Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
31 décembre 1997 3 31 /12 /décembre /1997 05:45

Paris Normandie du 27 janvier 1997 : les ordures ménagères de la discorde

La question du traitement des ordures ménagères dans le village a démantelé le conseil municipal d’Hautot-sur-seine. Huit des onze conseillers municipaux ont démissionné.

Comment éliminer les ordures ménagères ? La question plonge dans l’embarras les élus d’Hautot-sur-Seine. Pour l’instant, la commune jette tout, dans une décharge municipale. Plus pour longtemps à vrai dire. Le préfet a décidé d’en finir une bonne fois pour toutes avec les décharges sauvages. Celle d’Hautot-sur-Seine sera donc irrémédiablement fermée en 2002. Avant la date fatidique, le maire Jean-Claude Martel-Baussant et deux de ses adjoints, tout en voulant continuer à utiliser la décharge, sont partisans de trouver des solutions intermédiaires de traitement des ordures ménagères, pas trop onéreuses pour les Hautotais. Ils n’ont pas été suivis par les huit autres élus du conseil municipal. Favorables à une intégration rapide de la petite commune des bords de Seine, dans un syndicat intercommunal de collecte et de traitement, ils ont démissionne.

« D’ici peu la décharge sera pleine. Quel avantage y a-t-il à continuer à exploiter un site illégal et polluant ? La commune doit songer dès maintenant à régler son problème. Attendre ne sert à rien. Plus tard, la note sera encore plus salée. Le maire vient nous dire aujourd’hui qu’il veut faire des économies, alors qu’il a imposé des taux exorbitants sur l’assainissement de l’eau … Sa gestion autocratique nous a laissé très peu de latitude pour réaliser notre mission » expliquent les conseillers démissionnaires, dont certains étaient membres de la commission environnement, au conseil municipal.

De toute évidence, le maire Jean-Claude Martel-Baussant veut gagner du temps. « A quoi bon se précipiter, puisque nous sommes toujours en attente du plan départemental d’élimination des déchets ménagers, et de la nouvelle usine d’incinération. Notre commune, sans grosses ressources financières, doit réfléchir. Les tarifs pratiqués par les différents syndicats intercommunaux, sont nettement supérieurs à la moyenne. Actuellement, le stockage en décharge coûte 83 F par habitant. Ce qui nous est proposé, c’est 450 F par habitant. »

Le maire cherche donc d’autres voies. L’intercommunalité en est une, avec la formation d’un syndicat au côté de Sahurs et Saint-Pierre-de-Manneville les communes voisines. La mise en place du tri sélectif, en est une autre. A coup sûr, les déchets vont peser dans la campagne des élections municipales complémentaires. Le premier tour est fixé le dimanche 2 février. Le second tour se jouera huit jours plus tard, le 9 février. Les conseillers démissionnaires ne disent pas s’ils constitueront une liste : « On va voir ! » répondent-ils prudemment.

L'année 1997 à Hautot-sur-Seine

Le Conseil Municipal installé le 25 juin 1997 est composé de Gilles BOURDEAU (3ème adjoint), Jean-Marie COSQUERIC, Hervé COUESNON, Florence (GRAS) LHOMME, Jacques LAGNEL (2nd adjoint), Michel LANGUET, Jean-Marie LEGRAS, Philippe LEMERCIER, Jean-Claude MARTEL-BAUSSANT, Patrick OLLIVIER (1er adjoint) & Louis THILLAYE DU BOULLAY (Maire). Le 30 juin 1997 Jean-Claude MARTEL-BAUSSANT et de Jean-Marie LEGRAS démissionnent du Conseil Municipal.

Paris Normandie du 28 juin 1997 : Louis Duboullay élu maire

La démission, de Jean-Claude Martel-Baussant, maire, ayant été acceptée par M. le Préfet le 13 juin dernier, le conseil municipal se réunissait, mercredi, pour élire le nouveau maire et ses adjoints. Louis Duboullay, doyen du conseil, présidait la séance. Dès le premier tour, Jean-Marie Legras obtient cinq voix et Louis Duboullay, avec six voix, est élu maire. Il remercie aussitôt le conseil de la confiance qui lui est ainsi témoignée et s’engage à servir les intérêts d’Hautot. Avant l’élection des adjoints, il demande à chacun des conseillers d’en déterminer le nombre (deux ou trois), en rappelant toutefois que le budget des indemnités du maire et des adjoints ne peut être modifié. Le conseil décide par sept voix pour, de nommer trois adjoints. Premier adjoint : Patrick Ollivier, élu avec sept voix. Deuxième adjoint : Jacques Lagnel, élu avec six voix. Troisième adjoint : Gilles Bourdeau, élu au deuxième tour, avec six voix.

Louis Duboullay prend alors la parole : « N’oublions jamais que notre commune est redevable à deux personnes de ce qu’elle est devenue aujourd’hui. La première, c’est Jean-Claude Martel-Baussant, qui l’a gérée avec audace, sagesse, dévouement et initiative. La seconde, c’est Jean-Marie Legras ; il doit aussi être remercié pour avoir été l’élément moteur de la transformation de notre village. »

Après la désignation des représentants aux syndicats d’eau et d’électricité, Louis Duboullay a invité tous les conseillers présents à entourer Marie-José Alligié, directrice de l’école qui fête son départ en retraite. Le conseil municipal se réunira le mercredi 2 juillet, à 20 h 30.

L'année 1997 à Hautot-sur-Seine

Paris Normandie du 11 juillet 1997 : La directrice de l’école s’en va

Entourée de nombreux enfants, de parents d’élèves et amis de l’école, d’enseignants et élus des communes voisines, de sa famille et de ses proches, Mme Marie-Josée Alligier, directrice de l’école Maurice Genevoix d’Hautot-sur-Seine, était invitée par la municipalité à fêter son départ en retraite. Une gerbe et des bouquets l’accueillaient au château d’Hautot-sur-Seine.

Mmes Devère et Pinel, déléguées des parent d’élèves, guidaient les enfants qui remirent à leur directrice, en plus de leurs baisers, un cadeau dont elle rêvait depuis trente ans : un voyage au Tyrol. Les parents lurent un message d’amitié et de reconnaissance pour ces vingt trois dernières années passées au service des petits Hautotais. M. Loie, inspecteur de l’Education nationale, retraçait la carrière de Mme Alligier, soulignant le climat de calme et de confiance que reflétait sa classe. Il vanta les mérites de cette petite école rurale, si ouverte au monde, avec pour témoin, entre autres, son journal scolaire, les liens créés entre les écoles de la vallée et les activités communes menées.

Mme Alligier : «  Je voulais être institutrice, j’ai été pleinement satisfaite professionnellement et personnellement comblée. J’ai pu contribuer à l’éveil de jeunes personnalités, les aider à conquérir les outils de la culture ». Elle évoqua quelques souvenirs : «  J’ai pu enseigner seule, pendant dix ans, parmi ma trentaine d’élève de six niveaux de ma classe unique, mais aussi les rencontres avec des peintres, des comédiens, des musiciens, avec les anciens de la commune, les sorties culturelles à Rouen, à Paris, les classes de neige, grands moments dont les enfants se souviennent, ayant peut être oublié qu’ils étaient avant tout éducatifs ». Elle présenta le nouveau directeur, qui connait bien l’école pour avoir participé à sa construction. « Demain, je pourrai enfin donner du temps à mes trois filles, être enfin disponible à ma famille. Et je cultiverai mon jardin ».

M. du Boullay, récemment élu maire, rappela l’arrivée de la famille Alligier, à Hautot, en septembre 1974, son installation problématique ‘‘en roulotte’’ et logement rénové, habitable au printemps. Il évoqua l’essor de l’école, passant progressivement de la classe unique à trois classes, s’équipant de nouveaux bâtiments et de services communaux. Citant quelques textes d’enfants  « Je remercie Mme Alligier de m’avoir appris à lire, à écrire, à compter correctement. Elle nous a fait découvrir des activités que nous ne pouvions pas voir dans notre milieu familial. Merci de m’avoir appris tant de choses ».

Le Conseil Municipal du 2 juillet 1997 entérine les travaux de mise en conformité du château, programmés entre octobre 1997 et mars 1998, consistant à la réalisation d’un escalier extérieur. Lors du Conseil Municipal du 17 décembre 1997, un emprunt de 250 000 Fr est contracté auprès du Crédit local de France pour les travaux de mise en sécurité du château.

M. Jacques-André ALLIGIER succède à Mme Marie-José ALLIGIER comme directeur de l’école Maurice Genevoix.

Lors du Conseil Municipal du 10 septembre 1997, le Maire signale que 2 personnes se sont proposées pour le groupe de nez dans l’analyse des odeurs de la société SAIPOL.

Le Conseil Municipal du 17 décembre 1997 est informé que l’ancien site de la décharge a été clôturé par l’Office nationale des forêts (ONF).

Paris Normandie du 10 septembre 1997 : Heureux jubilé pour Elisabeth et Roland Bertin

M. et Mme Roland Bertin étaient reçus, dans la mairie trop petite pour accueillir toute la famille, par le maire, M. Louis Duboulley, entouré de ses adjoints, le samedi 6 septembre, à l’occasion de leurs noces d’or.

Tous deux sont nés à Saint-Martin-aux-Buneaux et ont fréquenté la même école, mais à quatre ans d’intervalle, et sans jamais se rencontrer … Elisabeth, née en 1927, a grandi dans une famille nombreuse. Son père, cantonnier, élève ses enfants avec sévérité. Après l’école, Elisabeth est placée chez l’instituteur, puis chez le boulanger. Elle rencontre pour la première fois Roland à une des rares séances de cinéma organisées dans le pays à la fin de l’année 45. Roland, né en 1923, a quitté Saint-Martin-aux-Buneaux, où son père exerçait le métier de marin pêcheur, pour échapper pendant la guerre au STO, et après avoir changé d’identité, il trouve du travail à Caudebec-en-Caux, chez son futur beau frère. En août 1944, il fit traverser la Seine au maire, pour demander aux Canadiens de cesser leur tir d’obus sur la rive droite, les Allemands ayant quitté les lieux. Puis il doit faire son service militaire, dans la Marine, à Cherbourg, Toulon, Alger et enfin sur le croiseur « Emile-Bertin » ; il est peut-être le seul marin portant son nom sur son béret à pompon rouge ! Il reprend son travail à Caudebec. C’est le 6 septembre 1947 qu’enfin ils peuvent se marier. La difficulté de trouver un logement les conduit jusqu’à Sahurs. Roland travaille d’abord chez Chouard, comme marinier, puis chauffeur de poids lourds. Après la naissance de leur quatrième enfant, une maison plus grande les accueille, toujours à Sahurs, et M. Bertin trouve un emploi plus sédentaire sur le bac de Dieppedalle. En 1972, Elisabeth et Roland entre au service du marquis de Bonneval. En prenant leur retraite en 1985, ils achètent à Hautot, la maison de l’ancien boulanger.

Roland BERTIN (1923-2002) & Elisabeth (MONNIER) BERTIN (1927-2015)

Louis Duboulley leur souhaite longue vie encore avec « un brin de santé », entourés de l’affection de leurs enfants et petits-enfants et leur remet la médaille des noces d’or avec le bel album « Les Voiles de la Liberté ».

Lors du Conseil Municipal du 10 septembre 1997, le Maire signale que 2 personnes se sont proposées pour le groupe de nez dans l’analyse des odeurs de la société SAIPOL.

 

L’Echo d’Hautot n°5 de février 1998 : repas des anciens

La tradition fut respectée avec le repas annuel des « cheveux d’argent » le dimanche 12 octobre au château. C’est vers midi que 45 convives se rejoignirent dans la salle d’honneur : Les anciens, me personnel communal ainsi que les conseillers municipaux. Au nom du CCAS, le Maire et les adjoints présents reçurent les invités. Le repas fut servi par la maison BÉQUET et tout le monde se régala. Après le repas, Valentin et son orgue de Barbarie assurèrent l’animation, plusieurs chansons furent interprétées. Une chorale fut improvisée et on eu même droit à un « french-cancan » endiablé avec les 2 danseuses déguisées : Jacques LAGNEL et Philippe LHOMME. L’après-midi passa très vite et c’est vers 18 heures que la joyeuse assemblée se dispersa. 

 

Le Conseil Municipal du 17 décembre 1997 est informé que l’ancien site de la décharge a été clôturé par l’Office nationale des forêts (ONF).

Partager cet article
Repost0
31 décembre 1996 2 31 /12 /décembre /1996 05:37

Paris Normandie du 24 janvier 1996 : Deux médailles lors de la cérémonie des vœux

La salle d’honneur du château d’Hautot-sur-Seine a été, comme c’est la tradition, le théâtre de la cérémonie des vœux de la municipalité. Avant de remettre les médailles aux intéressés, Laurent Fabius député-maire de Grand-Quevilly, retraçait brièvement leurs parcours : né à Saint-Martin-de-Boscherville, René Boutin avait déjà pris contact avec la vie communale de son village, en étant déjà au conseil municipal de M. Pierre Baratte, et ce n’est qu’après son mariage avec une Hautotaise qu’il est venu à Hautot-sur-Seine où il a assuré quatre mandats de conseillers, puis d’adjoint, ce qui lui vaut aujourd’hui d’être honoré.

Originaire de la région parisienne, Jacques-André Alligier est arrivé dans la région en 1964, et à Hautot en 1974, titulaire de deux licences  et du diplôme de maître des écoles, ce meneur sportif est depuis le secrétaire de mairie, dévoué secrétaire de la commune, lien entre les administrés, l’administration et le conseil municipal. Ce sont tous ces services qui sont récompensés.

Le Conseil Municipal du 6 septembre 1996 décide d’envoyer  un courrier à chaque propriétaire de la commune précisant les modalités de pose des numéros des habitations.

Lors du Conseil Municipal du 6 septembre 1996, il est mentionné que le journal local est géré par le comité des fêtes. Le numéro 2 de l’Echo d’Hautot, périodique communal d’informations, d’expression et d’échange est paru en avril 1996.

L'année 1996 à Hautot-sur-Seine

Souvenir de la fête patronale de la Saint Antonin de septembre 1996

Le Conseil Municipal du 25 octobre 1996 est informé de la proposition d’une réponse commune par les Maires de Saint-Pierre-de-Manneville, Sahurs et Hautot-sur-Seine pour le ramassage des déchets ménagers.

L’Echo d’Hautot n°3 de novembre 1996 : repas annuel des « cheveux d’argent »

Le CCAS, comme les années précédentes, a organisé le dimanche 29 septembre 1996, dans le château d’Hautot, le repas des « cheveux d’argent » de la commune auquel étaient invitées les personnes âgées de plus de 60 ans. Ce repas fut animé par un groupe d’accordéonistes, qui sut créer une ambiance sympathique à laquelle les personnes présentes ne furent pas insensibles. La journée s’acheva par un repas improvisé, auquel participa une vingtaine de personnes, dans une ambiance chaleureuse et cordiale. Le CCAS remercie Monsieur le Maire de sa présence (malgré son état de santé et nous lui souhaitons un prompt rétablissement), ainsi que Monsieur Massion, Conseiller Général. Félicitations à M et Mme Béquet, traiteur pour leur excellente prestation ainsi qu’à leur jeune fille, qui eut la gentillesse de porter à domicile un plateau repas à deux personnes âgées qui n’ont pas pu se déplacer. A l’année prochaine.

Photographie parue dans l’Echo d’Hautot n°4 de juin 1997 :

Le dernier repas des « cheveux d’argent » dans la salle d’honneur du château. Au premier plan : Monsieur le Maire Jean-Claude Martel-Baussant et à sa droite, Madame Joséphine Lhomme, doyenne du Village.

Partager cet article
Repost0
16 juillet 1994 6 16 /07 /juillet /1994 05:24
Exposition des peintures de Daniel Niaux à Hautot sur Seine
Exposition des peintures de Daniel Niaux à Hautot sur Seine
Exposition des peintures de Daniel Niaux à Hautot sur Seine
Exposition des peintures de Daniel Niaux à Hautot sur Seine
Exposition des peintures de Daniel Niaux à Hautot sur Seine
Partager cet article
Repost0
22 octobre 1993 5 22 /10 /octobre /1993 20:44
Les écoliers d'Hautot sur Seine à l'Assemblée Nationale en 1990
Les écoliers d'Hautot sur Seine à l'Assemblée Nationale en 1990
Les écoliers d'Hautot sur Seine à l'Assemblée Nationale en 1990
Les écoliers d'Hautot sur Seine à l'Assemblée Nationale en 1990
Les écoliers d'Hautot sur Seine à l'Assemblée Nationale en 1990
Les écoliers d'Hautot sur Seine à l'Assemblée Nationale en 1990
Les écoliers d'Hautot sur Seine à l'Assemblée Nationale en 1990
Les écoliers d'Hautot sur Seine à l'Assemblée Nationale en 1990
Les écoliers d'Hautot sur Seine à l'Assemblée Nationale en 1990
Partager cet article
Repost0
21 juillet 1992 2 21 /07 /juillet /1992 08:26
Sortie scolaire à Paris en 1990
Sortie scolaire à Paris en 1990
Sortie scolaire à Paris en 1990
Sortie scolaire à Paris en 1990
Sortie scolaire à Paris en 1990
Sortie scolaire à Paris en 1990
Sortie scolaire à Paris en 1990
Sortie scolaire à Paris en 1990
Partager cet article
Repost0
15 mars 1991 5 15 /03 /mars /1991 17:31
Inauguration de l'Ecole Maurice Genevoix d'Hautot-sur-Seine le 15 juin 1990
Inauguration de l'Ecole Maurice Genevoix d'Hautot-sur-Seine le 15 juin 1990
Inauguration de l'Ecole Maurice Genevoix d'Hautot-sur-Seine le 15 juin 1990

A l’occasion du cinquantenaire et de l’inauguration de l’école Maurice Genevoix, à Hautot-sur-Seine, le 15 juin 1990, Monsieur J.C. Martel-Baussant, Maire, accueillit et souhaita la bienvenue à chacun, et notamment aux personnalités qui s’étaient amicalement rendues à son invitation :

Monsieur Laurent Fabius, Président de l’Assemblée nationale,

Madame Maurice Genevoix et ses filles,

Monsieur Tony Larue, Sénateur

Monsieur Marc Massier, Conseiller Général,

Monsieur E. Rubio, Inspecteur Général de l’Education nationale,

Monsieur J.C. Loie, Inspecteur Départemental de l’Education nationale,

Mesdames et Messieurs les Maires, Adjoints et Conseillers municipaux des communes environnantes,

Monsieur Max Pinchard, Directeur de l’Ecole nationale de musique de Petit et Grand-Couronne,

Monsieur Y.P. Boulongue, professeur d’université, premier instituteur de l’école en 1940,

Mesdames et Messieurs les enseignants qui se sont succédés à ce poste jusqu’à ce jour, et celles et ceux des communes voisines,

Il salua les nombreux anciens élèves, parents, enfants et amis de l’école, présents, et remercia tout particulièrement le quatuor de flûtes de l’Ecole nationale de musique de Petit et Grand-Couronne, qui sut, avec talent apporter une note de détente après les émouvantes évocations.

Inauguration de l'Ecole Maurice Genevoix d'Hautot-sur-Seine le 15 juin 1990
Inauguration de l'Ecole Maurice Genevoix d'Hautot-sur-Seine le 15 juin 1990
Inauguration de l'Ecole Maurice Genevoix d'Hautot-sur-Seine le 15 juin 1990

Paris Normandie du 17 juin 1990 : Laurent Fabius inaugure l’école Maurice Genevoix

Laurent Fabius, accompagné par M. Yves-Pierre Bonlongne et de Mme Maurice Genevoix, coupe le ruban symbolique.

Exceptionnelle à plusieurs titres était vendredi, à Hautot-sur-Seine, l’inauguration d’une salle de classe et d’un restaurant scolaire à l’école du village, laquelle fêtait son cinquantième anniversaire et devait recevoir le nom de l’écrivain Maurice Genevoix, honoré cette année à l’occasion du centenaire de sa naissance. Exceptionnelle cette manifestation car, outre le président de l’Assemblée nationale Laurent Fabius, le sénateur Tony Larue, le conseiller général Marc Massion, l’inspecteur général de l’Education nationale Edouard Rubio, MM. Heldt, inspecteur d’académie adjoint, et Loie, inspecteur départemental de l’Education nationale, et de nombreuses autres personnalités de la région, la directrice de l’école Marie-José Alligier et le maire Jean-Claude Martel-Baussant avaient le plaisir d’accueillir d’une part Mme Maurice Genevoix, d’autre part le premier instituteur de cette école Yves- Pierre Boulongne, aujourd’hui professeur de sciences de l’éducation à université de Paris XII.

Après que le premier magistrat eut souhaité la bienvenue aux personnalités présentes et évoqué brièvement les nouveaux locaux construits, ajoutés à la salle de classe primaire et la classe maternelle ouvertes en 1980, l’instituteur Jacques-André Alligier exposa ce qui avait motivé, chez les élus comme chez les enseignants et les enfants, le choix du nom de Maurice Genevoix. Pour les uns, il s’agissait de celui ayant honoré la mémoire des soldats de 14 et, en même temps, exprimé son aversion pour la guerre ; pour les autres, du chantre de la nature.

La directrice de l’école rappela l’histoire de l’établissement, créé en 1940, dans un hangar à bateaux réquisitionné, afin d’éviter aux enfants le trajet, rendu dangereux par les bombardements, jusqu’à la commune voisine de Sahurs. Un hommage fut alors rendu aux enseignants s’étant succédé dans le commune, mais surtout au premier d’entre eux, Yves-Pierre Boulongne, devenu professeur d’université, autant de poèmes dont certains furent mis en musique par Max Pinchard et qui, après sa première année d’activité professionnelle à Hautot-sur-Seine - il venait de sortir de l’Ecole normale - avait été arrêté pour faits de résistance, emprisonné à Roue, puis déporté à Buchenwald.

Yves-Pierre Boulongne ne dissimula pas son émotion à ce retour, cinquante ans après, sur les lieux de ses débuts, saluant ses anciens élèves dont beaucoup étaient présents s’excusant près d’eux : « C’était une gageure que d’essayer de faire quelque chose », mais précisant aussi : « Je vous aimais beaucoup » et encore : « En même temps, dans la résistance, avec Tony Larue, nous pensions beaucoup à cette génération d‘enfants ». Et de dénoncer la perversion qui régnait alors chez ceux des Français qui approuvaient la vie dans la honte sous le joug de l’occupant.

Un ruban tricolore coupé, une plaque dévoilée portant le nom de Maurice Genevoix et ce fut la visite de forts agréables locaux mis en service, dans lesquels étaient visibles le produit et les instruments d’un intéressant travail pédagogique.

Inauguration de l'Ecole Maurice Genevoix d'Hautot-sur-Seine le 15 juin 1990
Inauguration de l'Ecole Maurice Genevoix d'Hautot-sur-Seine le 15 juin 1990

Allocution prononcée par J.A. Alligier le 15 juin 1990 à l’occasion du cinquantenaire de l’école communale Maurice GENEVOIX de HAUTOT-sur-SEINE :

Remercions de prime abord, tout particulièrement et très respectueusement, Madame Maurice Genevoix du grand honneur qu’elle nous a fait en se rendant à notre invitation.

Pourquoi une école « Maurice GENEVOIX » à HAUTOT-sur-SEINE ?

Le Conseil Municipal en a décidé ainsi il y a quelque temps déjà, en voici la raison :

La commune perpétue fidèlement, tous les 11 novembre, le souvenir de l’armistice de la guerre 1914-1918. Depuis longtemps, les enfants de l’école sont associés à la cérémonie. Sentiment étrange quand leurs petites voix fluettes entonnent la Marseillaise : des voix si fragiles pour un chant si guerrier ! Puis c’est l’appel aux morts : un adjoint lit un nom sur le monument, l’autre lui répond « mort au champ d’honneur ». Qu’évoque pour ces petits la lecture de ces huit noms, huit jeunes hommes disparus dans la boue des tranchées, enlevés à leur famille, à leurs amis, à leur village qui ne comptait alors que deux cents habitants. Que dire de ceux qui ont survécu ? Que dire de la profonde meurtrissure laissée par cette guerre.

Maurice Genevoix, grièvement blessé en 1915, réformé après un long séjour à l’hôpital, décoré de la Légion d’honneur pour faits de guerre, a tenu à témoigner, à inscrire dans les mémoires le souvenir du sacrifice d’une génération, le souvenir de l’horreur. Dans le recueil « Ceux de 14 », il réunit ses écrits « Sous Verdun », « Nuits de guerre », « Au seuil des guitounes », « la Boue », « les Epargnés », livres dédiés « à la mémoire des morts et au passé des survivants », écrits dans un style précis et mesuré, magistral et puissant réquisitoire contre la guerre.

C’est ce « Maurice Genevoix »-là qu’ont choisi les Conseillers Municipaux. Les honneurs mérités dont il a été l’objet ont probablement été déterminants eu aussi :

  • prix Goncourt 1925 pour le célèbre « Raboliot » ;
  • réception à l’Académie française en 1947, dont il deviendra secrétaire perpétuel en 1958, puis secrétaire perpétuel honoraire en 1974 ;
  • grand officier de la Légion d’honneur.

Hautot-sur-Seine est sensible à ces témoins, et son premier instituteur, Y.P. Boulongne, à qui l’on rendra hommage dans quelques instants, lui-même meurtri dans sa chair et son âme, est lui aussi un de ces témoins qui maintiennent la vigilance en éveil dans nos mémoires.

Pourquoi les enseignants ont-ils proposé de grand nom de la littérature ?

C’est le « Maurice Genevoix » chantre de la nature qu’ils ont choisi.

Regardez cette cour de récréation en herbe, ces nombreux massifs arbustifs, ces haies fleuries, ce vieux tilleul biscornu dont les senteurs annoncent l’été, et ce grand hêtre pourpre plus que centenaire dont les faînes saluent la rentrée scolaire, regardez toute cette nature qui rythme de ses couleurs et de ses odeurs, les saisons et les jeux des enfants. Et vous verrez que, malgré la proximité d’une activité portuaire intense, et le ballet des gros bateaux sur la Seine en atteste, notre petite école propose à ses enfants des relations riches, intimes avec la nature chantée avec tant d’éloquence et de poésie par Maurice Genevoix dans son œuvre, dont je ne citerai que le si touchant « Un Jour ».

Pourquoi les enfants ont-ils adopté si rapidement ce nom ?

  • parce que chaque année, par l’étude d’extraits, ils s’identifient aux Marcellot, Painthaud, Dupret, quelques une des « Compagnons de l’Aubépin » ;
  • parce qu’ils ont été séduits par le regard serein de grand-père affectueux qui connait tant d’histoires ;
  • peut-être aussi par l’émotion qui les gagne à la lecture d’une description évocatrice d’un moment privilégié de communion avec la nature.

Vous savez maintenant pourquoi le nom de Maurice GENEVOIX, qui aurait cent ans cette année, convient si parfaitement à cette école.

 

Madame Suzanne (NEYROLLES) GENEVOIX, présente à l’inauguration de l’école Maurice GENEVOIX d’Hautot-sur-Seine, est décédée le 9 novembre 2012 à l’âge de 101 ans. Elle était présidente d’honneur de l’association « Je me souviens de Ceux de 14 ».

Inauguration de l'Ecole Maurice Genevoix d'Hautot-sur-Seine le 15 juin 1990

Allocution prononcée par Mme M.J. Alligier-Laurent,directrice de l’école, le 15 juin 1990 à l’occasion du cinquantenaire de l’école communale Maurice GENEVOIX de HAUTOT-sur-SEINE :

N’oubliez pas que cette école qui vous accueille aujourd’hui dans des locaux neufs, date de 1940. A l’occasion du cinquantenaire, je me dois d’en dresser un petit historique.

Je tiens d’abord à remercier confraternellement tous les membres du corps enseignant réunis en ces lieux. Merci encore à vous, enfants, parents, amis, qui, par votre confiante participation, assurez la pérennité de cette école.

En ce jour d’anniversaire, je réserverai l’honneur au premier instituteur de notre école : Monsieur Yves-Pierre Boulongne, professeur d’université, ainsi qu’à ceux qui lui ont succédé : M. Pierre Lacroix, Mme Micheline Dumesnil, M. Jacques Turquer et Mme Hélène Séité, que de nombreux anciens élèves sont venus saluer afin de leur rendre un hommage mérité.

Avant 1940, les écoliers d’Hautot-sur-Seine se rendaient à pied, à travers champs, à l’école de Sahurs, avec leur repas de midi. La guerre ayant éclaté, les bombardements menaçant la vie des enfants malgré les abris et les tranchées, les parents d’élèves, dont M. Delamare et le maire, M. Poullard, obtiennent de l’Académie, la création d’un poste d’instituteur à Hautot-sur Seine.

Un maître est nommé, un local réquisitionné : c’est un garage à bateaux situé dans la propriété d’un transporteur rouennais M. Matissard, ici même, sous les canoës accrochés au plafond, l’instituteur nommé, normalien de la promotion 1937-1940, n’exercera, auprès de ses trente-trois élèves, qu’une seule année, car il sera emprisonné en raison de ses activités de résistant. Je veux parler de M. Yves-Pierre Boulongne à qui nous rendrons un hommage particulier à la fin de cette évocation chronologique.

M. Pierre Lacroix, le deuxième instituteur, a exercé de 1941 à 1943. Sombres années ! Trente-six élèves fréquentent très irrégulièrement la classe. Les absences, durant les mois d’hiver, dépassent cinquante pour cent. Certains, faute de chaussures, ne peuvent se rendre à l’école. Les bûches apportées par les élèves alimentent un  malheureux poêle qui tente désespérément d’apporter un peu de chaleur. Pour certains élèves, la scolarité obligatoire s’arrête le jour anniversaire de leur quatorze ans.

Dans les registres de cette époque, on relève les nos des familles Aubert, Delamare, Jonquais, Legras, Ponty, Poullard, Pringault.

Mme Micheline Dumesnil est restée dans la mémoire de ses élèves pour les représentations qu’elle animait avec M. Brunel, dans le théâtre de verdure.

Puis ce furent M. Marcel Pougerit, Mme Dussot et M. Jacques Turquer. Ce dernier fut installé au château en 1947 où il exerça cinq ans auprès d’une quarantaine d’élèves qui se souviennent fort bien de ses activités sportives dans le parc.

Puis ce fut Mme Séïté. Elle devait apprécier ce poste puisqu’elle y a enseigné vingt deux ans, d’octobre 1952 à juin 1974, avec des effectifs chargés : de trente-neuf à quarante-quatre élèves. Elle assurait l’enseignement pour les six cours que comprenait la classe unique : cours préparatoire première et deuxième année, cours élémentaire première et deuxième année, cours moyen première et deuxième année, dans un bâtiment démontable prêté par le département, installée dans la cour.

Je lui ai succédé il y a maintenant seize ans.

A cette époque, tous les élèves venaient à pied et rentraient prendre leur repas à la maison le midi. Puis, sous l’impulsion du maire M. Maurice Brunel, de nombreuses maisons furent construites, notamment dans deux lotissements communaux. Sa mission fut poursuivie par l’actuel maire M. Jean-Claude Martel-Baussant qui obtint la création d’une classe maternelle à la rentrée de janvier 1980 où fut nommée Melle Véronique Laborie. Pour cette décision, de nouveaux locaux furent construits, l’ancienne classe aménagée en restaurant scolaire. L’effectif primaire s’accroissant, Monsieur le Maire réclama la création d’un nouveau poste et l’obtint, non sans mal, après avoir réalisé ces nouveaux locaux pour la rentrée de septembre 1987, M. Groepler fut nommé à titre provisoire, M. Alligier, à titre définitif en septembre 1988.

Maintenant, je voudrais revenir à notre premier instituteur, aujourd’hui professeur de sciences de l’éducation à l’université de Paris XII. Il était tout jeune, notre instituteur en 1940 : champion de France de football, plusieurs fois finaliste des championnats de France d’athlétisme. Tout de suite, il partagera l’amitié de ses élèves et chacun gardera dans sa mémoire le souvenir de cette année.

Mais, c’est l’occupation, il est jeune, il aspire à la liberté et refuse toute soumission. Il sera arrêté en 1941 en tant que combattant volontaire de la Résistance, révoqué en octobre, condamné à cinq ans de prison par le gouvernement de Vichy, déporté au bout de deux ans au camp de Buchenwald, rapatrié le 17 mai 1945. Sa force morale et physique l’aide à surmonter cette terrible épreuve.

Dans ses poèmes, il portera témoignage de cette funeste époque afin d’en maintenir la mémoire dans une humanité qu’il appelle de ses vœux, solidaire et vigilante. L’« Oratorio pour l’Ettersberg » et « Ainsi naîtra un cœur d’enfant », mis en musique par son ami Max Pinchard, directeur de l’école nationale de musique de Petit et Grand-Couronne, exaltent l’idée de paix et de fraternité.

Que la flamme allumée par Yves-Pierre Boulongne soit la lumière transmise par des générations d’instituteurs aux enfants d’aujourd’hui, qu’elle leur permette, adultes éclairés de demain, de repousser les forces du mal, les forces de l’ombre.

Inauguration de l'Ecole Maurice Genevoix d'Hautot-sur-Seine le 15 juin 1990
Partager cet article
Repost0
15 septembre 1990 6 15 /09 /septembre /1990 05:06

ARTICLE DU PARIS NORMANDIE

Dimanche et Lundi, Hautot-sur-Seine a connu deux grandes journées à l'occasion de sa fête patronale Saint-Antonin. Le vaste terrain, situé dans le virage à proximité de la charmante chapelle, a connu, durant ces deux journées, une activité tout à fait exceptionnelle.

Le Comité des fêtes, présidé par M.Brunel, adjoint au maire, M. Poullard, avait bien fait les choses. Dimanche, on trouvait, en effet, à Hautot une importante fête foraine avec manèges, tirs, balançoires, pêche à la ligne, etc. : un défilé de chars très réussis ; un brillant concert donné par la Musique des Gardiens de la Paix de Rouen ; une attraction-surprise et, en guise de conclusion vespérale, un bal avec l'ensemble Mario Regel et le ténor Louis Charlin !

LES BALANCOIRES

LES BALANCOIRES

Les plus grands soins avaient été apportés à la réalisation des chars et le succès répondit à ces efforts : les fleurs largement mises à contribution, faisant de véritables bouquets de "La jeune fille sur la balançoire", des "Bonnes vacances", de "Babette s'en va t'en guerre", de "20.000 lieurs sous les mers", de "Carroussel-valse" et du bateau de La Bouille ... modèle 1898 ! Si l'on y ajoute une automobile qui fut ultra-moderne vers 1920 et "La Strada", plaisante voiturette remorqué par un anon paisible, on voit que l'imagination n'avait pas fait défaut aux organisateurs.

La Saint Antonin des 4 et 5 septembre 1960 à Hautot-sur-Seine
La Saint Antonin des 4 et 5 septembre 1960 à Hautot-sur-Seine
La Saint Antonin des 4 et 5 septembre 1960 à Hautot-sur-Seine
L'ASTRADA plaisante voiturette remorquée par un anon paisible

L'ASTRADA plaisante voiturette remorquée par un anon paisible

La Saint Antonin des 4 et 5 septembre 1960 à Hautot-sur-Seine
La Saint Antonin des 4 et 5 septembre 1960 à Hautot-sur-Seine
La Saint Antonin des 4 et 5 septembre 1960 à Hautot-sur-Seine
La Saint Antonin des 4 et 5 septembre 1960 à Hautot-sur-Seine
La Saint Antonin des 4 et 5 septembre 1960 à Hautot-sur-Seine
La Saint Antonin des 4 et 5 septembre 1960 à Hautot-sur-Seine
La Saint Antonin des 4 et 5 septembre 1960 à Hautot-sur-Seine
La Saint Antonin des 4 et 5 septembre 1960 à Hautot-sur-Seine

Le lundi, c'était au tour des home-trainers de "Paris Normandie" d'attirer la foule enfantine. Avec son habituelle verve, Michel Lebranchu arbitrait le débat qui, sous les rires et les applaudissements, réunit plusieurs dizaines de fillettes et garçonnets. 

Partager cet article
Repost0
20 juillet 1990 5 20 /07 /juillet /1990 05:03

Il se dit que l’école d’Hautot-sur-Seine est à l’origine du plan IPT (L’INFORMATIQUE POUR TOUS) présenté à la presse, le vendredi 25 Janvier 1985, par M. Laurent Fabius, Premier Ministre.

Les distingués pédagogues d’Hautot-sur-Seine

Le Monde du 11 septembre 1984 : De notre envoyé spécial, à Rouen, Nicolas Beau

APRÈS LES DÉCLARATIONS DE M. FABIUS

Pédagogues distingués

Si à la télévision, mercredi, le premier ministre a pu citer en exemple un couple d'instituteurs saisis par l'informatique, il le doit à son activité de député de Seine-Maritime. Il avait eu en effet connaissance de cette expérience pédagogique exemplaire en janvier 1984 en se rendant pour la seconde fois en quelques mois à Hautot-sur-Seine, une commune de 280 habitants, près de Rouen, à l'occasion de l'inauguration d'une école. C'est là qu'il rencontra Jacques-André Alligier et sa femme Marie-José et, au fond de la salle de classe, entre les cartes et le lavabo, leur enfant chéri, l'ordinateur.

" Il a été emballé ", affirme l'institutrice et M. Laurent Fabius, qu'on dit froid et réservé à Paris, est perçu tout différemment dans sa circonscription. " Oui, c'est bien, vas-y ", disait-il aux gamins devant l'ordinateur, avec de grands gestes, raconte Mme Alligier. " Il a même fait le signe de la victoire. " Et M. Alligier de renchérir : " Ce n'est pas, lui, un ancien combattant, mais un homme jeune. Les hommes politiques compétents sont rares, mais lui, il inspire confiance. Il est efficace "

Voilà un instituteur de quarante ans à qui, apparemment, le gouvernement de M. Fabius et particulièrement le ministre de l'éducation nationale ont redonné espoir. " Je suis, comme M. Chevènement, pour l'effort, dit-il. Il va secouer les enseignants puisqu'il est un peu moins mou que le précédent. " M. Alligier, quant à lui, n'est pas un tiède. Pas un homme à perdre du temps à militer au Syndicat national des instituteurs : " Ce syndicat n'est vraiment pas très nerveux. "

Rien ne parait échapper à sa boulimie. Animateur de centre de vacances et secrétaire de mairie, il trouve le temps de cultiver un grand jardin potager, de jouer de la guitare... " Et je ne suis pas le seul, dit-il. On ignore les merveilles que recèle l'éducation nationale. "

Restent les nuits pour l'informatique découverte il y a un an grâce au milieu associatif qui, seul, d'après lui, pallie les défaillances de l'éducation nationale. " Rendez-vous compte, dit-il, il y a huit mille cinq cents instituteurs en Seine-Maritime. Or un seul stage d'informatique était organisé l'année dernière avec dix-huit places. J'avais le numéro 19. " Il fut donc condamné à être autodidacte. Dix-huit heures seulement de formation, grâce aux Francs et Franches camarades, 10 000 F de dépenses pour le matériel de base. Et vogue le basic sous les yeux éblouis des chers petits de la vallée de la Seine. Désormais, ils sont une dizaine de maîtres à mettre en commun, chaque mercredi, leurs expériences. Une petite bibliothèque informatique est même née. M. Alligier a déjà réalisé une dizaine de programmes auxquels il attribue des vertus pédagogiques : l'apprentissage - les mots s'effaçant au fur et à mesure d'une lecture rapide, - l'éclatement de la classe en plusieurs ateliers et la possibilité de pédagogie différenciée selon les niveaux.

Et les élèves ? Sont-ils aussi ravis que les maîtres ?

" C’est bien, l’ordinateur, dit un des dix-sept enfants de la classe de Mme Alligier, car il y a plein de jeux. " Gêne de la maitresse devant tant de franchise, qui lui rappelle combien il avait pris plaisir à apprendre le pluriel des noms, les tables de multiplication devant la console. " C’est vrai, c’est vrai " concède l’élève. Cela marchait-il mieux pour autant ? " Pas toujours ", répond le gamin avec une moue. On est rassuré. Les enfants de l’avenir auront la même peine que ceux du passé à apprendre l’orthographe.

Ils auront eu sous les yeux, pourtnt, un bel exemple de foi dans le progrès. A peine la commune avait-elle remboursé leur ordinateur à ce couple d’instituteurs qu’ils ont acheté, sur leurs deniers, une nouvelle machine, une imprimante. " Je croyait que mon ordinateur était le matériel de l’avenir, affirme M. Alligier. Mais ce clavier est seulement l’outil d’aujourd’hui. Demain, on parlera directement à la machine, et encore avec une voix synthétique. " Le premier ministre ne serait-il pas dépassé dans son propre fief et sur son propre terrain par ces hussards de la modernité.

Lors du Conseil Municipal d’Hautot-sur-Seine du 5 octobre 1984 les époux ALLIGIER sont félicités pour leur passage télévisé à propos du travail sur ordinateur.

En 1985, sous l’impulsion du premier ministre Laurent Fabius, le gouvernement français lance le plan Informatique Pour Tous (IPT). L’objectif était d’initier les enfants et leurs professeurs à l’informatique en implantant dans les écoles des ordinateurs de la marque Thomson. Au 14 juillet 1985, 20 000 établissements avaient déjà reçu les matériels, 68 000 enseignants avaient participé aux stages de formation, 2 000 ateliers fonctionnaient. Si le projet est ambitieux, il n’en est pas moins un échec. En effet la société française Thomson était en grande difficulté et les machines qu’elle proposait (TO7 et MO5) étaient obsolètes face aux Apple II de Macintosh. Par ailleurs, les enseignants n’étaient pas suffisamment formés pour guider pas à pas leurs élèves dans la maîtrise de l’outil informatique.

Dans leur livre « Arsenic et jeunes cervelles », paru en 1987,  Marie-Claude Bartholyet  Jean-Pierre Despin cite le reportage fait à Hautot-sur-Seine près de Rouen : « C’est bien l’ordinateur, dit un des 17 enfants de la classe de Mme Alligier, car il y  plein de jeux. » Gêne de la maîtresse devant tant de franchise qui lui rappelle combien il avait pris plaisir à apprendre le pluriel des noms, les tables de multiplication. « C’est vrai, c’est vrai », concède l’élève. » Sont-ils obstinés, tout de même ces enfant, à ne voir que jeux là où ils auraient dû voir apprentissage par le jeu.

Partager cet article
Repost0
26 septembre 1989 2 26 /09 /septembre /1989 02:23

Avant 1940, les écoliers d'Hautot sur Seine devaient aller à Sahurs pour se rendre aux écoles publiques de filles et de garçons ou à l'école privée de fille située près de l'actuelle allée du Canada. La commune d'Hautot sur Seine contribuait aux frais de fonctionnement. Les cartes postales anciennes représentent des enfants des deux communes Sahurs et Hautot sur Seine.

Les écoliers d'Hautot sur Seine vers 1911
Les écoliers d'Hautot sur Seine vers 1911
Les écoliers d'Hautot sur Seine vers 1911

Journal de Rouen du 21 juillet 1925 : Don

M. Louis Lesueur, délégué cantonal demeurant à Hautot-sur-Seine, nouvellement promu officier d’académie, a, à l’occasion de cette promotion, remis à l’instituteur des communes de Sahurs et d’Hautot-sur-Seine, la somme de 50 francs pour achat de matériel d’enseignement scientifique.

le groupe scolaire de Sahurs à la fin des années 50

le groupe scolaire de Sahurs à la fin des années 50

Journal de Rouen du 17 février 1922 : Collecte

SAHURS et HAUTOT-SUR-SEINE - Une collecte faite dans ces deux communes par les élèves des écoles, en faveur des pupilles de l’école publique, a produit la somme de 250 francs.

Les écoliers d'Hautot sur Seine vers 1911

Bulletin des congrégations du 23 août 1903 :

Le 15 août, une touchante cérémonie réunissait à l’école communale de filles les habitants et la plupart des conseillers municipaux de Sahurs et d’Hautot, à l’occasion du départ de la sœur Marie-Exupère. Discours de M. le curé de Sahurs, MM. Les maires des deux communes, le marquis de Bonneval, propriétaire de l’immeuble. Puis les enfants lui ont remis un christ en bronze et une médaille commémorative produit d’une souscription.

Le 20 août 1903, l’école communale de Sahurs, tenue par les sœurs de Saint-Aubin, cesse d’exister, et M. le marquis de Bonneval, propriétaire de l’immeuble reprend possession des locaux, songeant à y établir une école libre. Pour arriver à ce résultat, il s’entend avec le comité des écoles libres, dont le siège est à Paris et par l’entremise de celui-ci, il engage Melle Billot, comme institutrice et Melle Mouton, comme auxiliaire ; la première aux appointements de 1 800 fr. par an, avec droit au logement et au chauffage. L’école est ouverte le 30 septembre 1903. (Journal de Rouen des 1et 8 juillet 1904) 

Les écoliers d'Hautot sur Seine vers 1911
Les écoliers d'Hautot sur Seine vers 1911
Les écoliers d'Hautot sur Seine vers 1911
Partager cet article
Repost0
13 mars 1981 5 13 /03 /mars /1981 04:46
Travaux publics à Hautot sur Seine
Travaux publics à Hautot sur Seine
Travaux publics à Hautot sur Seine
Travaux publics à Hautot sur Seine
Travaux publics à Hautot sur Seine
Travaux publics à Hautot sur Seine
Partager cet article
Repost0