomètres

Thisse et Lavoine préparent activement leur randonnée vers l’Algérie ; encore une semaine et tout sera en ordre. Voici d’ailleurs ce qu’il leur faut emporter : une pagaie de rechange, un chariot pourvu de pneus-ballon le rendant insubmersible, une tente à double toit, deux matelas pneumatiques, deux sacs de couchage en duvet, une popote individuelle, une bouteille Thermos, un réchaud à essence, deux seaux en toile, une machine à écrire, un appareil photo fourni par Photo-Comptoir, trente pellicules dont vingt coloniales, un appareil cinématographique, quatre sacs rigoureusement étanches dans lesquels seront rangés tous les appareils ci-dessus, une boite à pharmacie, des outils, des produits alimentaires, des vêtements (deux tenues de ville et deux de bord).

Les hommes du Canoë-Club Normand et de la S.E.C. Amfreville partent comme on voit bien chargés. Heureusement qu’ils ont confiance en leurs bras.

 

Journal de Rouen du 1er juin 1939 : LAVOINE et THYSSE partiront dimanche prochain pour l’Algérie

Nous avons annoncé que Lavoine et Thysse allaient tenter de joindre l’Algérie en canoë. Leur départ est tout à fait imminent. C’est dimanche prochain, à 15 heures en effet, qu’ils embarqueront à bord du « Tour de France » au ponton des bateaux de la Bouille, pour se lancer, à travers rivières et canaux, vers la Méditerranée et Alger la Blanche.

Le Petit Journal du 4 juillet 1939 : Avec la mer, commence la partie la plus difficile et dangereuse de notre voyage" nous écrivent LAVOINE et THYSSE,

Nos hardis canoéistes Lavoine et Thysse, qui tentent l'expédition Rouen-Alger, sous le patronage du Petit Journal, ont entreprendre maintenant la plus hasardeuse partie de leur itinéraire. Après être passés à Saint-Gilles du Gard, où ils ont été fêtés comme il convient, ils atteignent aujourd'hui la mer à Palavas-les-Flots ... D'Avignon, où ils se trouvaient le 2 juillet, Jean Lavoine, chef de l'expédition, nous adresse une lettre dont nous extrayons les passages suivants :

Mon co-équipier et moi, nous sommes très satisfaits du résultat obtenu depuis notre départ de Rouen (4 juin) jusqu'à notre arrivée en Avignon (1er juillet) puisque nous avons parcouru 1 280 km en 28 jours (repos compris, deux jours à Paris pour visite au P. J. ; une journée à Dijon, une autre à Chalon) soit 1 280 km en 24 jours de navigation. Jusqu'à ce jour, je vous dirai que le plus pénible de notre expédition fut la remontée de la Seine, de Rouen à Montereau, celle de  l'Yonne jusqu'à Laroche et ensuite le canal de Bourgogne qui, avec ses 120 écluses sur 240 kilomètres de parcours, nous obligea à quelques exercices de force pour les passer. Après Saint-Jean-de-l'Osne, nous eûmes une navigation très différente et plus facile parce que bénéficiant du courant. En effet, la Saône en crue nous permit quelque peu d'augmenter notre moyenne de marche et d'atteindre rapidement Lyon, où nous devions emprunter le Rhône. Inutile de vous dire que c’est aux environs de 17 km heure que nous le descendîmes jusqu'à Avignon, ceci s'expliquant après les fortes pluies d'orage que nous avions, quelques jours avant, soulignées. Aujourd'hui 2 juillet, par le canal de Beaucaire, nous allons nous diriger à travers la Camargue par Bellegarde, Saint-Gilles, Aigues-Mortes, Palavas-les-Flots, Sète où, à partir, de là, nous naviguerons désormais sur la mer jusqu'à Alger. A noter que, jusqu'à Port-Vendres, limite de la côte française, nous choisirons également Agde, Narbonne-Plage, la Nouvelle, Port-Saint-Laurent comme buts d'étape, avant d'attaquer la côte espagnole. Cette première partie de notre long voyage n'st pas encore la plus difficile ni la plus dangereuse. Egalement, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir rappeler notre bon souvenir à toutes les sections et permanences des villes ci-dessous, qui nous ont reçus toujours avec enthousiasme : Mantes, Sartrouville, Paris, Corbeil, Melun, Fontainebleau, Montereau, Sens, Joigny, Saint-Florentin, Tonnerre, Ancy-le-Franc, Montbard, Venarey, Précy, Pouilly-en-Auxois, Bligny, Dijon, Saint-Jean-de-Losne, Seurre, Chalon-sur-Saône, Tournus, Mâcon, Villefranche, Lyon, Coudrieu, Saint-Vallier, Valence,  Montélimar, Pont-Saint-Esprit, Avignon et Saint-Gilles. Jean LAVOINE

 

Journal de Rouen du 8 juillet 1939 : Lavoine et Thysse sont arrivés à Sète.

 

Journal de Rouen du 2 août 1939 : Lavoinne et Thisse sont à Carthagène

Nos compatriotes poursuivent leur randonnée sans encombre et les dernières nouvelles qu’ils nous ont envoyées sont des plus optimistes. Aidés par les courants ils accomplissent chaque jour des étapes variant de 55 à 70 kilomètres. A cette cadence, ils en auront bientôt terminé avec la côte espagnole. A l’heure où nous vous écrivons, ils ont quitté Carthagène et se dirigent vers Malaga.

 

Journal de Rouen du 29 août 1939 : Thysse et Lavoine sont immobilisés à Algésiras

Les deux canoéistes rouennais, qui tentent de relier en canoë Rouen à Alger, Bernard Thysse et Jean Lavoine, se trouvent actuellement - ou plus exactement se trouvaient il y a encore une dizaine de jours - immobilisés à Algésiras. Une lettre de Bernard Thysse à son père, Lucien Thysse, que nous avons rencontré hier et qui nous l’a communiquée, vient de nous l’apprendre.

Cette lettre est datée du 16 août. Après avoir fait naufrage à Malaga, et avoir « laissé au fond » leurs papiers, leur linge et leur argent, les deux Rouennais eurent la chance de rencontrer un voilier monté par deux jeunes Lyonnais, qui se rendaient à Gibraltar, via Casablanca. Ils se mirent donc d’accord une maison de Malaga pour la réparation de leur bateau, puis acceptèrent l’hospitalité des deux Français, à leur bord, pour gagner après quelques jours de mer, le port d’Algésiras. C’est là qu’ils attendent qu’on veuille bien leur renvoyer leur canoë, en vue de continuer leur randonnée. Mais les transports sont longs en Espagne, et cette attente paraissait se prolonger.

Si fâcheux que puissent être pour eux cette attente et cette longue expectative, celle-ci parait cependant permettre aux deux jeunes gens de se reposer quelque peu, car un embarras gastrique assez grave les avait plutôt handicapés. Au reste, un moral sans atteinte, et l’espoir de regagner bientôt Rouen  pour y retrouver la famille et les menus familiaux.

Journal de Rouen du 8 octobre 1939 : La fin du raid Rouen-Alger par Lavoine et Thisse

Nous sonnes heureux d’informer nos lecteurs que nous avons reçu des nouvelles des deux jeunes Rouennais qui avaient entrepris ce long voyage d’aventure. Après avoir longé les côtes du Maroc espagnol, les canoéistes de trouvaient à Mélilla la veille de la mobilisation générale, le 1er septembre. Les événements interrompaient leur raid au moment où il touchait à sa fin, et après avoir franchi victorieusement les étapes les plus dures.

Nos amis durent se rendre d’urgence en autocar jusqu’à Oran et se présentèrent à l’autorité militaire : Lavoine fut mobilisé immédiatement sur place et rejoignit Mascara ; quant à son camarade Thisse, il dut attendre une quinzaine de jours avant d’être rapatrié. Tous deux vont bien. Le raid Rouen-Alger en canoë peut dont être considéré comme réussi, puisque nos jeunes sportifs ont pu aller de Rouen jusqu’au Maros en surmontant les plus grandes difficultés et alors que la fin de leur voyage était envisagé par eux sans inquiétude. Félicitons sans réserve les deux vaillants Rouennais du résultat heureux de leur raid et aussi de leur moral et de la volonté qui les a soutenus pendant cette longue épreuve.

Jean Lavoine  promenait régulièrement sa femme Fernande en barque sur la Seine (témoignage Michèle Pasquis)

Photographie de Fernande Obselin sur la Seine, vue sur l’embarcadère d’Hautot sur Seine

 

Partis mariés en barque d’Hautot-sur-Seine, ils arrivèrent divorcés à la Bouille (témoignage Jean Fortier)

Le divorce a été prononcé le 4 mars 1959. Jean Lavoine se remarie à Oran (Algérie Française) le 25 janvier 1960 avec Consolation Marie RIADO (28/05/1914 - 17/01/1996). Il est décédé à Caen le 20 novembre 1972 et repose au cimetière de Saint-Lô dans la Manche.

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