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25 août 2023 5 25 /08 /août /2023 05:59

Cet article reprend les recherches de Patrick SOREL (1947-2022) aux archives départementales.

 

Annonce de la Commission départementale des Antiquités 76 du 09/12/2022 :

C’est avec grand regret que la Commission départementale des Antiquités 76 vous annonce le décès d'un de ses membres, M. Patrick Sorel. Retraité du Département de la Seine-Maritime, il a travaillé au château-musée de Martainville, à la grande époque de son directeur, M. Lavallée et au musée Victor Hugo de Villequier. Originaire de Duclair, il était passionné de l’histoire de son village et de la vallée de Seine. C'était un homme d’une grande culture, capable de deviser de théologie, de mobilier normand ou de molinologie. Quelqu’un d’humain et de bienveillant qui manquera à ceux qui l’ont côtoyé. La prochaine tournée sera bien différente sans les explications à bâton rompu dont il nous faisait profiter. Il ne sera plus là pour nous parler des moulins qu’il connaissait si bien, ni dans la salle des Archives départementales, disponible pour lire et traduire un bout de latin médiéval ou aider ceux qui venaient le solliciter. Bon voyage M. Sorel.

Le moulin du Temple du Val-de-la-Haye enclavé à Hautot-sur-Seine

La Commanderie de Sainte-Vaubourg, de l’ordre des Hospitaliers, détient un moulin à vent sur pivot, nommé le Moulin du Temple. Il est situé au « triége des Fiefs du Temple » assis en la paroisse de Sahurs où l’on trouve la Motte du Moulin.

Ce triége (1) du Moulin du Temple, fait partie de la paroisse Saint-Jean du Val de la Haye. Il en est du même du hameau du Rouage. Le moulin du Temple est aussi appelé moulin du Val de la Haye ou moulin de Soquence. Il est enclavé dans la paroisse Saint-Antonin d’Hautot-sur-Seine. En 1812-1813 le triége du Moulin du Temple est intégré à la commune d’Hautot-sur-Seine lors de la publication du cadastre.

(1) Triage ou lieu-dit, dont triége est une forme provinciale.

En 1497 du moulin du Temple, seule subsiste la motte sur laquelle il avait été bâti.

Estampe du Moulin de Soquence près d’Hautot de la bibliothèque nationale de France

Le moulin sur pivot, est construit sur une motte et proche de la maison du meunier. Il ne semble pas pouvoir être daté du XVIIe siècle, mais plutôt entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle, en plus avec le nom de Soquence est tardif. Patrick Sorel 06/04/2022​​​​​​

La commande de la reconstruction du moulin date de 1514

 

Le 14/06/1514, F°24 v°-25 r°... 24°. Lettres du garde de la prévôté de Paris, portant bail a fieffe d’héritage, fait par frère Robert Daché, chevalier de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem, commandeur de la commanderie de Sainte Vaubourg près Rouen, à Pierre Duboc meunier demeurant à Moulineaux, d’une pièce de terre contenant demie acre, assise au terroir et seigneurie de ladite commanderie de Sainte Vaubourg, sur les fiefs et seigneuries dudit lieu, ou il y a eu de toute ancienneté, un moulin à vent dépendant de ladite commanderie et outre moyennant 4 livres tournois de rente par an à Noël, et à la charge par ledit preneur, d’y faire construire un moulin à vent à bled à ses dépens et d’y moudre franchement audit moulin les grains dudit seigneur bailleur et de ses serviteurs de ladite maison de Sainte Vaubourg, les premiers avant tous autres.

 

Le 27/02/1534, F°25 r°... 25°. Jugement du lieutenant de monsieur le Bailly de Rouen, rendu entre frère Estienne de Vieupont (1), chevalier commandeur de Sainte Vaubourg d’une part, et Guillot Dubosc, meunier du Moulin du Temple, appartenant à ladite commanderie, par lequel il est dit et ordonné, que ledit moulin sera vu et visité le mardi alors prochain, par gens à ce connaissant, pour voir et examiner les réparations, qui étaient à y faire, pour ensuite être ordonné ce que de raison à la huitaine. Le 02/03/1534, F°25 v°... 26°. Rapport de visite faite en conséquence du jugement ci-dessus par plusieurs meuniers, à la requête dudit seigneur commandeur de Sainte Vaubourg, du moulin à vent dudit lieu, nommé le Moulin du Temple, et des réparations, qui y étaient à y faire, y contenues. Le 06/03/1534, F°25 v°... 28°. Acte passé en jugement devant le Bailly de Rouen, par lequel Mathieu Allaire, Pierre Barjolle, meuniers de la paroisse de Sahurs, auraient affirmé devant lui, en présence de Guillot Dubosc, meunier du Moulin du Temple, que le rapport de visite dudit moulin était véritable et signé d’eux. Le 06/03/1534, F°25 v°-26 r°... 29°. Acte passé par lequel Pierre Senat et Guillaume Gosse charpentiers que le rapport de visite dudit moulin était véritable et signé d’eux.

(1) Etienne de Vieuxpont commandeur de Sainte-Vaubourg d’environ 1528 à environ 1558

 

Le 12/06/1550, F°26 r°... 30°. Extrait des registres du Grand prieuré de France, contenant un décret du chapitre d’iceluy, rendu sur requête présentée par monsieur le commandeur de Sainte Vaubourg, touchant le bail du moulin à vent, dépendant de ladite commanderie, appelé le Moulin du Temple, qui avait été fait à titre de fief par frère Robert Daché chevalier, jadis commandeur de Sainte Vaubourg, par lequel il est ordonné, que ledit bail sera apporté et vu audit chapitre.

 

Le 20/09/1568, F°26 r°-v°... 31°. Copie non signée du bail à fieffe et à rente d’héritage, fait par demoiselle Barbe de Maronnier, veuve de Christophe Le Cacheur, seigneur de Bellegarde, tutrice des enfants mineurs dudit défunt et d’elle demeurant en la paroisse de Saint Pierre de Manneville, à Jacques Bourel, meunier demeurant en la paroisse de Saint Martin de Cléon, d’un moulin à vent, vulgairement appelé le Moulin du Temple, avec les maison et terres labourables en dépendantes, pour en jouir par ledit preneur et ses ayants cause à toujours, moyennant la somme de 16 livres tournois de rente foncière par an, à 2 termes, savoir Pasques et Saint Michel, et 100 livres tournois, une fois payées à ladite veuve, et à la charge des rentes tant seigneuriales que foncières, savoir de 4 livres tournois par chacun an envers la commanderie de Sainte Vaubourg. Bail passé devant tabellions royaux, vicomté de Pont-Authou.

Détail du plan de la forêt de Roumare de 1665

Le 31/07/1598, Aveu fourni à frère Charles de Gaillarbois, chevalier de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem, commandeur de Sainte Vaubourg sur Seine, par Loüis Fergeol, écuyer verdier de la forêt de Roumare, par lequel il reconnait de tenir de ladite commanderie de Sainte Vaubourg, sous l’ainesse appelée le Moulin du Temple, c’est à savoir, un moulin à vent, appelé, comme dit est, le Moulin du Temple. Ledit moulin acquis par ledit avouant de demoiselle Barbe de Maronnier, veuve de Christophe Le Cacheur, écuyer sieur de Bellegarde. (F°50 r°. Sainte Vaubourg. Sixième liasse)

 

En 1636, Jehan Leboeuf meunier, fils Jehan, représentant Mr Louis Fergeol, verdier de la forêt de Roumare, tient demi-acre de terre en labour et jardin, appelée la Motte du Moulin du Temple, avec le moulin à vent dudit lieu et maisons à demeurer dessus, étant assis en la paroisse de Saint Jehan du Val de La Haie, au dit triége des Fiefs du Temple… A cause de laquelle motte et droit de moulin, est deux de rente seigneuriale chacun an à ladite commanderie, par ledit Leboeuf, au terme de Saint Michel, 4 livres, avec les droits de dégrainer et moutte franche, tant pour monsieur le commandeur, que pour ses fermiers et receveurs de sa dite commanderie. AD76. 102 HP 4. F°81 v°-82 r°.

 

Le 07/05/1643, Aveu fourni à frère Loüis Bauldry Piancourt (1) chevalier de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem, commandeur de Sainte Vaubourg, par Jean Leboeuf, meunier demeurant en la paroisse de Saint Jean du Val de La Haye, d’une demi-acre de terre, sur laquelle est assis un moulin à vent, qui fut ci devant à ladite commanderie, appelé anciennement le Moulin du Temple, situé au triége des Fiefs du Temple. A cause duquel moulin, il déclare, qu’il doit par chacun an à ladite commanderie, au jour de Saint Michel, 4 livres tournois. Plus qu’il doit la mouture franche des grains dudit seigneur.  AD76. 102 HP 1.

(1) Louis de Bauldry de Piancourt commandeur de Sainte Vaubourg de 1643 à 1644

 

En 1671-1672, le moulin à vent. Louis et Jacques Lebeuf, héritiers de Jean Lebeuf, représentant par fieffe Mr Fergeol écuyer, tiennent demi-acre de terre, où est assis le moulin, une maison dessus étant, le tout sur ladite demi-acre, appelée la Motte du Temple, size en ladite paroisse du Val de La Haye. A cause de laquelle motte et maison et droit de moulin, est dû de rente seigneuriale par an, à ladite commanderie, au terme Saint Michel 4 livres, avec le droit de graine, moutte franche ». AD76. 102 HP 5. P.74-75.

Le moulin du Temple du Val-de-la-Haye enclavé à Hautot-sur-Seine

Détail du plan des environs de Rouen de 1716

Aveu rendu à la commanderie de Sainte Vaubourg, le 27/07/1728, par messire Jean-Baptiste Fergeol, chevalier seigneur de Villers, de deux pièces de terre, sise au Val de La Haye, sur l’une desquelles était le moulin à vent et maison : Le sieur de Villers, au lieu d’Alphonse Lebeuf, a droit de fieffe du sieur Fergeol de Villers, 3 acres 1 vergée ½, doit par an 18 sols, plus pour le droit du Moulin de la Commanderie, 4 livres 18 sols. Ledit sieur, qui avait fieffé audit Lebeuf, ayant repris la possession, a donné aveu du tout le 29/06/1728.

La carte de Cassini qui date d’environ 1750 n’indique que deux moulins dans la zone sud de la boucle de Roumare, celui du Temple à Hautot-sur-Seine et celui de Sahurs.

ARRET DU 3 MARS 1761

 

Le 03 mars 1761, Arrêt, qui autorise l’adjudication par une rente en avoine. Moulin au Val de La Haye. Louis par la grâce de Dieu Roi de France et de Navarre, au premier des huissiers de notre cour de parlement.

Savoir faisons, que ce jourd’hui, sur la requête présentée à votre cour, par religieux seigneur, frère Charles Casimir de Rogrès de Champignelle (1), chevalier profés (2) de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem, commandeur de la commanderie de Sainte Vaubourg sur Seine, au Grand Prieuré de France, expositive, que du nombre du domaine fieffé en la commanderie de Sainte Vaubourg, en la paroisse du Val de La Haye, était un moulin à vent et environ trois acres de terre en deux pièces, dont il était dû à ladite commanderie, de rentes seigneuriales, 4 livres 10 sols, avec droits de graines et de franche moutte (3), tant pour le commandeur, que pour les fermiers et receveur de la commanderie ; le sieur Fergeolles de Villers (4), propriétaire dudit moulin et des dites pièces de terre, ayant négligé de réparer le moulin, de manière, qu’il ne tournait plus et que l’exposant ni ses fermiers et receveurs ne pouvaient jouir de leur droit de franche moutte. L’exposant prit le parti, de faire signifier audit sieur Fergeolle de Villers, le 17/10/1758, copie de l’aveu rendu à ladite commanderie, en l’année 1728, avec assignation pour le faire condamner à remettre ledit moulin en bon et dû état, pour profiter du droit de franche moutte, appartenant à ladite commanderie. Sur cette assignation, ledit sieur Fergeolle de Villers fit signifier ses défenses le 27/10/1758, et déclara, qu’il faisait le déguerpissement et délaissement et abandon de tous lesdits fonds mentionnés audit aveu de 1728. En conséquence, sentence fut rendue le 31/10/1758, par le sénéchal de la commanderie, qui accorda acte au sieur de Villers de son déguerpissement et déclara lesdits fonds remis et incorporés au domaine non fieffé de la commanderie. Le sieur commandeur, envoyé en possession, propriété et jouissance d’iceux, cette sentence signifiée audit sieur de Villers, le 09/07/1760, avec prise de possession des fonds pour le sieur commandeur, l’exposant présenta ses requêtes à son sénéchal, pour aux termes de l’édit de 1749, faire procéder à la vente et adjudication dudit moulin et terres déguerpies et réunies, aux charges de faire et continuer à ladite commanderie, les rentes mentionnées audit aveu de 1728 ne s’étant trouvé aucun enchérisseur.

(1) Charles Casimir de Rogrès de Champignelle de Lusignan (1709-1781), Lieutenant général des armées du roi, commandeur de 1757 à 1768.

(2) Profès : qui a prononcé ses vœux dans un ordre religieux.

(3) Moutte : En parler normand, mouture, et aussi la farine qui en provient.

(4) Pierre-Denis FERGEOL, appelé le Marquis de Villers, Brigadier des Armées du Roi, & Capitaine au Régiment des Gardes Françoises. II a d'abord servi dans la Marine, a fait les campagnes du Canada, de Saint-Domingue et de Mississipi, & est entré dans le " Régiment des Gardes en 1736, où il a obtenu l’agrément d'une Compagnie en 1760. II a vendu, en 1753, sa Terre de Villers, qui était depuis deux siècles dans sa famille, et reste seul de son nom. Né à Rouen en 1714, il décède le 19/12/1803 à Chaudon à l'âge de 89 ans.

Sentence d’adjudication le 03/04/1762, au nommé Jean Baptiste LEQUESNE meunier demeurant en la paroisse du Petit Couronne, la quantité de 160 boisseaux d’avoine ou la somme de 159 livres 10 sols, et en outre celle de 20 livres pour les rentes seigneuriales, le tout pour 5 années.

 

Le 17/09/1771 reçu 9 années 44 livres 2 sols. 1771.

Le 30/06/1775 reçu 4 années 19 livres 12 sols. 1775.

Le 31/05/1777 reçu 2 années 9 livres 16 sols. 1777.

Du 15/07/1789 reçu du sieur QUESNE les arrérages échues du 30 avril dernier.

Le 05/06/1792 reçu 2 années de 11 livres 12 sols. Ci échue au 01/05/1792. 11 livres 12 sols

Les 18/09/1809 et 20/09/1809, l’enquête des moulins à blé enregistre les réponses des communes d’Hautot-sur Seine, qui n’a aucun moulin, précisant l’existence du « Moulin du Temple au Val-de-La-Haye » et de la commune du Val-de-La-Haye, qui répond : « Nous n’en avons qu’un et qui la plupart du temps ne travaille pas, faute de matière et de vent et ne puis vous marquer au juste son exploitation ». En 1809, ce moulin à vent produit 200 kilos de farine par jour. (AD76. 6 M 1320)

L’INCENDIE DU 22 FEVRIER 1813

 

Ce jourd’hui vingt-deux février mil huit cent treize, Adrien DUMENIL adjoint de Monsieur le Maire de la commune de Hautot sur Seine arrondissement de Rouen département de la Seine Inférieure, sur les huit heure du matin au bruit du feu, je me suis transporté sur le triége du Moulin du Temple situé sur la commune du Val de la Haye enclavé dans celle de Hautot ou j’ai trouvé la maison y attenant aux corps du bâtiments ou demeurait le Sieur Emmanuel BAUDRY fermier du dit moulin appartenant à Monsieur LEZURIER DE LA MARTEL où j’ai trouvé tout le corps du bâtiment enflammé par le feu sans qu’il ait été possible de l’éteindre malgré une multitude de peuple qui s’y sont porté pour donner du secours.

Pour absence de Mr le Maire du Val de la Haye j’ai prix des informations pour savoir et découvrir comment le feu avait pris à ce bâtiment. Ledit BAUDRY nous ayant déclaré qu’il n’y avait eu nullement de feu à la cheminée dans la nuit et même qu’il n’y en avait pas été fait. Du jour, ce qui a été affirmé par le Sieur Pierre PERDRIX pasteur chez LEGUILLON voisin du dit moulin qui sans l’instant sortait de chez le dit Sieur BAUDRY et pour Julie DURAME femme DELANOS aussi voisine qui était, lorsque le feu a pris et leur déclaration porte que tout ce qu’ils se sont aperçu est que la flambée a commencée à sortir par le derrière en face d’une croisée au proche de la cheminée auquel y avait autour de cheminée un tas de foin et une charpente du bois très ancien enclavé contre la dite cheminée auquel on pourrait présumer vu feu gardé de pair quelque temps c'est-à-dire quelques heures, quoique cependant la cheminée étant construite dans son bas en maçonnerie et par le haut en brique, après tout les informations prises, je n’ai trouvé aucune preuve de la cause du feu.

Cependant, en outre ledit Sieur Emmanuel BAUDRY et sa femme fermière du dit moulin ont déclaré qu’ils avaient été menacés du feu par le Sieur Charles LEQUÊNE ancien propriétaire du dit moulin, et même par un de ses enfant, en disant que le moulin ne se vendrait pas et qu’ils y mettraient plutôt le feu, mais pourtant en ce moment ils n’avaient aucune connaissance de l’avoir vu dans les environs.

En foi de quoi j’ai rédigé le présent, sur ce qu’il m’a été requis par le Sieur Jacques VILLEROY jardinier de Monsieur LEZURIER DE LA MARTEL pour servir et valoir à ce qu’il appartiendra. A HAUTOT les jours et an tel que dessus. DUMENIL Adjoint

Sur cette gravure de 1817, on aperçoit le moulin dans l'axe de la grille du château, le chemin neuf créé au début du XVIIIème siècle reliant le château au moulin.

(Source de la gravure : famille Michon)

D’environ 1810 à environ 1850 Les meuniers du moulin du Temple sont issus de la famille BAUDRY, des meuniers qui afferment différents moulins en aval de Rouen sur les deux rives de la Seine.

Emmanuel Romain Désiré BAUDRY (03/05/1786 - 21/07/1855) est né à Petit-Couronne. Lorsqu’il épouse Françoise-Adelaïde GUILLOT, fille de Louis GUILLOT meunier, à Bosgouet le 26/11/1811, en présence de son frère Louis BAUDRY, de ses beaux-frères PERDRIX & CHOVEAUX meuniers de Sahurs, Oissel et Grand-Couronne, il est domicilié au Val de la Haye. Il décède à Grand-Couronne en 1855.

Amand BAUDRY (5 pluviôse an V - 05/04/1864) est le meunier d’Hautot-sur-Seine aux recensements de 1836 et 1841. Il décède à Grand-Couronne en 1864.

 

Louis-Frédéric AMOURET (05/04/1804 - 10/04/1864) est le meunier au recensement de 1851. Son père est meunier à Buchy. A son décès à Saint-Paër, il est garde moulin.

 

Médéric-Casimir TURGIS (18/09/1827 - 06/02/1910) est le dernier meunier habitant avec sa famille au lieu-dit du moulin du Temple aux recensements de 1861 et 1866. Par suite il devient fermier. En 1962 sa pierre tombale est toujours visible au cimetière de la plaine.

Tableau de Narcisse BERCHERE ami de Flaubert et du conseiller BATAILLE de 1872

Les ailes sont complètes et encore équipées des voiles. La cage du moulin semble être en mauvais état.

Vue de Soquence par Fraipont en 1890 (les environs de Rouen)

Le moulin du Temple du Val-de-la-Haye enclavé à Hautot-sur-Seine

Photographie du Moulin du Temple à Hautot-sur-Seine de 1895

Le moulin du Temple du Val-de-la-Haye enclavé à Hautot-sur-Seine

Photographie de Fernande Obselin prise dans les années 70 après la construction du nouveau moulin du Temple édifié à proximité de l'emplacement du moulin disparu. La vue est prise dos à la forêt de Roumare en direction des Essarts.

Le moulin du Temple du Val-de-la-Haye enclavé à Hautot-sur-Seine

« Espaces atypiques » : le nouveau Moulin du Temple de 2022

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1 juin 2023 4 01 /06 /juin /2023 06:28

L’Aglaé de Soquence est un brigantin de 126 tonneaux construit en 1785 à Honfleur.

Il porte le nom d’Aglaé de Grouchet de Soquence baptisée à Sahurs le 22 mai 1776. Elle est la fille du dernier Marquis de Soquence. Son grand père maternel et parrain Claude-Christophe Lorimier de Chamilly est premier valet de chambre du Roi Louis XVI, sa mère est décédée en 1778.

Son capitaine est le hautotais Jean-Baptiste POULARD (1743-1800).

Annonces, affiches et avis divers du 28 décembre 1785 : A VENDRE un huitième d’intérêt au Navire neuf l’Aglaé de Soquence, parti d’Honfleur à la fin de septembre dernier, pour faire son premier voyage & aller à Alicante, où il est bien arrivé, sous le commandement du Capitaine Jean-Baptiste Poullard. S’adresser à M. le Bouvier, rue S. Eloy.

Armement n°115 du 2 septembre 1791 à destination d’Alicante :

Rôle de l’équipage du Brigantin L’Aglaé de Soquence de Rouen construit en 1785 à Honfleur du port de 126 tonneaux, tirant d’eau chargé de 11 pieds & no, chargé de 6 pieds ½, appartenant au Sieur Olivier GRILLE de Rouen, armé à Rouen par le dit Sieur sous le commandement du Sieur Jean Baptiste POULARD pour aller à Alicante avec un mois d’avances, qui doivent courir du jour de la sortie dudit bâtiment.

Source : site des ADSM 6P6_20 pages 501 et suivantes

L’Aglaé de Soquence

L’équipage de septembre 1791 est composé de 9 personnes au départ de Rouen :

 

Jean-Baptiste POULARD d’Hautot-sur-Seine (capitaine). Fils de Pierre POULLARD et d’Anne GOSSELIN mariés à Sahurs en 1725, il est baptisé à Hautot-sur-Seine le 27 janvier 1743. Il épouse à Hautot-sur-Seine le 24 novembre 1767 Anne Elisabeth DUMONTIER, baptisée au Val-de-la Haye le 14 mai 1739. Il est reçu à l’Amirauté de Rouen le 21 mai 1770.

 

Pierre-Edouard POULARD d’Hautot-sur-Seine (2ème capitaine). Fils aîné du capitaine, il est baptisé à Hautot-sur-Seine, le 07 janvier 1772. Lorsqu’il se marie à Hautot-sur-Seine le 1er jour complémentaire an VI avec Marie Clotilde HUREL, il est enseigne entretenu sur les vaisseaux de la République. 3 filles et 1 garçon naissent à Hautot-sur-Seine de l’an VII à l’an XI. En 1808 lorsqu’il déclare le décès de sa mère, il est mentionné comme journalier. Il est Conseiller municipal d’Hautot-sur-Seine de 1813 à 1816. Il figure comme pensionnaire, en tant qu’Enseigne de vaisseau auxiliaire, dans le bulletin des lois du 1er juillet 1838, ayant atteint ses 65 ans. Il est domicilié à Rouen.

 

Louis Pierre Félix POULLARD d’Hautot-sur-Seine (lieutenant). Neveu du capitaine, il est le fils de Pierre POULARD et de Marie GUÉRIN. Il est né le 30 mai 1766 à Hautot-sur-Seine. Il est officier sur les vaisseaux de la République puis capitaine de navire. Le 2 novembre 1793 il devient timonier sur la frégate l’Engageante, puis chef de la timonerie. Cette frégate, la Pomone et le Babet sont capturés par les Anglais le 24 avril 1794 à l‘île de Batz. 

Il y a entre 30 et 40 hommes de tués ou disparus sur l’Engageante. Il revient des prisons anglaises le 21 nivôse an IV. Il épouse à Hautot-sur-Seine le 5 ventôse an V Aimée PETIT-VALLET (18/06/1764 - 03/07/1834). Il est l’adjoint au maire d’Hautot-sur-Seine du 1er décembre 1817 au 6 septembre 1841, c’est lui qui tient l’Etat-Civil. Il décède à Hautot-sur-Seine le 14 mars 1848. Page 227 (7 P 4 _ 7) 

 

Jean-François Jacques MANDRET de Rouen (matelot). Né à Rouen le 16 mai 1769, il sert sur l’Aglaé de Soquence en 1789 et 1791. Il meurt à l’hôpital de Brest le 17 frimaire an III. Page 100 (7 P 4 _ 7) 

 

Rémy-Honoré BIZET du Val-de-la-Haye (matelot). Né à Amfreville-en-Roumois le 17 septembre 1762, il se marie au Val-de-la-Haye le 30 janvier 1787 avec Marie Anne BENOIST. Marin, il décède au Val-de-la-Haye le 7 août 1809. Page 62 (7 P 4 _ 7) 

 

Ambroise NEVEU de Bliquetuit (matelot). Baptisé le 15 juin 1769 à Notre-Dame-de-Bliquetuit, marin, il décède le 19 mai 1838 au bourg de Guerbaville, Il est matelot sur la corvette de la république la Babet prise par les Anglais le 4 floréal an II (24 avril 1794) comme Louis Félix POULARD l’était sur l’Engageante. Page 85 (7 P 4 _ 8) 

 

Michel Adrien POULAIN d’Yville (novice). Il meurt noyé en la rade d’Alicante le 4 septembre 1791.

 

Jean-Pierre MUTEL d’Hautot-sur-Seine (novice). Baptisé le 15 février 1770 au Val-de-la-Haye fils de Pierre MUTEL et de Marie Catherine TRIBOUT mariés à Hautot-sur-Seine 10 novembre 1767. MUTEL est débarqué au Havre le 10/02/1792 et remplacé le 21/02/1792 par Charles Christophe POULARD autre fils du capitaine, qui a également servi sur l’Aglaé de Soquence en 1790.

 

Charles Antoine-Marie POULARD d’Hautot-sur-Seine (mousse). Fils cadet du capitaine, il est né le 7 septembre 1776 à Hautot-sur-Seine. Il est marin sur la Frégate La Junon sous les drapeaux de 1793 à l'An XI. ll se marie le 23 juillet 1822 à Hautot-sur-Seine avec Françoise Félicité FROMAGÉ. Il est Conseiller municipal d’Hautot-sur-Seine de 1844 à 1848. Il est médaillé de Sainte-Hélène et 1857. Il décède le 6 janvier 1860 à Hautot-sur-Seine.

La Campagne d’Egypte (1798-1801)

Le 5 mars 1798, la décision de lancer l'expédition d'Egypte est prise par le Directoire. Le 19 mai 1798 Bonaparte quitte Toulon avec l'armée d'Orient à destination de l'Egypte. L’Escadre d'Orient, commandée par l'amiral François de Brueys est composée de 335 bâtiments dont seulement 55 armés. 38 d’entres eux sont des bombardes. 4 bombardes sont armées : l'Oranger, la Portugaise, l'Hercule et l'Aglaé.

Débarquement de Napoléon en Egypte juillet 1798, Musée de la révolution française

 

Jean-Baptiste POULARD a servi sur la bombarde l’Aglaé du 21 germinal an VI (10/04/1798) au 18 pluviôse an VIII (07/02/1800) soit 21 mois 28 jours en qualité d’enseigne de vaisseau.

Suite à la bataille du Nil (bataille d’Aboukir) du 1er et du 2 août 1798 (14 & 15 thermidor an VI), la bombarde l’Aglaé est signalée dans le Journal de Rouen du 1er décembre 1798 (11 frimaire an VII) comme étant présente dans le vieux port d’Alexandrie.

Jean-Baptiste POULARD a commandé en la même qualité d’enseigne de vaisseau non entretenu le transport L’Aglaé du 1er messidor an VIII (20/06/1800) au 30 vendémiaire an IX (22/10/1800) soit 3 mois 29 jours.

Il est mort à Alexandrie le 30 vendémiaire an IX, provenant du navire de transport l’Aglaé de Soquence armé par l’Etat. Le décès a été déclaré au bureau des classes de la marine de Rouen.

Une nouvelle offensive Anglo-ottomane amène la capitulation du corps expéditionnaire français le 31 août 1801. Menou obtient du général anglais Ralph Abercromby que l'armée française soit rapatriée par les vaisseaux anglais.

Ce qu’est devenue l’Aglaé de Soquence après la mort de Jean-Baptiste Poulard est à trouver.

L’Aglaé de Soquence a-t-il été dépecé pour répondre aux besoins en bois de l'armée d'occupation ? Des coques furent mises à la disposition de l'artillerie de terre et de la division Perrée, d'autres " à l'entreprise des chauffes et des fours ", d'autres encore adressées au service des hôpitaux ou " au génie pour en faire de la chaux et du charbon pour les forges ", et douze bâtiments enfin sont simplement dits " dépecés pour servir de bois à brûler. « Convois pour l’expédition d’Egypte » de Gilbert BUTTI.

Les sirènes du port d'Alexandrie chantent encore la même mélodie

Graffiti d’un voilier figurant sur l’ancienne église du Val-de-la-Haye

La veuve du capitaine Jean-Baptiste POULARD est décédée à Hautot-sur-Seine le 12 septembre 1808, le décès a été déclaré par son fils Pierre Edouard POULARD âgé de 37 ans.

La famille du capitaine Jean-Baptiste POULARD n’a pas de lien de parenté avec la famille des POULLARD maires de Hautot-sur-Seine et de la Feuillie entre 1881 et 1971.

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5 mars 2023 7 05 /03 /mars /2023 07:08

En 1867 est mis en vente à Hautot-sur-Seine une maison de campagne avec ses dépendances. Le mise à prix est de 30 000 Francs.

Annonce parue dans le Constitutionnel du 19 juillet 1867

Annonce parue dans le Journal de Rouen du 9 août 1867

C’est la seule cession de cette maison en 300 ans, la maison de campagne passe de la famille JUIN/TRUGARD à la famille BARRÉ/DEMOMBYNES/GAUDEFROY

La maison de campagne de Madame de Maromme à Hautot-sur-Seine

La maison de campagne de Mme de Maromme en 2020

L’annonce concerne les propriétés d’Alfred LE POULLETIER Comte d’Auffay décédé à Hautot-sur-Seine le 13 novembre 1861, lors d’une visite. Bibliophile distingué, sa collection de livres a été mis en vente en 1863. Il hérite de la maison de campagne de Hautot de Madame de Maromme sa grande tante par alliance.

Il est le père de trois filles : Berthe (1840-1904), Blanche (1843-1923) et Marthe (1852-1910).

La maison de campagne de Madame de Maromme à Hautot-sur-Seine

Généalogie simplifiée de la famille TRUGARD DE MAROMME

 

Acte de décès d’Anne Armande Rosalie LOYER à Hautot-sur-Seine le 28/12/1860 :

Du vingt huit décembre mil huit cent soixante à cinq heures du soir. Acte de décès d’Anne Armande Rosalie LOYER, décédée en cette commune aujourd’hui à huit heures du matin, propriétaire, âgée de quatre vingt sept ans, née à Vire (Calvados) le dix huit décembre mil sept cent soixante treize, demeurant à Rouen rue Beauvoisine 62, les noms de ses père et mère inconnus, veuve de Jean Claude Trugard de Maromme. Constaté suivant la loi par nous Maire, officier public de l’Etat civil de la commune de hautot sur seine, sur la déclaration des sieurs Jean Pierre Athanase HAMETTE âgé de soixante trois ans jardinier et Frédéric QUESTELLE, âgé de trente deux ans jardinier, voisins de la défunte et demeurant en cette commune auquel acte fait double en leur présence, ils ont signé avec nous après lecture faite.

Journal de Rouen du 30/12/1860 : Inhumation

La famille de Mme TRUGARD, de Maromme, prie les personnes de sa connaissance qui, par erreur ou omission, n’auraient pas reçu de lettre de faire part de son décès, de vouloir bien se considérer comme invitées à assister à son inhumation, qui aura lieu demain lundi, à onze heures du matin, en l’église Saint Ouen. On se réunira au domicile mortuaire, rue Beauvoine, n°62.

Madame de Maromme reste connue de nos jours pour sa relation avec Charlotte Corday.

 

Journal de Rouen du 11 février 1910 : Charlotte Corday (extrait)

D’autres liens rattachent Charlotte Corday à Rouen et à la vie rouennaise. Pendant son séjour comme pensionnaire à l’Abbaye-aux-Dames, où étaient élevées quelques jeunes filles de la noblesse pauvre de Normandie, Charlotte Corday se lia avec deux jeunes Rouennaises, Melles Levaillant, dont l’une devait devenir Mme Loyer de Maromme. Femme d’une brillante intelligence, d’un esprit vif et d’une mémoire surprenante, Mme Loyer de Maromme vécut jusqu’à 88 ans, tantôt à Rouen, tantôt à la campagne. Très liée avec Charlotte Corday, qu’elle avait connue intimement, elle a écrit sur elle des souvenirs du plus haut intérêt, que Casimir Périer a publiés en 1862 dans la Revue des Deux-Mondes. Elle avait même conservé une douzaine de lettres de Charlotte Corday, mais sa mère, très effrayée lors de l’arrestation de la jeune fille, les détruisit. Deux de ces lettres de Charlotte Corday ont cependant échappé à cette destruction et sont fort intéressantes, car elles nous apprennent qu’il s’en fallut de bien peu que Charlotte Corday n’abandonnât Caen pour venir se réfugier à Rouen. Etc. etc.

 

 

La revue des deux mondes d’avril 1862 : La jeunesse de Charlotte Corday

Au commencement de l'hiver de 1860 s'est éteinte dans sa quatre vingt-huitième année une parente de ma mère, qui avait conservé jusqu'aux derniers jours de sa vie les dons les plus précieux du cœur et les plus rares facultés de l'esprit. Mme de Maromme, depuis longtemps veuve et sans enfants, vivait fort retirée tantôt à Rouen, tantôt dans une campagne voisine, ne recevant chez elle qu'un petit nombre d'amis. La seule infirmité de son grand âge était une surdité qui ne l'empêchait pas de prendre une part active à la conversation. Elle y apportait une vivacité singulière, une érudition surprenante pour qui n'aurait pas su que, possédant plusieurs langues, elle consacrait à la lecture ses journées presque entières et la plus grande partie de ses nuits. Légitimiste ardente, passionnée jusqu'à perdre, lorsqu'il était question de politique, la liberté de son jugement, sans jamais perdre sa gaîté, elle en était restée à 1788. C'est tout au plus si elle reconnaissait la restauration ; pour elle, la monarchie de 1830 n'avait pas existé. Jamais cependant ses affections privées ne souffrirent du dissentiment qui existait sur ce point entre elle et une partie de sa famille ; jamais un seul mot de ses virulentes sorties ne s'adressa à ceux qui l'aimaient et la respectaient trop pour vouloir la contredire, mais qui ne pouvaient s'empêcher parfois de protester doucement. C'était donc un esprit original, mais charmant, un caractère pétulant et ferme, un cœur dévoué, fidèle et sûr. J'ai passé près d'elle bien des heures de ma jeunesse, et ses récits ont enchanté mon enfance. Plus tard la distance qui nous sépara rendit moins fréquentes des relations qui restèrent toujours affectueuses et douces ; jamais l'année ne s'écoulait sans que je fisse au moins une fois le voyage de R... Un jour que Mme de Maromme venait d'évoquer, comme elle se plaisait à le faire souvent, avec une incroyable sûreté de mémoire, des scènes du siècle passé, elle remit en mes mains un manuscrit où, bien des années auparavant, elle avait fixé le souvenir de ses relations avec Charlotte Corday, me recommandant de publier après elle les pages qu'elle avait consacrées à l'amie de son enfance. Etc. etc. Casimir Périer

 

 

En 1898 l’édition complète de l’extrait des radotages, est paru dans « La Revue hebdomadaire : romans, histoire, voyages. 1898-03 ». Pierre CALMETTES resitue le témoignage de Mme de Maromme : Casimir Périer, à qui ces souvenirs furent confiés pour être publiés (…), ne put se résigner à transcrire en leur improvisation rapide et vibrante les pages de Mme de Maromme. Tout en annonçant qu'il ne s'était pas permis de changer un seul mot, il a si bien travesti le style et supprimé les nombreux passages de récit familier, il a si bien altéré, tronqué, défiguré, que le texte de Mme de Maromme, réduit de plus de moitié et trahi dans sa verve et sa saveur, nous a paru conserver une valeur presque totale d'inédit. Il rappelle par son tour vif et son charme sans apprêt la façon des conteurs du dix-huitième siècle, dont l'art alerte est aujourd'hui perdu.

De son passage à Hautot-sur-Seine il reste une anecdote rapportée par Alain Gaudefroy-Demombynes, son successeur dans la maison de campagne. Mme de Maromme n’étant pas aristocrate, était à Hautot appelée par dérision « La Baronne ».

L’enquête de Fernande OBSELIN :

Il reste les écrits de Madame de Maromme rassemblés dans ses « Radotages ». On y trouve une dizaine de références d’Hautot-sur-Seine aux alentours de 1850. En 1976 suite à un projet de biographie sur Armande LOYER, Fernande OBSELIN qui fait alors office d’historienne locale mène pour les auteurs l’enquête sur toutes ces références à Hautot-sur-Seine.

Mme Fernande Obselin à Hautot-sur-Seine le 17/02/1976 : Chers Monsieur et Madame, Votre lettre du 8 m’est bien parvenue le 10 courant et je vous en remercie beaucoup. Je viens de me passionner pour votre « héroïne », Armande LOYER, épouse Trugard de Maromme ! qui fut Hautotaise !

LE DONJON

FO : Hier soir, j’étais dans la propriété G.D. (ex Barré) essayant de savoir auprès des gardiens quand serait le retour de cette famille : il est probable pour Pâques 77 !! J’ai regardé le domaine : pas vu de trace d’un « donjon ». J’ai remarqué un arbre curieux framboisier ; le fût est tout courbé, tout éclaté, et il a des feuilles magnifiques et donne des fruits (j’ai pu goûter une tardive framboise rouge) ; il faut une échelle pour les cueillir par grande quantité ; il est dit qu’il aurait bien 300 ans. Mme T. de M. l’a-t-elle connu ?

En sortant de la propriété, on descend vers la place de la Mairie, au beau milieu du paysage, on aperçoit le donjon du château Robert le Diable.

C’était avant la reconstitution du château, pendant la guerre de 1870-1871 on s’y est battu.

LA BARQUE A ZACHARIE

FO : Je n’ai jamais entendu cette désignation par ma grand-mère ni mon père.

Après le rétablissement d’un débarcadère à Hautot-sur-Seine en 1845, le passeur (ou passager) se nomme Zacharie LEMIRE (1784-1860) qui figure au recensement de 1851.

LE MARIAGE DU FILS DU JARDINIER

FO : Mme de Maromme dit : « le fils de mon jardinier, épouse une fille de 23 ans qui a été servante chez mon voisin Barré … Au sujet du nom de Amette ou Hamette (…) Le 2 février 1849, on lit : Hamette Jean ; Emile était sans doute le fis de ce Jean ? pour lequel, à son mariage, « un violon violonnait dans la cour de la ferme ».

Il s’agit du mariage célébré le 6 septembre 1851 entre Emile HAMETTE (né à Hautot-sur-Seine le 11/07/1830, fils de Jean Pierre Athanase HAMETTE jardinier) et Albertine TAUPIN (02/04/1829 - 31/03/1884). Les époux s’installent à Mantes-la-Ville où Emile est employé au chemin de fer de l'Ouest, où naissent leurs trois enfants.

MON VOISIN BARRÉ

Lors du recensement de 1851 à Hautot-sur-Seine, Pascal Barré, propriétaire vivant de son revenu, âgé de 78 ans, vit avec sa femme Désirée Gaillon âgée de 68 ans et une domestique. Il est médaillé de Sainte-Hélène en 1857. Il a fait la campagne d’Egypte. Il décède le 09/04/1859 en son domicile rue Socrate à Rouen. Une annonce parue dans le Journal de Rouen du 18 mars 1823 décrit une maison lui appartenant à Hautot :

A louer présentement un JARDIN et une MAISON nouvellement réédifiée et décorée, situés à Hautot-sur-Seine, entre le Val-de-la-Haie et Sahurs. La Maison est composée, au rez-de-chaussée, d’un caveau, d’une cuisine et d’une salle, le tout de plain-pied ; dans la salle sont un alcôve et des armoires, et dessous une belle cave. Au premier étage, trois chambres, dont une à feu, avec quatre cabinets, dont un de toilette. Au second, un grenier. Le Jardin, entouré de murs, a 70 pieds de large sur 116 pieds de long ; il est garni d’espaliers, contre-espaliers, quenouilles et arbres à haut vent, de bon rapport ; à l’extrémité duquel il existe un cabinet d’aisance et un puits qui donne de très-bonne eau. On peut s’y rendre tous les jours par le bateau de Bouille, en débarquant au passage de la ci-devant Commanderie ; outre cela, il y a un bateau du pays qui part quatre fois par semaine. S’adresser, pour voir le tout et en traiter, à M. Pascal BARRÉ, audit Hautot. 

LE COLONEL DE BOURBEL

FO : « Un de ses voisins, le colonel de Bourbel » ; voilà qui ajoute à la noblesse de petit village … et serait un moyen de repère pour fixer exactement la demeure de Mme de Maromme MAIS pour l’un et l’autre, il fait l’aide des occupants actuels de ces demeures.

Louis Auguste de Bourbel de Montpinçon est un colonel français, médaillé de Sainte Hélène et vétéran de la campagne d’Egypte. Né le 27 décembre 1774 à Dieppe, célibataire, son décès à Rouen le 8 février 1858 est déclaré par Henri Arnois de Captot (1817-1886) cousin du défunt et petit neveu de Mme Trugard de Maromme. Il s’agit d’un familier. Sa tombe se trouve au Cimetière Monumental de Rouen.

AUTRES

Fernande Obselin cite également le Comte de Bailleul décédé en 1848 et Pierre de Séréville ainsi que « l’auberge de la Poule » et le « débarcadère » des bateaux.

LA FAMILLE JUIN/TRUGARD DE MAROMME A HAUTOT-SUR-SEINE

Une biographie de Madame Loyer de Maromme est parue dans la revue « Des chercheurs et curieux » du 28 février 1913. Elle se base sur les archives de la Ville de Rouen. On y trouve mention, en 1794, des biens de son époux à Hautot-sur-Seine.

Regards d’octobre 2017 : La chapelle des Farceaux à Hautot-sur-Seine

(…) Attenant au bâtiment principal, un petit bâtiment, avec des soubassements en silex, des murs en torchis recouverts d’un enduit peint en ocre, des fenêtres en style gothique flamboyant, une porte entourée de baies de même style et portant une ferrure représentant 2 fleurs de lys au-dessus et 3 glands au-dessous : la chapelle que tout château se devait d’avoir à proximité. Le toit malheureusement n’est pas d’origine ; il fut détruit par une grosse branche d’arbre il y a une cinquantaine d’années. Ce petit bâtiment a été restauré et sert pour le moment d’atelier, avec un grand établi, rempli d’outils. Les recherches sur le domaine n’ont pas encore permis de savoir à qui a été dédiée la chapelle. Hubert FINOT

Chapelle des Farceaux : oratoire est le terme le plus approprié pour un petit édifice consacré à la prière personnelle.

2 fleurs de lys au-dessus et 3 glands au-dessous : possibles armoiries du seigneur de Maromme.

Son époux Jean-Claude Trugard de Maromme (fils) meurt à Rouen, à son domicilie du 62 rue Beauvoisine, le 30 novembre 1840 à l’âge de 75 ans. Son décès est déclaré par MM. Arnois de Captot, ses petits-neveux. C’est à Hautot-sur-Seine, que, peu après la mort de son mari, elle écrivit au moins en partie, les Radotages. Veuve, elle reçoit beaucoup, écrit des romans et laisse une correspondance qui mériterait d’être publiée. En 1842 c’est l’auteur dans la revue « L’Artiste » de trois articles sur Félicie de Fauveau, petite-fille de Madame de la Pierre, châtelaine d’Hautot-sur-Seine.

C’est probablement après la vente de 1820 que la maison d’Hautot-sur-Seine a fait l’objet d’aménagements de style « troubadour » par la création de portes et de nouvelles fenêtres à l’étage avec un entourage en pierre « jaune ». Le style troubadour est un mouvement artistique émergeant sous la Restauration française, tendant à réinventer et s'approprier par les différents arts, une atmosphère idéalisée du Moyen Âge et de la Renaissance. Ce style correspond bien aux idées de Mme de Maromme : « Légitimiste ardente, passionnée jusqu'à perdre, lorsqu'il était question de politique, la liberté de son jugement, sans jamais perdre sa gaîté, elle en était restée à 1788. C'est tout au plus si elle reconnaissait la restauration ; pour elle, la monarchie de 1830 n'avait pas existé. »

Le 15 avril 1820, Jean-Claude Trugard de Maromme (fils) et son épouse Anne-Armande Loyer vendent leur maison de la rue Malpalu à Pierre Le Verdier 16 000 Francs payés comptant et une rente viagère et annuelle de 1 800 francs sur la double tête des vendeurs. Leur fils Achille Toussaint Trugard décède le 4 mai 1812 à l’âge de 13 ans. En 1807, Trugard de Maromme (fils) est juge suppléant au Tribunal de première instance de Rouen. Jean-Claude Trugard de Maromme (fils), veuf de Flore Ferrand, se marie avec Anne-Armande Rosalie Loyer le 26 février 1798 à Rouen.

Extrait de l’article du 28 février 1913 : Pendant la Révolution, par ordre du Comité de surveillance de Rouen, les scellés furent mis à son domicile, rue Malpalu, 89, le 4 prairial an II ; comme suspect d'incivisme et d'aristocratie, il fut détenu à Saint-Yon, jusqu‘au 18 brumaire an III. Vers le 6 thermidor an II, il demandait la levée des scellés, affirmant qu'il s'était toujours montré très-bon républicain. Ils furent levés le 11 thermidor. Il déclare à cette époque qu'il a un enfant et que sa femme est prête d'accoucher. Ses biens sont à Hautot-sur-Seine, district de Rouen.

Journal de Normandie et de Rouen des 21 mars 1789 & 4 avril 1789 : Offices et Charges à vendre. Office de Lieutenant-Général de Police au Bailliage, Ville & Vicomté de Rouen. S’ad. A M. Trugard de Maromme, rue Malpalu ; ou à M. Colonge, Notaire, rue S. Lo, près la première Présidence.

Jean-Claude TRUGARD de MAROMME (père) est décédé à Rouen le 17 janvier 1789 à l’âge de 66 ans. Annonce publiée dans le Journal de Normandie et de Rouen du 24 janvier 1789.

Inhumation de Trugard de Maromme : M. Lormier donne lecture, sous la date du 20 janvier 1789, de l’acte d'inhumation de messire Jean-Claude Trugard, seigneur et patron du Grand et Petit-Maromme, lieutenant-général de police au bailliage, ville et vicomté de Rouen, époux de Mme Catherine-Henriette Lefebvre, âgé d'environ soixante-six ans, demeurant rue Malpalu, décédé d'hier, muni des sacrements. Il fut inhumé en notre nouveau cimetière, dit de Martainville, par M. Blanquet, prêtre, bachelier en théologie, curé de cette paroisse (S.-Maclou), doyen de la Chrétienté, soussigné, en présence de messire Jean-Claude Trugard de Maromme, officier des canonniers, son fils, et de messire Nicolas-Guillaume Arnois, écuyer, seigneur de Vitamval-Captot, conseiller au Parlement de Rouen, son gendre, demeurant ditte rue et paroisse. La copie de l'acte est collationnée par Patin, vicaire, le 27 juin 1792, année 4ème de la liberté.

C’est le cinquième lieutenant-général de police au baillage de Rouen. Cet office a été créé par l’édit de novembre 1699 :

1699 - 1714 Pierre Le Pesant de Boisguilbert (1646-1714)

1715 - 1730 François de Houppeville de Sémilly (1646-1730)

1731 - 1748 Jacques Baillard de Nainville

1748 - 1758 Jacques-Adrien Varnier (également vicomte de l’Eau de 1725 à 1758)

1758 - 1789 Jean-Claude Trugard (1722-1789)

Journal de Normandie des 5 et 9 mars 1785 : A LOUER, FIEFFER par bail emphytéotique, ou à DONNER A VIE, une MAISON DE CAMPAGNE, dont la position est très agréable ; consistante en un Pavillon, terrasse, jardin, bas jardin & contre-espaliers, avec le bosquet y joint ; le tout sis paroisse de Hautot, sur Seine & près la Commanderie de Sainte Waubourg. S’adresser, pour la voir, au sieur Pierre Dumesnil, Fermier ; & pour en traiter, à l’Hôtel de M. le Lieutenant-Général de Police, rue Beauvoisine.

Le fermier Pierre Dumesnil (1733 - 1787) et Geneviève Chouard (vers 1726 - 1786), se sont mariés au Val de la Haye le 27/11/1764. Ce sont les parents d’Adrien Dumesnil, maire d’Hautot-sur-Seine de 1806 à 1808. 

Annonces, affiches et avis de la Haute et Basse Normandie du 2 juillet 1784 : A louer présentement une Maison de campagne très logeable, avec cour, jardin & la facilité de se promener dans un bosquet, dans la position la plus agréable, près les bois de la Commanderie de Ste Waubourg ; S’ad., pour voir le tout, au Sieur Pierre Duménil, Laboureur & Fermier, Paroisse de Hautot-sur-Seine, & pour louer, à l’Hôtel de M. le Lieutenant-Général de Police, rue Beauvoisine.

Annonces, affiches et avis de la Haute et Basse Normandie du 19 mars 1784 : A louer présentement une jolie Maison de Campagne, dont la position est des plus agréable, près la Commanderie de Ste Vaubourg, avec jardin & bosquet. S’ad. Chez M. le Lieutenant-Général de Police, rue Beauvoisine.

Le 25 mai 1777 Charlotte Françoise GAILLON épouse, depuis le 23 février 1773, de Jean Armand Frédéric JUIN bourgeois de Rouen de la paroisse de Saint-Maclou est, à Hautot-sur-Seine, la marraine de Jean-Baptiste Charles Nicolas Armand DUMESNIL fils de Pierre DUMESNIL laboureur.

La maison de campagne de Madame de Maromme à Hautot-sur-Seine

Jacques Gardin, fermier du domaine âgé de 64 ans environ, est inhumé le 01/09/1773 à Hautot-sur-Seine. Son épouse Marie Anne Férey l’avait précédée le 29/05/1773 à l’âge de 72 ans environ. Ils s’étaient mariés à Orival le 05/05/1733. Leur fille Marie Catherine est inhumée à Hautot le 23/03/1755 à l’âge de 5 ans. Leurs filles Marie Elisabeth et Marie Charlotte se marient à Hautot-sur-Seine les 17/09/1764 et 06/01/1766.

 

Annonces, affiches et avis de la Haute et Basse Normandie du 12 avril 1765 : Mercredi soir, Madame Trugard épouse de M. le Lieutenant Général de Police, est accouchée heureusement d’un garçon, qui a été baptisé hier au soir.

 

Annonces, affiches et avis de la Haute et Basse Normandie du 23 novembre 1764 : Ferme à louer

A louer pour la S. Michel prochain, une ferme sise à S. Antonin de Hautot-sur-Seine, près la Commanderie de Sainte Vaubourg, à trois lieues de Rouen ; elle consiste en trois acres de masure & plant, une & demie de prairie, cinq de terre labourable, deux de bois-taillis, avec les bâtiments nécessaires au fermier. S’adresser au Bureau d’Avis.

Le 12 août 1763 Jean-Claude Trugard, achète le fief de Maromme à l'Hôtel-Dieu de la Madeleine de Rouen. Il en acquitte le droit de franc-fief au cours de sa vie, il lui est permis d'ajouter à son nom roturier, celui de sa terre de Maromme.

Le changement de son nom s'observe en septembre 1765, sur l'hebdomadaire local, qui parait désormais avec la modification de la formule : « par privilège du Roi, et autorisation de M. le Lieutenant de Police, Trugard de Maromme ».

Annonces, affiches et avis de la Haute et Basse Normandie du 24 décembre 1762 : Ferme à louer

Ferme à louer pour la Saint Michel mil sept cent soixante trois, située à Hautot-sur-Seine, près la Bouille occupée ci-devant par le nommé Gardin, consistant en une Maison & autres bâtiments ; Masures contenant deux acres une vergée, une acre de pré & quatre de terre labourable. S’adresse à M. Juin, au bas du Mont-Saint-Denis, rue des Petits-Moulins, près la Halle à Blé, à Rouen.

M. Juin est la mère de Jean-Claude Trugard et la rue des Petits-Moulins est l’adresse apparaissant dans son acte de mariage de 1720. En 1960 est paru une étude de M.A. Dubuc, Président de la Société libre d’Emulation de la Seine-Maritime sur Trugard de Maromme, dernier lieutenant de Police de Rouen, d’une vingtaine de page, avec un tableau sur les acquisitions foncières faites de 1733 à 1781, où la propriété d’Hautot-sur-Seine n’apparait pas. Il possède des terres à Maromme et a des résidences à La Vaupalière et aux Authieux.

Annonces, affiches et avis de la Haute et Basse Normandie du 25 juin 1762 : avis divers

Monsieur Trugard, pourvu par la Roi de l’Office de Conseiller du Roi, Lieutenant Général de Police au Baillage de Rouen, y a pris Séance en cette qualité, le dix-huit de ce mois, & y a été installé par M. de Saint Just, Doyen de la Cour du Parlement.

La description du site figurant dans les annonces de 1762 et 1764 correspond bien à l’extrait du plan des environs de Rouen de 1716, où l’on voit un bâtiment en haut du côteaux et trois bâtiments en dessous des côteaux. Un enclos est dessiné autour la ferme.

La description de l’annonce de 1785, correspond au cadastre napoléonien, avec en haut du côteau la maison de plaisance et 4 autres petits bâtiments, en limite de l’enclos. On peut en conclure une construction du nouvel ensemble autour de 1770, en remplacement et à côté d’un grand bâtiment agricole. Deux indices vont dans ce cens. Le baptême de 1777 indique une proximité de vie entre le bourgeois JUIN et le laboureur DUMESNIL. Les pierres de Caumont utilisées pour la maison de plaisance sont sciées et calibrées, ce qui correspond à une production de type industriel de cette époque. Cette reconstruction n’infirme donc pas la thèse de l’ancienneté du site.

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25 janvier 2023 3 25 /01 /janvier /2023 08:59

Dans le parc du château d’Hautot-Sur-Seine, l'inondation de la Seine de 1740 est signalée par un marqueur de crue. La crue de la Seine de 1740-1741 est par son ampleur la troisième après celles de 1658 et de 1910.

Le marqueur de l'inondation de 1740 à Hautot-sur-Seine

Inondation de 1740-1741 : l’Archevêque de Rouen

Dans le rude hiver de 1740 à 1741, quand la Seine déborda, inonda la ville et réduisit à l'extrémité des milliers d'habitants (20,000, dit-on), réfugiés sur les toits des maisons, l'archevêque ouvrit soir palais, multiplia les secours, et versa par centaines de mille francs dans le sein des victimes du fléau. Ses propres appartements servirent d'hôpital, et il se fit un honneur de soigner lui-même les pauvres qu'on y établit.

Nicolas-Charles de Saulx-Tavannes (1690-1759) est Archevêque de Rouen Primat de Normandie de 1733 à 1759. Il est créé cardinal-prêtre lors du consistoire du 5 avril 1756 tenu par le pape Benoît XIV.

Le marqueur de l'inondation de 1740 à Hautot-sur-Seine

Mémoires de l’Académie des Sciences : Duhamel « Observations botanico-météorologiques 1741 »

La neige est présente sur une bonne partie du bassin de la Seine dès le début du mois d’octobre 1740. Le redoux s’installe début novembre, accompagné de pluies régulières et soutenues. « Le vent a été très violent variant entre le NO et le SO ; les pluies presque continuelles, venaient avec autant d’abondance que les orages d’été ; ce temps a duré jusqu’au 20 décembre, que le vent s’étant porté au nord, il est venu de la gelée et il est tombé un peu de neige le jour de Noël ; il tomba le matin une pluie qui occasionna un si grand verglas, qu’on ne pouvait se soutenir ; mais le lendemain le vent étant tourné au Midi, il tomba, ainsi que les jours suivants, une quantité prodigieuse d’eau poussée par un vent très violent »

Le marqueur de l'inondation de 1740 à Hautot-sur-Seine
Le marqueur de l'inondation de 1740 à Hautot-sur-Seine
Le marqueur de l'inondation de 1740 à Hautot-sur-Seine

Inondation de 1970 à Hautot-sur-Seine

Le marqueur de l'inondation de 1740 à Hautot-sur-Seine

Le marqueur de la chapelle Sainte Catherine de Grammont à Rouen : 

Un marqueur de l’inondation de 1740 se trouve à Rouen sur le mur Nord-Ouest de la chapelle Sainte-Catherine de Grammont. A l’époque, il s’agit de la chapelle Notre-Dame-du-Parc du prieuré de Grandmont. Le Prieuré appartient alors aux Jésuites. Après leur expulsion en 1770, la chapelle du Prieuré est transformée en poudrière, la plupart de ses ouvertures sont alors murées. La chapelle est classée au titre des monuments historiques par arrêté du 17 février 1936. Propriété de la Ville de Rouen, elle a pris le vocable de la chapelle Sainte-Catherine de Grammont avec une messe célébrée le 25 janvier 1970.
 

Le marqueur de la rue de Charonne à Paris :

A Paris le maximum de la crue fut atteint le 26 décembre 1740. Le marqueur du n°28 de la rue de Charonne indique un niveau bien au-dessus de celui de la crue de 1910.

LE 26 Xbre 1740 LA POINTE DE LA RIVIERRE EST VENU VIS-A-VIS CETTE PIERRE

La pierre est visible à gauche du porche de l’hôpital des Quinze-Vingt, elle a été gravée par Tomas Bouquet, un supposé citadin choqué par l’évènement au point de le figer dans la pierre. 
 

Le marqueur de Quenneport :

Au hameau de Quenneport de la commune du Val-de-la-Haye, en 1879 dans sa géographie de la Seine-Inférieure, l'abbé Tougard signale un pilier indiquant la hauteur d'eau en 1740. Cette hauteur surpasse de 1 m 50 le quai de l'époque et par conséquent le niveau des plus hautes eaux.

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10 décembre 2022 6 10 /12 /décembre /2022 08:24

Hautot s’écrivait dans les registres des baptêmes, mariages et sépultures Hautot, Hotot ou Hottot.

Les curés successifs de la paroisse Saint-Antonin d’Hautot-sur-Seine choisissent, au cours de leur ministère soit Hottot, soit Hotot ou soit Hautot. Il s’agit d’une forme altérée de Hotot.

Le nom de Hotot est un composé anglo-scandinave de hōh topt.

L'appellatif anglo-saxon (ou vieil anglais) hōh signifie « escarpement rocheux, terrain en pente, rivage ». L'ancien scandinave (ou norrois) topt, toft désigne à l’origine un terrain destiné à une habitation, puis ce même terrain avec l’habitation soit « emplacement bâti, ferme ».

L’ancien bâti d’Hautot-sur-Seine se trouve au lieu-dit « Le Village » le long d’une ligne de puits situés de part et d’autre de l’actuelle rue Saint Antonin, surplombant la Seine.

Hautot s’écrit sans accent circonflexe.

Porter le nom d’Hautot
Porter le nom d’Hautot
Porter le nom d’Hautot
Porter le nom d’Hautot
Porter le nom d’Hautot
Porter le nom d’Hautot
Porter le nom d’Hautot
Porter le nom d’Hautot

On recense huit villages portant le nom anglo-scandinave de Hotot en Normandie et au Lincolnshire :

Hotot-en-Auge (Huldestot) dans le Calvados avec son église Saint-Georges

Hautot-l’Auvray (Hotot Alverici) en Seine-Maritime avec son église Saint Martin

Hautot-le-Vatois (Hotot le Wasteis) en Seine-Maritime avec son église Notre-Dame

Hottot-les-Bagues dans le Calvados avec son église Notre Dame de l’Assomption

Hautot-sur-Mer (Hotot juxta Dieppam) en Seine-Maritime avec son église Saint Rémy

Hautot-sur-Seine (Hotot supra Secanam) en Seine-Maritime avec son église Saint-Antonin

Hautot-Saint-Sulpice (Sancti Suplicii de Hotot) en Seine-Maritime avec son église Saint Sulpice

Huttoft dans le Lincolnshire en Angleterre avec son église Sainte Margarèthe

Hautot-sur-Mer absorbe en 1822 les communes d’Appeville-le-Petit et de Pourville. Hotot-en-Auge absorbe en 1973 les communes de Brocottes et du Ham. Hottot-les-Bagues s'associe de 1973 à 1982 à Longraye pour former la commune d'Hottot-Longraye.

Un voilier trois-mâts portant le nom de HAUTOT a été construit pour le compte de la Compagnie Rouennaise de Transports maritimes. Il a été mis à l’eau en septembre 1900. Il disparait en 1906 à son retour de Nouvelle-Calédonie chargé de nickel. Cette année-là les glaces sont remontées jusqu’au 44° sud.

Le patronyme Hautot s’est rependu à partir du pays de Caux. Il a été popularisé par Guy de Maupassant (1850-1893) dans « Hautot Père et Fils » nouvelle parue en 1889.

Georges Hautot (1887-1963) est un dessinateur illustrateur.

Porter le nom d’Hautot

Les garages Hautot de Normandie

Paris Normandie du 23/02/2022 : « Quique ch’est-i ? », le langage cauchois expliqué : Hautot, garage et village

Nous avons trouvé trois garages Hautot en Seine-Maritime, dont deux en Pays de Caux. L’un, Vincent Hautot, se trouve à Fontaine-le-Dun, l’autre, Hautot Jean et Fils, à Yvetot et le troisième, Philippe Hautot, à Orival, à l’entrée d’Elbeuf. Il n’y a qu’en Normandie que l’on peut trouver des garages Hautot (entendez le jeu de mot avec garage auto !) car Hautot est un patronyme spécifiquement normand qui veut dire village sur la hauteur ; du scandinave topt (ou toft), terrain bâti puis ferme et ses dépendances, précédé de l’anglo-saxon hoh ou du scandinave haugr, hauteur. D’ailleurs seules cinq communes de Seine-Maritime possède ce nom : Hautot-l’Auvray, Hautot-le-Vatois, Hautot-Saint-Sulpice, Hautot-sur-Mer et Hautot-sur-Seine, et toutes en Pays de Caux ou en lisière. Bénoni Lapouque

Porter le nom d’Hautot

Le « Blanc de Hotot » est une race de lapin domestique originaire de Normandie, autour d'Hotot-en-Auge, qui se caractérise par sa coloration blanche avec l'œil cerclé de noir. De taille moyenne, cette race est issue de la sélection du lapin géant papillon français en vue d'obtenir des sujets les plus blancs possibles.

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5 novembre 2022 6 05 /11 /novembre /2022 08:12

Félicie de Fauveau meurt à Florence le 12 décembre 1886, à l'âge de 85 ans. Elle est enterrée au cimetière San Felice A Ema. Expatriée à Florence après 1832, Félicie de Fauveau, première femme sculpteur à vivre de son art., réalisa une œuvre sculptée considérable s'inspirant de l’art et de la spiritualité du Moyen-âge.

Labeur Honneur Douleur - 1881 - Félicie de Fauveau

Dans le n°35 de la Gazette des beaux-arts de 1887, parait l’article « Mademoiselle de Fauveau », signé du Baron Charles de Coubertin (1822-1908). Charles Louis de Frédy, baron de Coubertin (1822-1908) est un peintre d’art religieux français du XIXe siècle. En 1865 il reçoit la Légion d'honneur pour son œuvre.

L'ange musicien, sculpture de Félicie de Fauveau

Profondément catholique et monarchiste, il a connu la sculptrice à l’occasion de la réalisation de « l’ange musicien » qui aurait été commandé pour la naissance de son fils Pierre en 1863. Cette statue se trouve au monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse.

Photographies d’Hippolyte de Fauveau (1804-1887) et de Félicie de Fauveau (1801-1886)

Dans l’article de 1887 de Pierre de Coubertin, on trouve deux références à sa grand-mère d’Hautot-sur-Seine :

Extrait n°1 : (…) la vie continua exiguë et douloureuse jusqu'au jour où la grand'mère étant morte, Melle de Fauveau recueillit dans sa succession la part qu'on ne pouvait pas lui ravir (1). Une seule fois Félicie avait remis en secret, le pied en France, pour aller demander pardon à sa grand'mère de ce qu’elle était bien contente d’avoir fait (2). Cette démarche lui coûtait, car elle avait fait vœu de ne rentrer qu'avec les Bourbons mais elle ne voulait pas laisser se prolonger ce mécontentement de son aïeule sans chercher à l'adoucir par un acte de respect filial.

(1) Marie Archange Palyart, veuve Delapierre, est décédée le 4 octobre 1850 à Hautot-sur-Seine à l’âge de 95 ans et 8 mois. Sa tombe se trouve dans le chœur de la chapelle d’Hautot-sur-Seine. En héritant, Félicie de Fauveau, son frère et sa mère sortent de la précarité financière. En 1852, cela permit d’acheter la maison de la Via dei Serragli où Félicie dispose de grands ateliers au rez-de-chaussée et d’un salon meublé de triptyques et de bas-reliefs.

(2) Emmanuel de Waresquiel : Félicie de Fauveau Portait d’une artiste romantique

Contumace, elle ne remettra les pieds dans son pays qu’à l’automne de 1842, pour un court séjour à Ussé chez son amie Félicie de La Rochejaquelin, puis à nouveau après la chute du régime de Juillet.

L’autre raison de ce retour en France est le mariage arrangé de sa sœur Emma le 17 octobre 1842.

Extrait n°2 : Le reste de la famille, bien que légitimiste, était loin d'égaler l'ardeur des sentiments de M. et de Mme de Fauveau. La grand'mère maternelle, Mme de La Pierre, qui vivait en Normandie dans sa terre de Hautot près de Sahurs, sur le bord de la Seine, parait même avoir fortement blâmé les tendances indépendantes et artistiques de sa petite-fille. Elle aurait voulu la marier, en faire une bonne mère de famille ; mais la jeune fille bondissait à cette idée, protestant qu'elle n'était pas née pour cet état et qu'elle était trop honnête pour accepter de l'affection d'un homme ce qu'elle n'était pas capable de lui rendre. Son éloignement pour l'état religieux étant tout aussi vif, Mme de Fauveau vit dans les dispositions de sa fille pour les arts un moyen d'occuper son imagination, de lui créer une vie suivant ses goûts, et elle l'encouragea dans cette voie, d'autant plus que, douée d'un sens artistique éminent, elle commençait à peindre le pastel et à modeler quelques cires qui avaient attiré l'attention.

L’atelier de Félicie de Fauveau à Florence en 1862

En 1841, Emma de Fauveau (rentière) figure dans le recensement comme résidente à Hautot-sur-Seine, la sœur de Félicie habite chez sa grand-mère, la châtelaine Madame Delapierre.

La grand-mère maternelle cherche et trouve un époux pour sa petite fille et fait également la promotion de son autre petite fille, Félicie de Fauveau, en élaborant avec une autre résidente de Hautot-sur-Seine, une série de trois articles parus dans « L’Artiste » journal de la littérature et des beaux arts. Ces trois articles précèdent le mariage d’Emma. Il s’agit d’une campagne de promotion en faveur de Félicie de Fauveau.

L’auteur de ces articles est Madame Trugard de Maromme (1773-1860), qui a sa maison de campagne à Hautot-sur-Seine, l’actuel manoir des Farceaux.

Lettre adressée à Félicie de Fauveau Via delle fornaci à Florence

Emmanuel de Waresquiel indique dans son essai de 2010 sur Félicie de Fauveau que celle-ci ne remet les pieds dans son pays qu’à l’automne de 1842 pour un court séjour.

Françoise Emma de Fauveau, âgée de 33 ans, épouse Annibal Scipion Le Masson, veuf âgé de 40 ans à Hautot-sur-Seine le 17 octobre 1842. Le consentement de sa mère est joint par écrit. Sa sœur Félicie était sans doute présente, cela reste à confirmer. Il existe dans le fonds Félicie de Fauveau versé aux archives nationales en 2014 (723AP/1), une lettre du 22 octobre 1842 adressée par Félicie cinq jours après le mariage, à la Comtesse de La Rochejaquelein, château d'Ussé, renvoyée au château de Landebaudière, qu’il serait intéressant à lire. Ce mariage semble être le motif du séjour de Félicie de Fauveau.

Souvenirs de Félicie de Fauveau photographiés à Genève chez les Bautte de Fauveau

La majeure partie du fonds Félicie de Fauveau est constituée par l'abondante correspondance échangée avec Félicie de Duras, comtesse de La Rochejaquelein, jusqu'à la mort de cette dernière en 1883.

Le portrait de Félicie de Fauveau devant le Saint Georges de Lord Egerton par Félicité date lui aussi de 1842, il est dans la veine des trois articles publiés dans L’Artiste. C’est un autre indice d’une campagne de promotion des talents de sculpteur de Félicie de Fauveau.

Portraitiste de Marseille, sans biographie disponible, Félicité Beaudin (17/10/1797 - 27/02/1879)  est également l’auteur en 1842 d’un portrait de Maria Antonia de Bourbon-Siciles épouse du grand-duc Léopold II de Toscane.

L’Artiste publie en 1842 trois articles successifs :

Extrait de l’article 1 : Paris (avant 1832)

Sa mère, femme spirituelle et distinguée, peint avec un talent remarquable d’amateur et cultive la musiqua avec un égal succès.

Extrait de l’article 2 : La Vendée (1832)

Mlle de Fauveau a un frère, bon et excellent jeune homme, qui n’avait pas alors toute l’ardeur royaliste de sa sœur. Petit-fils, par sa mère, d’un ancien administrateur des douanes, M. Hippolyte de Fauveau avait dans cette régie des droits acquis, et on lui avait donné dans les bureaux de Paris une position modeste, mais qui devait s’améliorer avec le temps. D’un caractère doux et paisible, il se bornait à remplir exactement ses devoirs d’employé et à faire avec ponctualité son service de la garde nationale. (…) Il demanda un congé de quine jours pour aller voir des parents en Normandie ; ce congé lui fut accordé. Notre jeune homme se rendit en effet aux environs de Rouen, d’où il s’échappa, et alla rejoindre Mme de la Roche-Jacquelein et sa sœur.

Extrait de l’article 3 : Florence (depuis 1832)

A notre avis, l’erreur de Mlle de Fauveau a peut-être été de ne pas comprendre qu’elle pouvait vivre au milieu de nous en gardant ses convictions, et qu’elle les aurait compromises qu’en appliquant son talent à de sujets en désaccord avec sa conscience et ses idées.

Il s’agit sans doute de l’avis de Mesdames Delapierre et Trugard de Maromme sur Félicie de Fauveau.

Félicie de Fauveau et sa grand-mère d’Hautot-sur-Seine

La famille de Félicie de Fauveau

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14 janvier 2022 5 14 /01 /janvier /2022 05:23

Les photographies de 1895, qui suivent, sont extraites d'un album de voyage en France, Tunisie et Algérie entre 1895 et 1900. La famille détenait une tannerie ou une peausserie.

En 1895 le Maire d’Hautot-sur-Seine est Hippolyte POULLARD depuis 1881, son Adjoint est Désiré MAZIER depuis 1891. L’instituteur-secrétaire de Mairie de Sahurs et Hautot est Jules Hildevert CAQUELARD. Le garde champêtre d’Hautot-sur-Seine est Henri Joseph ALLAIS depuis 1894 et le curé de Sahurs et Hautot est l'Abbé LATELAIS depuis 1875.

En promenade à Hautot-sur-Seine en 1895

1°) En promenade à Hautot

La photographie a été prise en bas du chemin vicinal  n°1 de Hautot à Val de la Haye passant par la côte du Puits, au niveau de l’actuel n°2 de la rue des Farceaux.

En promenade à Hautot-sur-Seine en 1895
En promenade à Hautot-sur-Seine en 1895

2°) Dans la plaine de Hautot

On est en face du Bois de la Commanderie, sur la partie du chemin neuf qui est devenu la rue des Fendanges.

En promenade à Hautot-sur-Seine en 1895
En promenade à Hautot-sur-Seine en 1895

3°) Assemblée à Hautot

C’est jour de fête à Hautot, on aperçoit en arrière plan ce qui va devenir la Grange des Trouvailles.

En promenade à Hautot-sur-Seine en 1895
En promenade à Hautot-sur-Seine en 1895

4°) La Seine entre Hautot et Val-de-la-Haye

En promenade à Hautot-sur-Seine en 1895
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5 décembre 2021 7 05 /12 /décembre /2021 06:28

La Croix du 11 juillet 1908 : la foudre et les orages

Seine-Inférieure. Un ouvrier agricole nommé Delalonde, au service de M. Lémery, cultivateur à Hautot-sur-Seine, revenait de la prairie, sa faux sur l’épaule, lorsque la foudre le frappa. Il a été tué sur le coup. On a constaté qu’il avait les cheveux roussis et des zébrures noirâtres sur le corps ; ses vêtements étaient déchirés.

Le 30 juin 1908 un violent orage provoque de gros dégâts et une coulée de boue à Elbeuf, en Seine-Inférieure.

Journal de Rouen du 8 juillet 1908 : l’orage du 30 juin

Un Homme tué à Hautot-sur-Seine.

L’orage du 30 juin a fait une victime à Hautot-sur-Seine. Un homme a été foudroyé ; c’est un ouvrier agricole nommé Delalonde, au service de M. Lémery, cultivateur.

A l’approche de l’orage, il revenait de la prairie et rentrait chez son maître, sa faux sur l’épaule Il était suivi du jeune André Lémery (*), âgé de treize ans, qui, sur son épaule, portait une fourche en fer et à sa main avait l’enclume et le marteau pour rebattre la faux. Ils étaient dans la prairie du bord de Seine, presque au pied du coteau, lorsque vers cinq heures la foudre les a frappés. L’homme a été tué sur le coup ; on a constaté qu’il avait les cheveux roussis et des zébrures noirâtres sur le corps de la tête aux pieds ; sa casquette était déchirée.

Le jeune garçon a été renversé. Après quelques instants, dont il ne peut préciser la durée, il s’est relevé, a vu son compagnon étendu près de lui, la secoué ; constatant qu’il était inerte et que la fumée ou de la vapeur sortait de ses vêtements, il est allé prévenir ses parents. L’enfant avait la figure toute noire d’une couleur analogue aux ecchymoses produites par un coup ; cette couleur disparaît peu à peu. Les instruments que portaient les deux victimes n’ont pas été détériorés par la foudre. Le corps du défunt est devenu tout noir peu de temps après le coup de foudre.

Le lendemain, un second orage s’est abattu sur la commune, et à trois heures et demie environ la foudre frappait un peuplier sur la propriété de M. Demombynes, non loin de l’endroit où le sieur Delalonde avait été tué la veille.

 

(*) Le jeune André LÉMERY est né à Dieppe le 16 octobre 1895. Il est le fils d’Elisée LÉMERY  et de Marie LANGLOIS. Il est incorporé du 18 décembre 1914 au 17 septembre 1919. Grièvement blessé en octobre 1918, il reçoit la Croix de guerre Etoile de Bronze. Il décède à l’âge de 83 ans à Fécamp le 20 novembre 1978.

La victime collatérale de la catastrophe du 30 juin 1908

Photographie prise sur les lieux du drame dans les années 60

Décès de Charles Isidore DELALONDE à Hautot-sur-Seine le 30/06/1908 :

L’An mil neuf cent huit, le premier juillet à huit heures du matin. Acte de décès de DELALONDE Charles Isidore, domestique, âgé de vingt trois ans, décédé hier, à cinq heures du soir, au lieu-dit « Les Près d’Hautot », en cette commune, né à Quevillon, de ce département, le dix sept août mil huit cent quatre vingt quatre, fils de DELALONDE Henri Armand, journalier, âgé de ---, domicilié à Saint-Martin-de-Boscherville, Seine-Inférieure, et de feue GAILLON Adélina Héloïse, célibataire. Sur la déclaration, à nous faite par les sieurs ALLAIS Henri, garde champêtre, âgé de quarante trois ans, domicilié en cette commune et HODAN Dominique, instituteur, âgé de quarante cinq ans, domicilié à Sahurs, Seine Inférieure, tous deux amis du défunt, lesquels ont signé après lecture faite, le présent acte qui a été fait double en leur présence, et constaté suivant la loi, ainsi que le décès, par nous, maire de la commune d’Hautot-sur-Seine, remplissant les fonctions d’officier public de l’Etat civil.

Fiche matricule de Charles DELALONDE

Au recensement de 1891 à Quevillon, Charles Delalonde apparait comme le benjamin de la famille. Sa mère Adélina Héloïse Gaillon est décédée à Quevillon le 9 décembre 1893.

RÉSUMÉ DES OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES FAITES A ROUEN ET LA RÉGION EN 1908 par M. Raimond COULON Secrétaire de la Commission départementale de Météorologie.

Un foudroyé à Hautot-sur-Seine : Le 29 (juin), formation nuageuse d'aspect orageux près de l'horizon S. Le lendemain (30 juin), terrible orage sur Elbeuf ; presque nul à Rouen. Son point extrême atteint la commune du Val-de-la-Haye où nous l'observons attentivement depuis son origine. Un coup de foudre que rien ne faisait prévoir, car les nuages orageux n'étaient pas à notre zénith, tue un ouvrier et blesse son camarade à 500 mètres de nous. Le bulletin qui nous a été transmis par M. G. Poullard, maire de la commune d'Hautot-sur-Seine, signale que le corps de la victime était tout noir, les extrémités des cheveux roussis, aucune blessure apparente, la casquette était déchirée, les vêtements pas détériorés, mais de la vapeur ou de la fumée en sortait. Le jeune garçon blessé a été renversé, a perdu connaissance quelques instants, mais s'est relevé seul : sa figure était noire -, elle est devenue ardoisée les jours suivants ; cette couleur a disparu lentement. Les instruments que portaient les victimes - une faux tenue sur l'épaule et une enclume à rebattre - n'ont pas été détériorés. Le lendemain (1er juillet), un peuplier était frappé par la foudre presque au même endroit.

Charles DELALONDE est une victime collatérale de l’orage d’Elbeuf du 30 juin 1908. Le 30 juin correspond également à la date de l’événement de Tunguska en Sibérie, le plus grand impact d’un astéroïde dans l’histoire récente. 2.200 km² de forêts sont détruits par l'onde de choc. Le bruit est perçu à plus de 1.500 km de distance. Le nuage de cendres émis survole toute l'Europe.

Le chercheur russe Alexandre Tchijevsky réalise en 1929-1930 une étude sur la distribution des orages à l’époque de la Tunguska. Sa carte de distribution des orages correspond parfaitement au tracé du halo atmosphérique apparu dans le ciel européen au lendemain de l’explosion.

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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 04:40
Les médaillés de la guerre 1870-1871 d’Hautot-sur-Seine en 1913

La médaille commémorative de la guerre 1870-1871 est une médaille créée par la loi du 9 novembre 1911 décernée aux combattants de la guerre de 1870-1871 qui justifiaient de leur présence sous les drapeaux, en France ou en Algérie, entre les mois de juillet 1870 et de février 1871 inclus.

La médaille commémorative de la guerre de 1870-1871 a été remise avec un diplôme nominatif, à 242 500 anciens combattants survivants.

Journal de Rouen du 11 février 1913 : Hautot-sur Seine - La médaille de 1870

Deux habitants de cette commune viennent de recevoir la médaille commémorative de la campagne de 1870-1871. Ce sont MM Gustave DUVAL et Emmanuel CALLOUET.

Gustave DUVAL (1848 -1917)

 

Gustave DUVAL (père) est né le 06 décembre 1848 à Hautot-sur-Seine. Il est fils de Louis DUVAL (1803-1877) et de Natalie Joséphine CORBRAN mariés à Hautot-sur-Seine le 6 novembre 1832. Louis DUVAL est Conseiller municipal depuis le 12 août 1855 jusqu’à son décès à Hautot-sur-Seine le 5 juillet 1877.

Gustave DUVAL (père), cultivateur, est après le décès de son père, à son tour Conseiller municipal d’Hautot-sur-Seine du 21 janvier 1878 jusqu’au 17 mai 1896.

 

Acte de décès de Félix Gustave DUVAL à Hautot-sur-Seine le 01/01/1917 :

Le premier janvier mil neuf cent dix sept à quatre heures du matin Félix Gustave DUVAL, né à Hautot-sur-Seine, le cinq décembre mil huit cent quarante huit, cultivateur, fils de feu Louis Blaise DUVAL et feue Natalie Joséphine CORBRAN, époux de Joséphine Mélanie COQUIN, est décédé en son domicile lieu-dit « Le Mont-Miré ». Dressé le premier janvier mil neuf cent dix sept à cinq heures du soir, sur la déclaration de Célina PHILIPPE femme DUVAL quarante huit ans, journalière, bru du défunt (*) et de Moïse OBSELIN, trente trois ans, cultivateur, tous deux domiciliés en cette commune, qui lecture faite, ont signé avec nous Georges POULARD, maire de la commune d’Hautot-sur-Seine.

(*) Gustave DUVAL (fils) (1876-1935) est sous les drapeaux, mobilisé depuis le 23 décembre 1914.

Gustave DUVAL (fils) marié en 1903  prend la suite de son père comme Conseiller municipal de 1903, suite à des élections municipales complémentaires, à 1919, puis à nouveau de 1925 à 1935.

Gustave DUVAL (fils) et Célina PHILIPPE femme DUVAL reposent au cimetière de Hautot-sur-Seine.

Emmanuel CALLOUET (1849-1926)

 

Emmanuel CALLOUET est né à Hautot-sur-Seine le 15 septembre 1849. Il est fils d’Emmanuel Alphonse CALLOUET et de Rosalie PILLARD mariés à Sahurs le 13 juin 1848.

Emmanuel CALLOUET (père), journalier est Conseiller municipal de 1884 à 1888 et garde champêtre de 1887 à 1893.

Emmanuel CALLOUET (fils) se marie à Hautot-sur-Seine le 22/06/1878 avec Clarisse Angélina LEVILAIN cuisinière. Jardinier, lors du recensement de 1921 il travaille chez M. Michon du Val de la Haye.

Emmanuel CALLOUET est présent à l’inauguration du monument aux morts le 19 juin 1921.

 

Acte de décès d’Ernest Emmanuel CALLOUET à Hautot-sur-Seine le 18/08/1926 :

Le dix-huit août mil neuf cent vingt six, à trois heures, est décédé en son domicile, lieu dit ‘Le Mont-Miré » Ernest Emmanuel CALLOUET, né en cette commune, le quatorze septembre mil huit cent quarante neuf, journalier, fils de Emmanuel Alphonse CALLOUET, et de Rosalie PILLARD, décédés, veuf de Clarisse Angélina LEVILAIN. Dressé le dix-huit août mil neuf cent  vingt six, dix sept heures, sur la déclaration de Edouard LEMARCHAND, cinquante huit ans, garde particulier, domicilié au Val de la Haye, qui lecture faite a signé avec nous Georges POULLARD, maire d’Hautot-sur-Seine.

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15 avril 2021 4 15 /04 /avril /2021 03:58

La médaille commémorative de Sainte-Hélène est créée sous le Second Empire, par décret impérial, le 12 août 1857. Elle récompense les 405 000 soldats encore vivants en 1857, qui ont combattu sous les drapeaux de la France de 1792 à 1815. Elle était présentée dans une boîte de carton au couvercle recouvert d'un papier blanc glacé portant en relief l'Aigle impérial et l'inscription « Aux compagnons de gloire de Napoléon Ier - Décret du 12 août 1857 ». Cette médaille de bronze est portée à la boutonnière, suspendue à un ruban vert et rouge à raies très étroites. La distribution générale des médailles a eu lieu le dimanche 15 novembre 1857. Dans tout l’hexagone entre 1858 et 1869, les processions civiques de la fête du 15 août accordèrent une place spéciale aux médaillés de Sainte-Hélène.

Les médaillés de Sainte-Hélène d’Hautot-sur-Seine en 1857

Robert Barthélémy BARBIER (1772-1858)

Robert Barthélémy Barbier, né le 23/08/1772 à Rougemontier (Eure), est le fils de Robert Barbier et de Marie Gueroult, mariés le 20 février 1770.

Soldat du régiment de L'Eure sous les drapeaux du 15/08/1793 au 22/02/1816 (brevet n°145077). Il est chasseur au 15ème léger, il reçoit une retraite pour blessure.

Il épouse le 25/05/1819 à Hauville Céleste Marie Delamare, décédée à Hauville (Eure) le 14/05/1827. Ils sont les parents de Robert Philippe Eugène Barbier (1819-1892) employé dans les douanes. Lors du recensement de 1851 à Hautot-sur-Seine, Robert Barbier âgé de 79 ans vit chez son fils Eugène Barbier douanier âgé de 32 ans, marié à Perpétue Labbé âgée de 29 ans et parents d’Eugène Barbier âgé de 2 ans.

Robert Barthélémy Barbier est décédé le 13/10/1858 à Hautot-sur-Seine.

Charles Pascal BARRE (1773-1859)

Charles Pascal Barré, né le11/04/1773 paroisse de Saint-Vivien à Rouen, est le fils de Germain Barré et de Françoise Raulet, mariés le 19 septembre 1763, paroisse Saint Godard à Rouen.

Fourrier au régiment de Brest sous les drapeaux du 1er octobre 1790 au 12 Pluviôse An X (brevet n°145079). Il a fait la campagne d'Egypte.

Charles Paschal Barré, fabriquant originaire et domicilié à Rouen, épouse à Hautot-sur-Seine le 29/08/1807 Marguerite Gaspard Désirée Gaillon.

Journal de Rouen du 18 mars 1823 : A louer présentement un JARDIN et une MAISON nouvellement réédifiée et décorée, situés à Hautot-sur-Seine, entre le Val-de-la-Haie et Sahurs. La Maison est composée, au rez-de-chaussée, d’un caveau, d’une cuisine et d’une salle, le tout de plain-pied ; dans la salle sont une alcôve et des armoires, et dessous une belle cave. Au premier étage, trois chambres, dont une à feu, avec quatre cabinets, dont un de toilette. Au second, un grenier. Le Jardin, entouré de murs, a 70 pieds de large sur 116 pieds de long ; il est garni d’espaliers, contre-espaliers, quenouilles et arbres à haut vent, de bon rapport ; à l’extrémité duquel il existe un cabinet d’aisance et un puits qui donne de très-bonne eau. On peut s’y rendre tous les jours par le bateau de Bouille, en débarquant au passage de la ci-devant Commanderie ; outre cela, il y a un bateau du pays qui part quatre fois par semaine. S’adresser, pour voir le tout et en traiter, à M. Pascal BARRÉ, audit Hautot. 

Lors du recensement de 1851 à Hautot-sur-Seine, Pascal Barré, propriétaire vivant de son revenu, âgé de 78 ans, vit avec sa femme Désirée Gaillon âgée de 68 ans et une domestique.

Charles Pascal Barré est décédé le 09/04/1859 en son domicile rue Socrate à Rouen.

Journal de Rouen du 11 avril 1859 : Hier matin, un nombreux cortège d’amis a conduit à leur dernière demeure les restes mortels de M. Charles-Pascal Barré, un des plus anciens soldats de la République, et le dernier peut-être qui ait fait partie du régiment de Royal-Cravate. Né à Rouen le 11 avril 1773, M. Barré s’était engagé dès l’âge de dix-sept ans, le 1er octobre 1790, dans le régiment que nous venons de nommer, alors en garnison à Toulon. Deux ans plus tard, il passait, après la nouvelle organisation de l’armée, fourrier dans la 1ère compagnie du 3ème bataillon de la 22ème demi-brigade d’infanterie légère, dans laquelle il fit d’abord les campagnes de Corse, pendant l’an I et l’an II de la République, puis toutes celles d’Italie, de l’an III à l’an V, et celles d’Egypte, de l’an VI à l’an IX. Le 28 brumaire an II, lors du débarquement des Anglais à Farignoles, en Corse, il monta le premier à l’assaut, et reçut dans la cuisse gauche une balle qu’on ne put pas extraire, et qu’il a emportée dans la tombe. Ce valeureux fait d’armes lui fit décerner par le représentant du peuple Lacombe Saint-Michel une récompense nationale, équivalant alors à la croix de la Légion d’Honneur, qui n’était pas encore instituée. Cette première blessure ne l’empêcha pas d’assister en Italie aux batailles de Loanno, Rivoli, Arcole, Lodi et plus tard, en Egypte, à celles des Pyramides, de Saint-Jean d’Acre, de Jaffa et d’Aboukir, ou il reçut une seconde blessure qui lui traversa le cou de part en part et lui valut, avec un sabre d’honneur, un congé d’invalide, sans aucune retraite. Il continua néanmoins son service, et le 23 fructidor de l’an VIII, ses blessures l’empêchant de conserver toute son activité, il fut attaché en qualité de secrétaire auprès du général de brigade Faultier. Il revint avec ce dernier en France et resta ainsi jusqu’au commencement de 1804, époque à laquelle ses souffrances le forcèrent à quitter les drapeaux. De retour dans ses foyers, le vieux soldat de la République s’était fixé, depuis près de cinquante ans, à Hautot-sur-Seine, qu’il avait cessé d’habiter l’année dernière pour se rapprocher de ses enfants, qui ont entouré sa vieillesse des soins les plus tendres et les plus empressés. Le respectable octogénaire, devenu aveugle depuis près de dix ans, s’est éteint vendredi dernier entre les bras de sa fille et de son fils, M. le docteur Barré, chirurgien-adjoint de l’Hôtel-Dieu. Il appartenait à une famille nombreuse, dont plusieurs membres se sont fait remarquer. Il était frère du médecin Ambroise Barré, très honorablement connu à Rouen, mort il y a quelques années, et du respectable et savant curé de Monville, Germain Barré, l’un des ecclésiastiques les plus instruits du clergé de Normandie, qui avait formé une bibliothèque fort précieuse, dont les bibliophiles normands se disputent encore les restes tous les jours. M. Pascal Barré a été inhumé au cimetière de Saint-Gervais, après la cérémonie funèbre célébrée à la cathédrale.

Marie Charles POULLARD (1766-1860)

Marie Charles Poullard, né le 07/09/1776 à Hautot-sur-Seine, est le fils de Jean-Baptiste Poullard et d’Anne Elisabeth Dumontier mariés le 24/11/1767, paroisse Saint-Antonin à Hautot-sur-Seine.

Marin sur la Frégate La Junon sous les drapeaux de 1793 à l'An XI (brevet n°224842).

Marin, il épouse le 23/07/1822, à Hautot-sur-Seine, Rose Françoise Félicité Fromagé du Val de la Haye. Lors du recensement de 1851 à Hautot-sur-Seine, Marie Charles Poullard, propriétaire rentier ; âgé de 76 ans vit avec sa femme Françoise Félicité Fromagé âgée de 60 ans et une domestique.

Marie Charles Antoine Poullard est décédé le 06/01/1860 à Hautot-sur-Seine.

Pierre François DUBOSC (1785-1875)

Pierre François Dubosc, né le 16/01/1785 à Hautot-sur-Seine, est le fils de François Dubocq et de Marie Anne Le Boucher.

Soldat au 57ème de Ligne sous les drapeaux du 06/01/1806 au 13/08/1809. Il est réformé pour blessures et pensionné (brevet n°145078).

Il épouse le 23/11/1813 Catherine Françoise Julie Leroux (1787-1814), veuf il se remarie le 11/06/1816 à Hautot-sur-Seine avec Marie Anne Désirée PIicard (1790-1867). Ils sont les parents d’Eugène François Dubosc (1821-1892) et de Bérénice Hirma Dubosc (1828-1901). Lors du recensement de 1851 à Hautot-sur-Seine, Pierre François Dubosc rentier âgé de 66 ans vit avec sa femme Anne Désirée Picard âgée de 61 ans, leur fille Bérénice Irma Dubosc blanchisseuse âgée de 23 ans et leur petite fille Alexandrine Désirée Boimard âgée de 10 ans. Sa fille se marie le 12/07/1858, à Hautot-sur-seine, avec Charles Martin Hébert (1827-1886). Au recensement de 1866, il habite à Hautot-sur-Seine avec son épouse. Lors du recensement de 1872 à Guerbarville, Pierre François Dubosc âgé de 87 ans vit avec son fils Eugène Dubosc capitaine des douanes, l’épouse de celui-ci et un domestique.

Pierre François Dubosc, douanier en retraite, est décédé le 06/01/1875 à Guerbarville (la Mailleraye sur Seine).

Noël Denis LESOURD (1788-1859)

Noël Denis Lesourd, né le 08/10/1788  au Val de la Haye, est le fils de Pierre Lesourd et de Marie Catherine Adrienne Lemarchand, mariés le 30/08/1781, paroisse du Val-de-la-Haye.

Soldat au 15ème de Ligne sous les drapeaux du 28/06/1807 à 1814. Il a été réformé pour blessures (brevet n°145075).

Il épouse le 18/01/ 1816 à Hautot sur Seine Marie Catherine Delamare. Ils sont parents de Félicité Désirée Lesourd. Lors du recensement de 1851 à Hautot-sur-Seine, Noël Denis Lesourd propriétaire cultivateur âgé de 62 ans vit avec son épouse Marie Delamare âgée de  54 ans et leur fille Lucie Lesourd âgée de 9 ans.

Noël Denis Lesourd est décédé le 22/08/1859 à Hautot-sur-Seine. En 1962, on pouvait encore voir sa tombe dans le cimetière de la plaine d’Hautot-sur-Seine.

Pierre Mathieu OULION (1789-1869) (et non AULION)

Pierre Mathieu Oulion, né le 27/01/1789 au Val de la Haye, est le fils de Jean Mathieu Oulion et de Marie Reine Désirée Chevalier, mariés le 05/08/1788, paroisse du Val de la Haye.

Soldat à la 1ère Légion de réserve sous les drapeaux du 13/06/1808 au 06/11/1814 (brevet n°145074).  Il est au 70ème régiment d'infanterie de ligne du 25 octobre 1813 au 29 août 1814 (matricules 13 815 à 14 420).

Mathieu Oulion est en 1843 un des souscripteurs de la colonne Napoléon du Val-de-la-Haye. Lors du recensement de 1851 à Hautot-sur-Seine, Mathieu Oulion journalier âgé de 62 ans vit avec Marie Geneviève Questel veuve Chouard domestique âgée de 70 ans qu’il épouse le 21 octobre 1857 à Hautot-sur-Seine.

Pierre Mathieu Oulion est décédé le 18/01/1869 à Hautot-sur-Seine.

François Théodore LEMARCHAND (1794-1866)

François Théodore Lemarchand, né le 12/02/1794 au Val-de-la-Haye, est le fils de François Lemarchand et de Marguerite Osmont, mariés le 28/01/1793, paroisse du Val-de-la-Haye.

Soldat au 66ème de Ligne, sous les drapeaux du 31/01/1814 au 04/04/1814 (brevet n°145076).

Il épouse le 01/08/1820 Marie Fortunée Paquet décédée à Hautot-sur-Seine le 15/11/1821, puis il se remarie le 31/07/1823 à Hautot-sur-Seine avec Catherine Rosalie Hublé .

Il est élu Conseiller municipal lors des élections communales du 18 septembre 1831. Le 3 mars 1844 Théodore Lemarchand est installé comme adjoint du maire Pierre Lemoine  suite à sa nomination par le Préfet. Le  27 décembre 1846 Théodore Lemarchand est installé comme adjoint du Maire Louis Adrien Duménil suite à sa nomination par le Préfet. Lors du Conseil Municipal du 21 août 1853  Théodore Lemarchand  et quatre autres conseillers sortent de la Mairie et refusent de délibérer sur le sujet de la rétribution de la religieuse de Sahurs pour l’instruction qu’elle donne aux enfants de sexe féminin de la commune d’Hautot. De nouveaux conseillers seront installés le 24 novembre 1853.

Lors du recensement de 1861 à Hautot-sur-Seine, Théodore Lemarchand, cultivateur, âgé de 68 ans vit avec sa femme Rose Hublet âgée de 72 ans et deux domestiques. Lors du recensement de 1866 au Val de la Haye, Théodore Lemarchand, rentier, âgé de 73 ans vit avec sa femme Marie Rose Hublé âgée de 76 ans, son neveu Amable Lemarchand marin âgé de 37 ans, l’épouse de celui-ci Désirée Hébert âgée de 27 ans & leur enfant Amable âgé d’un an. 

François Théodore Lemarchand est décédé le 10/10/1866 au Val de la Haye.

(Ne pas confondre avec son homonyme François Théodore Lemarchand né le 27 avril 1805 au Val-de-la-Haye, boulanger, marié à Hautot-sur-Seine le 21/06/1831 avec Catherine Zoé Pelloile décédée le 02/10/1842 à Paris, remarié à Notre-Dame-de-Bondeville avec Elisa Désirée Lainé et décédé à Rouen le 21/04/1854)

Les médaillés de Sainte-Hélène d’Hautot-sur-Seine en 1857

Denis-Tranquille LEFEBVRE (1791-1876)

Denis-Tranquille Lefebvre est né à Hautot-sur-Seine le 2 octobre 1791. Il est fils de Jean Baptiste Tranquille Lefebvre décédé le 21 janvier 1806) et d’Anne Lesourd. Son père est garde de Sainte Vaubourg en 1793 au service de la commanderie puis des Eaux et Forêts.

En 1811 il devient soldat au 13ème Equipage de Flottille et canonnière n° 26. Il est fait prisonnier par les Anglais, et rentre en France en 1814.

Il se marie le 16 mai 1815 au Val-de-la-Haye avec Rosalie Durand (12/09/1792 - 27/03/1819). En 1816 il est nommé à Val de la Haye garde particulier de M. Charles Fizeaux, propriétaire de Sainte-Vaubourg, gendre du Baron Lézurier de la Martel qui en 1815 a racheté l’ancien bois de la commanderie aux eaux et forêts. Veuf, Denis-Tranquille Lefebvre se remarie le 22 mai 1819 au Val-de-la-Haye, avec Désirée Henriette Esther Quibel (26/01/1792-01/06/1879). Ils n’ont pas d'enfants. Il a eu pendant de longues années à sa charge sa belle-mère et une tante.

En 1843 il souscrit pour 2 Francs pour l’érection de la colonne Napoléon. Au recensement de 1851 il habite au val-de-la-Haye. Il est médaillé de Sainte-Hélène en 1857.

A Rouen le 26 juin 1870 la Société libre d'émulation du commerce et de l'industrie de la Seine-Inférieure lui décerne une médaille d’argent : « Depuis 1816, il occupe les fonctions de garde particulier dans lesquelles il a su conquérir l'affection, l'estime de tous, en même temps que la confiance la plus absolue de l'honorable famille Fizeaux de la Martel. Il s'est toujours montré plein de dévouement pour ses neveux et ses nièces, et il leur est encore utile aujourd’hui. Cinquante-quatre ans de bons et loyaux services, Messieurs, c’est chose assez rare pour que nous n'ayons  pas hésité à donner à cet honnête homme un témoignage public de satisfaction, est aujourd'hui dans sa quatre-vingtième année » (Bulletin des travaux de la Société libre d'émulation du commerce et de l'industrie de la Seine-Inférieure) 1869/07-1870/12

Le garde particulier Denis-Tranquille Lefebvre est décédé, en son domicile au Val-de-la-Haye le 24 décembre 1876 à l'âge de 86 ans.

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