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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 07:25

Croisez une centenaire, c’est comme revoir ses grands-parents, des dizaines d’années après leur disparition. Les photographies datent du 26 juin 2005, à l’occasion de l’entrecôte organisée par le comité des fêtes.

Mes souvenirs de Joséphine LAMBOY la centenaire d’Hautot-sur-Seine

L’Echo d’Hautot n°6 de mars 1999 : Interview de la doyenne de notre village

L’Echo d’Hautot a voulu vous présenter la doyenne du village Madame Joséphine Lhomme qui vient de fêter  ses 96 ans. Nous la remercions de nous avoir accueilli et d’avoir répondu à nos questions.

L’Echo d’Hautot : Madame Lhomme, pouvez vous vous présenter ?

Madame Lhomme : Je suis née le 31 janvier 1903 à Criquebeuf la Campagne dans l’Eure. J’ai commencé à travailler  à l’âge de 11 ans dans une ferme. Je me suis mariée le 24 octobre 1922 à Criquebeuf avec Gaston Lhomme avec lequel j’ai eu 4 enfants (une fille, l’aînée née en 1923 et 3 garçons dont le dernier est né en 1939). Je suis arrivée à Hautot en 1932 et j’habite actuellement dans une maison située auprès de celle de mon fils Jean-Claude. Je vis toute seule (mon mari est décédé en 1989 à l’âge de 86 ans) et je fais même seule mon ménage. J’ai conduit jusqu’en 1995 (soit jusqu’à l’âge de 93 ans) et j’ai décidé d’arrêter lorsque mon fils a pris sa retraite. J’ai bêché et entretenu mon jardin jusqu’à 93 ans. Je suis en excellente santé et ne vois le médecin (un acupuncteur) que tous les deux mois. Je souffre de douleurs (de l’arthrose), mais je ne me plains pas compte tenu de mon âge. Je suis très heureuse et bien entourée de ma famille.

L’Echo : depuis quand habitez-vous Hautot et parler nous de votre expérience professionnelle. Les anciens s’en souviendront, vous étiez « charcutier ambulant » ?

Madame Lhomme : Après l’activité salariée de mon mari exercée à Elbeuf dans une charcuterie, nous avons décidé de nous mettre à notre compte en achetant un fonds de commerce. Ce qui fut fait à Elbeuf, puis Perriers sur Andelle et enfin Hautot où nous sommes arrivés en 1932. En effet, Monsieur Delapille vendait son fonds de commerce de charcuterie ambulante. Nous avons pris possession de la maison où réside actuellement Madame Languet, mère, rue du Rouage (*). Dans les bâtiments qui se trouvent derrière la maison, nous tuions et préparions le cochon. Nous avions une camionnette qui faisait les tournées sur Hautot, Val de la Haye et Dieppedalle Croisset. Plus tard, un deuxième camion que je conduisais moi-même fut acheté. Nous avions une bonne clientèle, il n’y avais pas comme aujourd’hui toutes ces grandes surfaces… Puis en 1950, nous nous sommes installés dans la maison où je me trouve actuellement et nous avons construit le laboratoire où était préparée la charcuterie.

Jusqu’en 1956 environ, le cochon était tué sur place puis nous avons dû passer par l’abattoir, où nous achetions le cochon mort mais non débité. Nous avons pris notre retraite en 1966 et notre fils Jean Claude a pris notre succession jusqu’en 1995 date à laquelle il a, à son tour, pris sa retraite. Personne n’a repris l’affaire.

L’Echo : Avez-vous une anecdote à nous raconter pour cette activité ?

Madame Lhomme : Eh, oui ! J’allais une fois par semaine, à Moulineaux, de l’autre côté de l’eau chercher des porcs chez un éleveur, à l’endroit où se trouve actuellement l’usine Renault. Je ramenais dans ma camionnette, une Peugeot 201, trois cochons qui faisaient beaucoup de bruit. Ceux-ci étaient tués et préparés à Hautot. Je prenais le bac de la Bouille pour les ramener 

L’Echo : Avez-vous des « hobbies » ?

Madame Lhomme : J’aime beaucoup les livres religieux. D’ailleurs tous les soirs, je prie pendant une bonne demi-heure avant de m’endormir. Je lis quotidiennement le journal. J’aime regarder la télévision, surtout les actualités régionales et l’émission « Question pour un champion » que je ne rate jamais. Enfin, le jardin et la vie en plein air me plaisent beaucoup. Les journées sont très occupées avec ma chienne qui est âgée de 16 ans.

L’Echo : Quels sont les secrets de votre longévité et de votre santé ?

Madame Lhomme : Je n’ai pas de secret particulier à vous confier. Simplement, j’ai une vie bine réglée. En effet, je me lève tous les jours à 6 H 30 et me couche vers 21 H. Je déjeune tous les matins à 6 H 45 et ensuite je fais mon ménage et soigne ma chienne. Je mange de tout (pas de régime particulier), je dors très bien. J’ai la chance d’avoir une très bonne santé qui me permet de me débrouiller seule. Je ne suis jamais malade, même pas la grippe ! Enfin, avoir le moral surmonte toutes les petites douleurs.

L’Echo : Nous espérons que nous pourrons fêter vos 100 ans ?

Madame Lhomme : J’y compte bien ! Mais toujours avec la même santé sans être dépendante. Je vous donne rendez vous dans quatre ans.

L’Echo : Nous vous remercions de votre disponibilité et de ce moment passé ensemble.

Madame Lhomme : Je vous remercie d’avoir pensé à moi pour ce reportage et j’espère vous avoir fait partager un bon moment avec les différentes anecdotes de ma vie que je vous ai racontées.

(*) En 1944 la cave de cette maison servait de refuge pour une cinquantaine de personne pendant les bombardements.

Mes souvenirs de Joséphine LAMBOY la centenaire d’Hautot-sur-Seine

Acte de naissance de Joséphine Léontine LAMBOY à Criquebeuf la Campagne le 31/01/1903 :

Du trente unième jour du mois de janvier, l’an mil neuf cent trois à sept heures du soir, Acte de Naissance d’un enfant qui nous a été présenté et a été reconnu être de sexe féminin, né ce même jour à six heures du soir au domicile de Madame veuve BOUAFFRE Pascalie, à Criquebeuf la Campagne, fille posthue de LAMBOY Joseph Auguste, décédé le vingt un octobre mil neuf cent deux, et de LOISEL Juliette Gabrielle, âgée de vingt deux ans, sans profession, mariés à Criquebeuf la Campagne, le quatre juin mil neuf cent un. Lequel a reçu les prénoms de Joséphine Léontine sur a réquisition et présentation à nous faites par Madame veuve LOISEL Julia Aimée âge de soixante quatre ans, sans profession, domiciliée à Criquebeuf la Campagne, grand-mère de l’enfant. En présence de GIGUERRE Edouard instituteur, âgé de trente sept ans et de LOISEL Arthur, mécanicien, âgé de vingt six ans tous deux domiciliés à Criquebeuf la Campagne. Les témoins ont signé après lecture faite le présent acte qui a été fait double en leur présence et constaté suivant la loi par nous Maire de la commune susdite, remplissant les fonctions d’officier public de l’état civil. La déclarante a dit ne savoir signer.

Mes souvenirs de Joséphine LAMBOY la centenaire d’Hautot-sur-Seine

Infos d’Hautot n°5 de l’hiver 2003 : Hautot-sur-Seine honore sa centenaire

Un évènement s’est déroulé dans notre commune le 1er février 2003. Madame Joséphine LHOMME est centenaire depuis le 31 janvier 2003. La commune a réuni tous les Hautotais (es) pour honore notre doyenne. Nous somme tous ravis, beaucoup d’entre nous avaient répondu présent à cette invitation. Vint le temps des discours retraçant la vie de Madame Joséphine LHOMME : tout d’abord, sa petite fille Florence, adjointe au Maire de la commune, ensuite Bruno Arriaga Mare de notre commune et enfin Dominique Randon, Conseiller Général. Bien évidemment, cette réunion ne peut s’achever sans le verre de l’amitié, tous les invités portent un toast à notre doyenne qui reçoit un magnifique bouquet de 100 roses offert par la Commune et le Club des Chênes de la Boucle ainsi qu’un jogging et un chemisier du Comité des Fêtes d’Hautot-sur-Seine. Notre Joséphine fut enchantée de cette journée. (A quand la prochaine centenaire ?) . La présidente du Club des Chênes. Ida Beauvallet ?

Photographie prise lors du repas du Buisson du 18 juin 2006 :

Joséphine Lamboy est décédée le 9 janvier 2007 à l’approche de ses 104 ans.

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commentaires

J
Bel article sur une rencontre avec le passé encore vivant.
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J
Bel article sur une rencontre avec le passé encore vivant.
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