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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 16:01

Journal des débats politiques et littéraires du 6 janvier 1857 : Maladie contagieuse des animaux. La cocotte. Défense de l'administration. Infraction.

 

COUR IMPERIALE DE ROUEN (chambre correctionnelle). Présidence de M. LETENDRE DE TOURVILLE. Audience du 2 janvier.

 

Ce procès soulevait une question dont les agriculteurs du département de la Seine-Inférieure et la Société centrale d'agriculture elle-même se sont, dans ces derniers temps, assez vivement préoccupés.

Il s'agissait de savoir si l'on doit considérer comme une maladie contagieuse, dans le sens de la loi pénale, une affection propre aux bestiaux, vulgairement appelée cocotte (*), et dont sont atteints depuis 1840 un grand nombre de vaches et de bœufs. Cette maladie, contagieuse dans le sens littéral du mot, puisqu'elle se communique soit par le virus physique, soit par le virus volatil, pour parler le langage de l'art vétérinaire, n'est pas mortelle et ne porte aucune atteinte à la qualité de la viande, mais elle fait baver les bestiaux, peut les priver de lait pendant quelques jours et rend leur marche difficile. Jamais l'administration n'avait pris aucune mesure préventive contre la circulation des bêtes atteintes, et il parait que dans ces dernières années la maladie a pris de tels développements, qu'une grande partie des bœufs et des vaches amenés aux marchés de Poissy et de Sceaux en sont affectés. Voici dans quelles circonstances le tribunal correctionnel, puis la Cour, ont été amenés à s'occuper, au point de vue pénal, du caractère de cette maladie :

Le 1er septembre dernier, le sieur DUMENIL, cultivateur à Hautot-sur-Seine et fils du maire de la commune, avait acheté deux vaches à la foire d'Elbeuf. Ramenées chez lui, elles furent  peu de temps après atteintes de la cocotte; il les avait laissées pendant quelques jours dans l'herbage de son père, quand le 14 septembre, jour de l'ouverture du pâturage commun, en vertu du droit coutumier normand, il les envoya à la prairie sans qu'elles fussent encore guéries. Des réclamations s'étant élevées de la part de quelques habitants, le maire invita le sieur DUMENIL fils à les retirer; mais celui-ci n'ayant pas tenu compte de l'injonction, et des plaintes ayant été portées à l'adjoint, ce fonctionnaire, délégué par le maire, donna, le 15 septembre dans la matinée, au sieur DUMENIL l'ordre formel de retirer ses vaches de la pâture commune (*). Cet ordre ne fut pas immédiatement exécuté. Un douanier, le sieur CORBRAN, qui avait lui aussi, une vache dans la prairie, voulut faire sortir celles de DUMENIL, qui persista à les y laisser jusqu'à deux heures de l'après midi.

Procès-verbal de ces faits fut dressé par l'adjoint et transmis au procureur impérial, qui fit citer le sieur DUMENIL en police correctionnelle, comme prévenu d'avoir, au mépris des de l'administration, laissé des bestiaux infectés de maladies contagieuses communiquer avec d'autres, délit aggravé de cette circonstance qu'il en serait résulté une contagion parmi les autres bestiaux, vingt-huit vaches et un porc ayant été, à Hautot, atteints de la cocotte dans les derniers jours de septembre.

Les articles 459, 460 et 461 du Code pénal sont ainsi conçus :

« Art. 459. Tout détenteur ou gardien d'animaux ou de bestiaux soupçonnés d'être infectés de maladie contagieuse, qui n'aura pas averti sur-le-champ le maire de la commune où ils se trouvent, et qui, même avant que le maire ait répondu à l'avertissement, ne les aura pas tenus renfermés, sera puni d'un emprisonnement

de six jours à deux mois et d'une amende de 16 Fr. à 200 Fr.

» Art. 460. Seront également punis d'un emprisonnement de deux mois à six mois et d'une amende de 100 Fr. à 500 Fr., ceux qui, au mépris des défenses de l'administration, auront laissé leurs animaux ou bestiaux infectés communiquer avec d'autres.

» Art. 461. Si de la communication mentionnée au présent article il est résulté une contagion parmi les autres animaux, ceux qui auront contrevenu aux défenses de l'autorité administrative seront punis d'un emprisonnement de deux ans à cinq ans, et d'une-amende de 100 Fr. à 1,000 Fr. le tout sans préjudice de l'exécution des lois et règlements relatifs aux maladies épizootiques et de l'application des peines y portées. »

Par application de ces dispositions, le tribunal de police correctionnelle de Rouen, qui avait reconnu en même temps l'existence de circonstances atténuantes en faveur du prévenu, avait, le 26 novembre dernier, condamné le sieur DUMENIL à un mois de prison et à 500 Fr. d'amende. Celui-ci a interjeté appel, M. LE CONSEILLER JUSTIN a présenté le rapport de l'affaire, et dans une étude complète de la législation sur la matière, a cherché à quelles conditions il était possible de reconnaître, au point de vue légal, une maladie contagieuse. Me RENAUDEAU-D’ARC, avocat du sieur DUMENIL, a commencé en signalant à la Cour tout qui s'attachait à ce procès. S'il fallait, en effet, admettre avec les premiers juges que la cocotte est une maladie contagieuse, il en pourrait résulter comme conséquence l'interdiction de faire circuler sur les routes, de vendre aux foires et dans les marchés les bestiaux atteints de cette affection, sous peine de se voir frapper par des rigueurs du genre de celles dont le prévenu a été victime. Or, les marchés auxquels s'approvisionnent Paris et Rouen reçoivent chaque jour, sous les yeux des préposés de l'administration des bœufs et des vaches malades de la cocotte, envoyés à ces marchés par des cultivateurs de tout pays. Si le jugement pouvait être confirmé, cette simple circulation deviendrait un délit, et le cultivateur serait obligé de tenir ses bestiaux renfermés, sinon menacé de prison et d'amende. C'est ce qui fait que les agriculteurs se sont émus de la décision rendue par le tribunal de Rouen et que l'attention de la Société d'agriculture a été appelée sur cette question. Voyons donc si, dans la décision dont est appel, on ne s'est pas complètement trompé sur le sens et la portée des dispositions pénales qu'il s'agissait d'appliquer. L'avocat entre ici dans l'examen des lois antérieures au Code pénal qui se sont occupées des maladies contagieuses. Il cite notamment l'arrêt du conseil du 16 juillet 1784 et l'arrêté du Directoire du 27 messidor an V, pour en conclure que l'esprit de toutes ces lois démontre qu'elles n'étaient faites qu'en vue de maladies contagieuses d'une gravité suffisante pour entraîner la mort des bestiaux. L'article 1er de l'arrêt de 1784 révèle bien cette pensée, lorsqu'il cite, comme exemples la morve, le charbon, la clavetée, le farcin, la rage. Si le Code pénal ne contient pas d'énumération du même genre, il se reporte lui-même à ces anciennes lois non abrogées, et la sévérité des peines qu'il édicte est la meilleure preuve du caractère de gravité que doit avoir la maladie à propos de laquelle il s'agirait de l'appliquer. Or, qu'est-ce que la cocotte ? C’est une affection qui n'offre aucun danger et se guérit d'elle-même; les vaches mangent et ont peu de lait pendant quelques jours; elles ont mal dans la bouche et au fourchet des pieds, puis tous ces accidents disparaissent sans qu'il soit même besoin de l'homme de l'art. S’il est permis d'appliquer aux bêtes, pour caractériser cet état, une expression dont notre langue française ne les a pas honorées, il serait vrai de dire que ce n'est pas une maladie, ce n'est qu'une indisposition. Aussi n'a-t-elle jamais donné lieu à aucune mesure de police administrative. C'est ce qu'atteste M. FELIZET, vétérinaire désigné par l'administration pour les cantons d'Elbeuf et du Grand-Couronne, qui avait été appelé, par l'adjoint d'Hautot pour visiter les vaches de DUMENIL, et ce dans un certificat qu’il a délivré à ce dernier postérieurement à dirigée contre lui.

« Je certifie, dit-il, que depuis 1840, date de l'invasion de la maladie appelée vulgairement cocotte, il n'a été pris nulle part ni recommandé aucune mesure de police sanitaire contre cette affection généralement très simple et sans aucune suite fâcheuse ; que l'abord d'aucunes foires ni d'aucuns marchés n'a été interdit aux bêtes infectées, que tous les jours on voit librement circuler sur toutes les routes. »

Et, de leur côté, tous les maires des communes voisines d'Hautot attestent que jamais ils n'ont pris aucune mesure contre les bestiaux atteints de cette maladie, et qu'ils ne les ont jamais exclus du pâturage. Lé jugement doit donc être réformé.

M. JOLIBOIS, premier avocat général, tout en rendant hommage à l'honorabilité personnelle du sieur DUMENIL, le signale comme un entêté qui, malgré la défense de son père, malgré 1’ordre formel de l'adjoint, a voulu envoyer au pâturage commun des vaches qu'il savait malades, et il persistait à tel point dans son entêtement que quand un douanier, le sieur CORBRAN, vint les faire sortir du pâturage, il les y fit rentrer, comme pour braver l'autorité. Il faut que ces faits soient réprimés s'ils constituent un délit. Or, à cet égard, les articles 460 et 461 du Code pénal punissent les individus qui auront laissé communiquer avec d'autres des bestiaux atteints de maladies contagieuses. Il n'y a rien de plus dans la loi : les indications contenues dans les anciens arrêts n'ont pas été reproduites, et il n'y a que deux choses à voir la cocotte est-elle une maladie? Est-elle une maladie contagieuse ? C'est évidemment une maladie, puisqu'elle rend difficile la marche des bestiaux qui en sont atteints, puisqu'elle les empêche de manger, et surtout puisqu'elle les prive de lait. Il n'est pas contesté qu'elle se communique par un agent intermédiaire qui porte le nom scientifique de virus, élément contagieux; c'est donc bien une maladie contagieuse.

La Cour, dans un arrêt motivé avec beaucoup de soin, a décidé que le maire d'Hautot, légalement représenté par son adjoint, était en droit de faire défense au sieur DUMENIL fils d'introduire ou de maintenir dans une prairie commune ses vaches atteintes de la cocotte, et qui devaient s'y trouver en contact avec le bétail des autres habitants de la commune ; que ce droit, formellement établi par les articles 3, n° 5, du titre XI de la loi des 16-24 août 1790, et 46 du titre X de celle des 19, 22 juillet 1791 a été consacré de nouveau par l'article 460 du Code pénal et sanctionné par les peines que prononce cet article; que, d'après l'ensemble de la législation sur les pouvoirs administratifs, et notamment aux termes de la loi du 18 jui1let 1837, obéissance provisoire était due à la défense faite par l'adjoint d'Hautot au sieur DUMENIL, en vue d'une maladie qu'il considérait comme contagieuse, et ce jusqu'à la décision de l'autorité supérieure en cas de recours, sans quoi d'ailleurs les précautions prescrites par les lois et les défenses dont parle l'article 460 du Code pénal seraient illusoires.

Mais la Cour a reconnu en même temps qu'il n'était pas suffisamment prouvé que la maladie qui s'était déclarée parmi les bestiaux de la commune d'Hautot fut due à leur communication avec les vaches de DUMENIL ; qu'il y avait des circonstances atténuantes; pourquoi la Cour a confirmé le jugement, quant à la déclaration de culpabilité sur le fait de la part de DUMENIL, d'avoir au mépris des défenses de l'administration laissé communiquer avec d'autres bestiaux des vaches infectées de la cocotte, confirmé aussi pour les circonstances atténuantes, mais a déclaré DUMENIL acquitté de la prévention d'avoir, par la communication de ses bestiaux infectés, déterminé une contagion parmi les autres bestiaux de la commune d'Hautot ;

En conséquence, émendant quant à la peine, Cour a déchargé DUMENIL de l'emprisonnement prononcé contre lui, et a réduit l'amende à 100 Fr.

 

 (*) C'est à Francisco Toggia et à ses observations dans le Piémont en 1799 que la fièvre aphteuse doit son nom. La maladie est appelée communément surlangue, claudication ou encore cocotte.

(**) l’actuel bois communal

Le virus de la Cocotte à Hautot-sur-Seine
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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 11:38

Le Journal de Normandie du 8 février 1786 publie un rapport de Louis Lepecq de la Clôture (né à Caen en 1736, mort à Saint-Pierre-des-Assis en 1804).

Il est attaché à l'hôtel-Dieu de Rouen et médecin des épidémies pour la Généralité de Rouen.

Jacques BERENGER du Hameau du Rouage inhumé le 28 décembre 1785

Jacques BERENGER du Hameau du Rouage inhumé le 28 décembre 1785

 

Maladie épidémique en la paroisse de Hautot sur Seine

et au Rouage, hameau du Val de la Haye.

L’épidémie changeait de face, et plusieurs malades présentaient les symptômes de la fièvre putride avec exanthèmes (lésions cutanées).  L’on ignore si  c’est ainsi qu’ont péri dans la semaine qui a suivi le coup du dégel, trois vieillards de 60 à 75 ans, ainsi qu’une bonne fille  qui, partageant le zèle de son pasteur, s’était sacrifiée au soulagement des malades ; n’ayant été averti ni de leur état, ni de leur maladie, il fut impossible de leur être utile. Mais la sollicitude, la vigilance de Mr l’intendant et l’abondance des secours ont mis à portée d’arrêter très promptement les progrès que pouvoir faire cette nouvelle complication. Et si les succès sont consolants pour l’humanité, il ne sera pas moins intéressant pour les médecins, attachés à la branche importante des épidémies, d’apprendre que le caractère de celle-ci a été tellement saisi, les médicaments convenables administrés avec tant de soin et les précautions tellement prises, que la mortalité s’est trouvée absolument nulle parmi ceux qui ont été fournis au traitement.

 

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1 février 2020 6 01 /02 /février /2020 19:46

Le 27 avril 1935 Moïse Obselin (19/08/1883 - 23/05/1966), cafetier-restaurateur, conseiller municipal (1912-1945) et sergent dans la subdivision des sapeurs-pompiers d’Hautot-sur-Seine marie à Hautot-sur-Seine sa fille Fernande (05/04/1909 - 03/04/1986) à Justin Albert "Jean" Lavoinne (10/01/1908 - 20/11/1972).

Jean Lavoine a réalisé du 7 mai 1933 au 14 septembre 1933 avec Gaston Gouy le premier  tour de France en canoë de 4 215 kilomètres dont 2000 en mer entre Dunkerque et Marseille. Cet exploit a été médiatisé et l’objet de nombreux articles de presse. Un livre a été édité en 1934.

Dans la préface de leur ouvrage, on retrouve l’argumentaire de l’éducation par le sport. Le sport est présenté comme une école de courage et de ténacité. Le partage de « sentiments sportifs » avec un douanier, rencontré au hasard d’un bivouac, crée une intimité passagère. La narration s’achève dans la « conscience d’avoir accompli une performance sportive ».

L’aventureux mari de Fernande OBSELIN
L’aventureux mari de Fernande OBSELIN

LA TRAVERSEE DE LA MANCHE DE 1937

 

Le Grand écho du Nord de la France du 10 septembre 1937 : Un sportif rouennais a franchi le détroit du Pas de Calais en canoë. Il a accompli cette performance en moins de dix heures.

La traversée du détroit en canoë, qui avait été accomplie il y a quelques années par toute une flottille de canoës, entre Calais et Douvres, sur l’initiative du Canoë-Club de Calais, et qui fut également accomplie à différentes reprises par des canoéistes isolés, vient d’être réalisée, hier, une nouvelle fois par un sportif rouennais, M. Jean LAVOINE, âgé de 29 ans, habitant Hautot-sur-Seine, où il exerce la profession de mécanicien ajusteur. Il était arrivé la veille à Calais avec un canoë canadien.

Jugeant les conditions atmosphériques excellentes, il se rendit de bon matin au poste des pilotes du quai de Marée avec une voiturette sur laquelle était chargée la légère embarcation qu’il mit à l’eau avec l’aide de plusieurs marins.

Aussitôt il y prit place et de mit à pagayer à un rythme accéléré, affirmant qu’il accomplirait sa performance en un temps ne dépassant pas six heures. Un peu plus tard, une petite brise se leva qui pouvait contrarier quelque peu la marche de l’esquif qui avait mis le cap sur Douvres dès la sortie du chenal.

Ce fut en vain qu’on chercha à avoir des nouvelles du navigateur auprès des équipages de bateaux de pêche rentrés dans la matinée. Aucun d’eux n’avait aperçu le canoéiste. Celui-ci avait fait savoir à sa femme qu’il espérait arriver en temps suffisant à Douvres pour rentrer à Calais sur la « Côte-d’Argent » arrivant à 17 H 10.

En 1933, M. LAVOINE avait entrepris au cours de l’été, le tour de France en canoë et avait effectué ainsi un parcours en rivière et en canaux de 4 300 kilomètres. Dans l’après-midi, on apprenait à Calais que l’intrépide navigateur avait réussi à atteindre la côte anglaise, où il avait amerri à 14 H 15. Il était parti de Calais à 4 H 30 du matin. Il avait donc effectué la traversée en un peu moins de dix heures. L’état de la mer n’avait pas permis à M. LAVOINE de refaire le trajet en sens inverse ainsi qu’il en avait conçu le projet.

 

Journal de Rouen du 10 septembre 1937 : Jean LAVOINE a traversé le Pas-de-Calais en canoë

Londres, 9 septembre. Jean LAVOINE exerçant la profession de mécanicien à Rouen, qui était parti en canoë de Calais ce matin à 4 heures, pour traverser le Pas-de-Calais est arrivé à Douvres cet après-midi après un voyage de 10 H 1/2. Il espérait pouvoir regagner la France dès ce soir par la même voie mais par suite du mauvais temps, il repartira par paquebot.

Le Journal du 14 septembre 1937 (Paris) :

L’aventureuse traversée du « Channel » en canoë par le Rouennais Jean Lavoine

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL Rouen, 13 septembre.

Passer la Manche en canoë par mer calme est jeu d’enfant, indigne d’un sportif … Nous nous gardons modestement de verser cette opinion à notre compte. Elle appartient à Jean Lavoine. Jean Lavoine, c’est le héros de la récente traversée du Channel dont il a été parlé dans le Journal du 10

Cette déclaration, préambule à l’interview que nous désirions, nous venons de la recevoir de la chaude et nette cuisine de l’auberge de Hautot-sur-Seine, jouxte Rouen, où le hardi navigateur repose chez ses beaux-parents, de son exploit tout frais. Eu égard au principe ci-dessus, Jean Lavonie, 29 ans, ex-champion de canoë de Normandie, recordman de Rouen-Le Havre, 135 kilomètres en 13 H 45, auteur avec Gaston Gouy du premier Tour de France effectué sur un tel engin : 4 215 kilomètres, dont 2000 en mer ; Jean Lavoine donc, négligeant délibérément juillet et août et leurs flots d’huile, choisit pour sa tentative septembre et ses marées d’équinoxes qui « tapent » les cinq nœuds … Mercredi dernier à la nuit, il descendait dans la gare de Calais du train de Rouen. Poussant son embarcation sur le classique chariot, suivi de sa femme chargée des indispensables impédimentas,  il gagna tout de suite le port et ses petits cafés où consomment les vieux pêcheurs lourds d’expériences. Ceux-ci, aussitôt interrogés, déconseillèrent l’équipée, vue l’état des éléments.

L’O.N.M. déconseille Provoqué au téléphone, le météorologue de service à l’aérodrome de Saint-Inglevert égrena placidement une litanie de pronostics maussades : vent, baisse de température, pluie, prémisses d’un anticyclone. Il n’en fallait pas plus pour décider à partie Jean Lavoine, ennemi des solutions faciles. Après quelques heures de repos, il mettait son canoë - un « quatre mètres cinquante » - d’acajou à l’eau devant le sémaphore et s’insinuait dans le trou d’homme de l’hiloire de toile imperméable qui le portait. Il emmenait une éponge, une montre, trois sandwiches, un appareil photographique, deux bouteilles de bière, un demi-litre de cet apéritif dont les couloirs du métro psalmodient le nom sur fond jaune d’un terminus à l’autre, quatre bananes, 100 Francs et … son livret militaire. Les sages vieux pêcheurs s’étaient levée pour assister à l’appareillage et posèrent leurs griffes tremblées au bas du procès verbal. A 4 heures Jean Lavoine s’effaçait dans le noir, entre les deux feux clignotants à l’entrée du port.

«  Tout marcha très bien au début. La marée descendant m’emportait. Je me dirigeais sur le phare de Douvres très visible. A 6 heures 30 j’avais dépassé une bouée lumineuse que je savais à 13 kilomètres de Calais. Las ! c’est justement à 6 H 30 que les règlements britanniques prescrivent aux gardiens de phare de souffler leurs chandelles à éclipses. » Et Jean Lavoine ne vit plus rien. Ici, sur l’entrée d’une vieille dame, notre interlocuteur interrompt sa narration. « Bonjour, grand’mère, comment vas-tu ? » Point n’est besoin d’être fin psychologue pour constater que grand’mère, grommelant en embrassant sin petit-fils, va beaucoup mieux que ces jours-ci, mais qu’elle est résolument hostile à la propulsion à la pagaie pour les membres de sa famille. Reprise du récit de la traversée : « Alors là ça n’allait plus du tout. Je ne savais plus que faire. » Car, bien entendu, Jean Lavoine n’avait ni boussole, ni compas. « Je m’aperçu que j’avais été trop hardi. Je me suis dit : mon vieux, tu es en train de faire le rigolo. » La houle était forte. L’esquif claquait sur les vagues. « Chaque fois que je montais à la lame, j’étais freiné - houp-houp - ça désunissait mon mouvement. » Il lui fallait par surcroît vider à l’éponge le bateau. « J’avais au moins soixante litres de flotte dedans. Le camarade qui me l’avait prêté m’avait bien signalé une petite voie d’eau. En dix minutes, m’avait-il affirmé, ça s’étanchera. Ah ! Ce canoë n’était pas à vous ? Non. J’avais jugé le mien trop lourd pour ce travail. Et vous ne n’aviez pas essayé avant ? Non. » Jean Lavoine veut bien reconnaître alors que ce n’est pas comme ça qu’il faut faire une traversée.

Indécision. En se retournant, il aperçut un peu de côte de France, enveloppée de brume, qu’il subodora être Gris-Nez. Allait il abandonner son projet et s’en retourner ? « Ça m’ennuyait. Je pensais aux marins de Calais, aux copains de Rouen à qui j’avais annoncé mon raid. Je décidai de ma laisser aller quelque temps avant de prendre une décision. » L’épouse du navigateur cesse alors un instant de gratter les plaques de sel qui enganguent les jambes du pantalon porté par son conjoint lors de la traversée. « Amour-propre masculin. » maugrée t’elle. Sept heures, huit heures, huit heures et demie. « Je dérivais, vidant mon bateau et me vidant moi aussi.  J’avais un violent mal de mer. » A 9 heures, le soleil apparut un instant. Grâce à sa montre, Jean Lavoine, put donc s’orienter. « Je me dis : Allons, je repars ! D’autant plus que j’aperçus au même moment un cargo que je jugeais se diriger vers Douvres. J’entrepris de le suivre. » Et puis tomba un grain formidable qui effaça cargo et soleil. Second instant de découragement. « J’ai voulu essayer de manger pour me changer les idées, mais toutes mes provisions étaient trempées. Un sandwich à l’eau de mer quand on a déjà mal au cœur. » Restait le liquide, Jean Lavoine absorba son demi-litre d’apéritif. Incontinent il aperçut un trait indécis soulignant l’horizon. Mirage ou falaises anglaises ? « Alors, j’ai redoublé d’efforts. Je tirais dessus. » C’était bien les iles britanniques. Elles grossissaient. Il était alors midi. « Et puis, malgré toute mon énergie, je sentis que je n’avançais presque plus. J’allais contre un violent courant. Alors, j’en ai eu marre. Il serait passé un bateau, je l’aurai appelé. » Mais il n’en est pas passé. Et à 14 H 30, Jean Lavoine, harassé échouait son canoë sur la plage de Douvres. La traversée en ligne droite compte 60 kilomètres. Il estime en avoir fait 70 au moins. Il s’étonna de trouver tant de monde à l’attendre. « Je n’avais prévenu personne. »

Mme Jean Lavoine avait eu une matinée des plus agitées. Les vieux pêcheurs, ses compagnons sur le môle de Calais, prétendant lui remonter le moral, l’avaient exclusivement entretenue de sombres histoires de jeunes imprudents péris en mer, puis un vapeur rentra dont les marins lui déclarèrent avec bonhommie qu’ils avaient aperçu l’esquif marital entraîné par les courants vers le large. Enfin, un adolescent empressé vint tout courant lui annoncer qu’un chalutier venait de rapporter dans un petit port voisin un canoë repêché vide au large. Ceci explique suffisamment que les autorités anglaises alertées par la veuve présumée, se soient trouvées à l’arrivée du rescapé. Jean Lavoine voyait l’Angleterre pour la première fois. Il n’y passa que treize heures dont douze employées à dormir. «  Je cauchemardais ! Je me retournais sans cette dans mon lit. Je voyais à droite et à gauche des lames énormes. Je croyais que j’allais chavirer. » Puis il prit la malle de France. Conclusion du héros : « J’ai eu peur. Je ne suis pas croyant, mais je me suis réclamé. J’ai promis un cierge. » Mme Lavoine : « Ton vœu est exaucé, puisque pendant ta traversée, moi j’en ai fait bruler deux. » Mais ceci pose un problème de droit canon absolument hors du sujet. JACQUES VIDAL-LABLACHE.

L’aventureux mari de Fernande OBSELIN

Photographie de Moïse Obselin avec sa mère et son gendre. 

LE RAID ROUEN-ALGER DE 1939

 

Journal de Rouen du 20 mai 1939 : Rouen-Alger en canoë par J. Lavoine et B. Thisse. Les deux Rouennais doivent partir le 4 juin

Après le Tour de France et la traversée de la Manche, le Rouennais Jean Lavoine vient de mettre sur pied en compagnie de son coéquipier Bernard Thisse, un nouveau raid en canoë : Rouen-Alger, soit 4 400 kilomètres à couvrir à force de coups de pagaie. Depuis quelque temps déjà Lavoine nous avait confié son intention de tenter une nouvelle expédition sur ce trajet. Toutes les dispositions ont été prises pour l’accomplissement de ce raid et le projet semble en bonne voie de réalisation.

Pour nos jeunes lecteurs qui ne connaîtraient pas la vaillante équipe canoéiste normande, rappelons ici les grandes lignes du palmarès de Lavoine et de Thisse, ils pourront ainsi se rendre compte qu’une telle entreprise n’est pas au dessus des force d’hommes bien entraînés et au moral bien trempé.

Lavoine acquit sa réputation grâce au Tour de France qu’il accomplit en 1933 en compagnie de Gaston Gouy. En 1934, il se signala en s’attribuant avec Thisse le record de Rouen-Le Havre en 1935, il acquit avec Gouy le record de Normandie de vitesse et de fond, puis seul, en 1937, il franchit la distance Calais-Douvres pour finalement rééditer cet exploit, l’été dernier, en compagnie de Thisse. Ce dernier, de quelques années plus jeune, possède néanmoins de belles qualités qui lui permirent d’être choisi par Lavoine pour effectuer les épreuves signalées ci-dessus.

Ce sont donc deux hommes aguerris qui vont s’embarquer pour Alger. Et maintenant indiquons l’itinéraire qu’empruntera le frèle esquif « Le Tour de France ». Rouen, Pris, Melun, Dijon, Lyon, Avignon, Arles, Sète, Port-Vendres, Barcelone, Tarragone, Valence, Alicante, Carthagène, Almeria, Malaga, Gibraltar, Tanger, Ceuta, Tétouan, Melilla, Oran, Tenès-Cherchel, Sidi-Ferruch et Alger. Si la tentative réussit, Lavoine et Thisse auront une bien belle performance à ajouter à leur palmarès. Mais d’ici-là que de coups de pagaie !

 

Journal de Rouen du 25 mai 1939 : Rouen-Alger en canoë 4 400 kilomètres

Thisse et Lavoine préparent activement leur randonnée vers l’Algérie ; encore une semaine et tout sera en ordre. Voici d’ailleurs ce qu’il leur faut emporter : une pagaie de rechange, un chariot pourvu de pneus-ballon le rendant insubmersible, une tente à double toit, deux matelas pneumatiques, deux sacs de couchage en duvet, une popote individuelle, une bouteille Thermos, un réchaud à essence, deux seaux en toile, une machine à écrire, un appareil photo fourni par Photo-Comptoir, trente pellicules dont vingt coloniales, un appareil cinématographique, quatre sacs rigoureusement étanches dans lesquels seront rangés tous les appareils ci-dessus, une boite à pharmacie, des outils, des produits alimentaires, des vêtements (deux tenues de ville et deux de bord).

Les hommes du Canoë-Club Normand et de la S.E.C. Amfreville partent comme on voit bien chargés. Heureusement qu’ils ont confiance en leurs bras.

 

Journal de Rouen du 1er juin 1939 : LAVOINE et THYSSE partiront dimanche prochain pour l’Algérie

Nous avons annoncé que Lavoine et Thysse allaient tenter de joindre l’Algérie en canoë. Leur départ est tout à fait imminent. C’est dimanche prochain, à 15 heures en effet, qu’ils embarqueront à bord du « Tour de France » au ponton des bateaux de la Bouille, pour se lancer, à travers rivières et canaux, vers la Méditerranée et Alger la Blanche.

Le Petit Journal du 4 juillet 1939 : Avec la mer, commence la partie la plus difficile et dangereuse de notre voyage" nous écrivent LAVOINE et THYSSE,

Nos hardis canoéistes Lavoine et Thysse, qui tentent l'expédition Rouen-Alger, sous le patronage du Petit Journal, ont entreprendre maintenant la plus hasardeuse partie de leur itinéraire. Après être passés à Saint-Gilles du Gard, où ils ont été fêtés comme il convient, ils atteignent aujourd'hui la mer à Palavas-les-Flots ... D'Avignon, où ils se trouvaient le 2 juillet, Jean Lavoine, chef de l'expédition, nous adresse une lettre dont nous extrayons les passages suivants :

Mon co-équipier et moi, nous sommes très satisfaits du résultat obtenu depuis notre départ de Rouen (4 juin) jusqu'à notre arrivée en Avignon (1er juillet) puisque nous avons parcouru 1 280 km en 28 jours (repos compris, deux jours à Paris pour visite au P. J. ; une journée à Dijon, une autre à Chalon) soit 1 280 km en 24 jours de navigation. Jusqu'à ce jour, je vous dirai que le plus pénible de notre expédition fut la remontée de la Seine, de Rouen à Montereau, celle de  l'Yonne jusqu'à Laroche et ensuite le canal de Bourgogne qui, avec ses 120 écluses sur 240 kilomètres de parcours, nous obligea à quelques exercices de force pour les passer. Après Saint-Jean-de-l'Osne, nous eûmes une navigation très différente et plus facile parce que bénéficiant du courant. En effet, la Saône en crue nous permit quelque peu d'augmenter notre moyenne de marche et d'atteindre rapidement Lyon, où nous devions emprunter le Rhône. Inutile de vous dire que c’est aux environs de 17 km heure que nous le descendîmes jusqu'à Avignon, ceci s'expliquant après les fortes pluies d'orage que nous avions, quelques jours avant, soulignées. Aujourd'hui 2 juillet, par le canal de Beaucaire, nous allons nous diriger à travers la Camargue par Bellegarde, Saint-Gilles, Aigues-Mortes, Palavas-les-Flots, Sète où, à partir, de là, nous naviguerons désormais sur la mer jusqu'à Alger. A noter que, jusqu'à Port-Vendres, limite de la côte française, nous choisirons également Agde, Narbonne-Plage, la Nouvelle, Port-Saint-Laurent comme buts d'étape, avant d'attaquer la côte espagnole. Cette première partie de notre long voyage n'st pas encore la plus difficile ni la plus dangereuse. Egalement, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir rappeler notre bon souvenir à toutes les sections et permanences des villes ci-dessous, qui nous ont reçus toujours avec enthousiasme : Mantes, Sartrouville, Paris, Corbeil, Melun, Fontainebleau, Montereau, Sens, Joigny, Saint-Florentin, Tonnerre, Ancy-le-Franc, Montbard, Venarey, Précy, Pouilly-en-Auxois, Bligny, Dijon, Saint-Jean-de-Losne, Seurre, Chalon-sur-Saône, Tournus, Mâcon, Villefranche, Lyon, Coudrieu, Saint-Vallier, Valence,  Montélimar, Pont-Saint-Esprit, Avignon et Saint-Gilles. Jean LAVOINE

 

Journal de Rouen du 8 juillet 1939 : Lavoine et Thysse sont arrivés à Sète.

 

Journal de Rouen du 2 août 1939 : Lavoinne et Thisse sont à Carthagène

Nos compatriotes poursuivent leur randonnée sans encombre et les dernières nouvelles qu’ils nous ont envoyées sont des plus optimistes. Aidés par les courants ils accomplissent chaque jour des étapes variant de 55 à 70 kilomètres. A cette cadence, ils en auront bientôt terminé avec la côte espagnole. A l’heure où nous vous écrivons, ils ont quitté Carthagène et se dirigent vers Malaga.

 

Journal de Rouen du 29 août 1939 : Thysse et Lavoine sont immobilisés à Algésiras

Les deux canoéistes rouennais, qui tentent de relier en canoë Rouen à Alger, Bernard Thysse et Jean Lavoine, se trouvent actuellement - ou plus exactement se trouvaient il y a encore une dizaine de jours - immobilisés à Algésiras. Une lettre de Bernard Thysse à son père, Lucien Thysse, que nous avons rencontré hier et qui nous l’a communiquée, vient de nous l’apprendre.

Cette lettre est datée du 16 août. Après avoir fait naufrage à Malaga, et avoir « laissé au fond » leurs papiers, leur linge et leur argent, les deux Rouennais eurent la chance de rencontrer un voilier monté par deux jeunes Lyonnais, qui se rendaient à Gibraltar, via Casablanca. Ils se mirent donc d’accord une maison de Malaga pour la réparation de leur bateau, puis acceptèrent l’hospitalité des deux Français, à leur bord, pour gagner après quelques jours de mer, le port d’Algésiras. C’est là qu’ils attendent qu’on veuille bien leur renvoyer leur canoë, en vue de continuer leur randonnée. Mais les transports sont longs en Espagne, et cette attente paraissait se prolonger.

Si fâcheux que puissent être pour eux cette attente et cette longue expectative, celle-ci parait cependant permettre aux deux jeunes gens de se reposer quelque peu, car un embarras gastrique assez grave les avait plutôt handicapés. Au reste, un moral sans atteinte, et l’espoir de regagner bientôt Rouen  pour y retrouver la famille et les menus familiaux.

Journal de Rouen du 8 octobre 1939 : La fin du raid Rouen-Alger par Lavoine et Thisse

Nous sonnes heureux d’informer nos lecteurs que nous avons reçu des nouvelles des deux jeunes Rouennais qui avaient entrepris ce long voyage d’aventure. Après avoir longé les côtes du Maroc espagnol, les canoéistes de trouvaient à Mélilla la veille de la mobilisation générale, le 1er septembre. Les événements interrompaient leur raid au moment où il touchait à sa fin, et après avoir franchi victorieusement les étapes les plus dures.

Nos amis durent se rendre d’urgence en autocar jusqu’à Oran et se présentèrent à l’autorité militaire : Lavoine fut mobilisé immédiatement sur place et rejoignit Mascara ; quant à son camarade Thisse, il dut attendre une quinzaine de jours avant d’être rapatrié. Tous deux vont bien. Le raid Rouen-Alger en canoë peut dont être considéré comme réussi, puisque nos jeunes sportifs ont pu aller de Rouen jusqu’au Maros en surmontant les plus grandes difficultés et alors que la fin de leur voyage était envisagé par eux sans inquiétude. Félicitons sans réserve les deux vaillants Rouennais du résultat heureux de leur raid et aussi de leur moral et de la volonté qui les a soutenus pendant cette longue épreuve.

Jean Lavoine  promenait régulièrement sa femme Fernande en barque sur la Seine (témoignage Michèle Pasquis)

Photographie de Fernande Obselin sur la Seine, vue sur l’embarcadère d’Hautot sur Seine

 

Partis mariés en barque d’Hautot-sur-Seine, ils arrivèrent divorcés à la Bouille (témoignage Jean Fortier)

Le divorce a été prononcé le 4 mars 1959. Jean Lavoine se remarie à Oran (Algérie Française) le 25 janvier 1960 avec Consolation Marie RIADO (28/05/1914 - 17/01/1996). Il est décédé à Caen le 20 novembre 1972 et repose au cimetière de Saint-Lô dans la Manche.

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28 juillet 2019 7 28 /07 /juillet /2019 06:31

 

Le Conseil Municipal du 12 août 1855 acte le don d’une pompe à incendie de la part de Mme Fizeaux de la Martel et la formation d’une compagnie de pompier d’environ 12 à 15 habitants. Le Conseil Municipal du 23 juin 1870 délibère pour le creusement d’un puits communal avec une pompe à proximité de la Mairie et l’amélioration du puits communal du Rouage. Le Conseil Municipal du 16 octobre 1879 autorise la Maire à faire des démarches pour la construction d’un bâtiment pour remiser la pompe à incendie. Le Conseil municipal du 20 avril 1913 décide de l’achat d’une pompe à incendie fabriquée par Mandelert, rue de la Fayette à Rouen. On peut de nos jours voir cette pompe à bras au Musée des sapeurs pompiers de Montville.

 

Journal de Rouen du 18 mai 1914 : Chez les Sapeurs-Pompiers

M. Corbran est nommé lieutenant de sapeurs-pompiers

 

Le Conseil Municipal du 15 janvier 1932 acte l’achat d’une moto-pompe de 60 m3.

 

Le 7 Novembre 1939 un incendie éclate au domicile de  Maurice Gaudefroy-Demombynes qui est contraint de faire appel aux sapeurs pompiers de Rouen pour combattre le sinistre, suit à la défaillance du matériel communal. Les frais sont refacturés à la commune. Le Conseil municipal du 19 avril 1942 rend hommage à Joseph Simon du Perron, décédé, propriétaire du château d’Hautot, conseiller municipal depuis 1925, Président de la Société Général de 1932 à 1940, ayant financé la restauration de la Mairie et de la Chapelle, l’achat de la moto-pompe et les prix des écoliers

 

Conseil Municipal du 4 novembre 1959 : Dissolution du corps des sapeurs-pompiers de la commune

Monsieur le Maire donne lecture de la lettre de M. le Préfet concernant la dissolution du corps des sapeurs-pompiers de la commune. Le Conseil après en avoir délibéré accepte cette dissolution mais se réserve le matériel qui a été acquis à la commune par dons volontaires.

Musée de Montville

Musée de Montville

Don de la commune d'Hautot sur Seine au Musée de Montville

Les sapeurs pompiers d'Hautot sur Seine
Les sapeurs pompiers d'Hautot sur Seine

Journal de Rouen du 28 juin 1904 : Incendie

Un incendie a détruit, samedi dernier, dans l’après-midi, l’immeuble occupé par M. Lemarchand, journalier. Les flammes se communiquèrent aux habitations de MM. Coudray et Levaillant. Mme Coudray sauvait l’enfant Levaillant qui dormait dans sa voiture et que dans son désarroi Mme Lemarchand oubliait de sortir. Le feu fut combattu par la pompe de la commune et l’on protégea surtout les chaumières voisines. M. Coudray seul était assuré. M. Levaillant ayant son mobilier sauvé, les plus éprouvés sont les époux Lemarchand qui n’ont rien et qui se trouvent dans un complet dénuement. Une collecte est organisée dans le village pour procure à ces malheureux ouvriers le linge, les vêtements et la literie.

 

Journal de Rouen du 29 juin 1904 : remerciements-incendie

Mme veuve POULLARD, Mme veuve CORBRAN, Mme veuve PICARD et la municipalité de la commune de Hautot-sur-Seine adressent leurs plus vifs remerciements à toutes les personnes qui ont contribué à éteindre l’incendie qui s’est déclaré à Hautot le 25 courant.

Les sapeurs pompiers d'Hautot sur Seine

POMPE A BRAS MANDELERT DE 1913 :

Pompe à bras aspirante-foulante à deux roues fabriquée par Mandelert, rue de la Fayette à Rouen, dans la fonderie et la manufacture de cuivre et de bronze. 

Bicylindre : pistons d'un diamètre de 95 mm

 

Journal de Rouen du 27 juillet 1921 : Le voyage du Président de la République

A Sahurs, les enfants agitent des drapeaux. A Hautot-sur-Seine, célèbre par son église du XVI° siècle, avec ses restes de vitraux du XIII°, les pompiers apparaissent : on n’en avait pas encore vu depuis le départ de Quillebeuf. Plus nous approchons de Rouen, plus les acclamations redoublent.

 

Journal de Rouen du lundi 29 août 1932 : Deux maisons brûlent à Hautot-sur-Seine 50 000 Francs de dégâts

Le feu s’est déclaré hier l’après-midi, on ne sait de quelle façon, dans les combles des maisons, occupées à Hautot-sur-Seine, l’une par M. Amundsen, chef de laboratoire aux usines Malétra, à Lescure-lès-Rouen et l’autre par Melle Delapille. La subdivision des sapeurs-pompiers attaqua l’incendie aces les deux lances d’une pompe à bras, mais ces secours étaient insuffisants. M. Poullard, maire, adressa à 15 h. 20, une réquisition aux sapeurs pompiers de Rouen. Le poste central envoya aussitôt le fourgon-pompe n°5 à grande puissance sous les ordres du sergent-chef Pettêre. Le lieutenant Ledermann partit en side-car pour prendre la direction des secours. A 15 h. 50, une petite lance de premier secours, puis deux lances de pompe furent mises en action. Malheureusement, il n’y avait pas une réserve d’eau à proximité du lieu du sinistre, et la grosse pompe dut être alimentée à l’aide de seaux par les pompiers, qui assumèrent là un travail fort rude. Après une heure de lutte contre le feu et de déblai, les pompiers de Rouen laissèrent aux sapeurs locaux le soin d’achever l’extinction. Ils rentrèrent à leur poste à 17 h. 45.   

 

Journal de Rouen du samedi 3 septembre 1932 : L’incendie de deux maisons

Nous avons relaté dans notre numéro de lundi, l’incendie qui a détruit deux maisons à Hautot-sur-Seine. Signalons à propose de ce sinistre le dévouement des sapeurs-pompiers de la commune d’Hautot-sur-Seine sous les ordres du sergent Obselin. La belle attitude des sauveteurs méritent les meilleurs encouragements, nous croyons savoir qu’ils seront bientôt dotés d’une moto-pompe qui leur permettre d’agir avec plus d’efficacité encore.

Journal de Rouen du 30 mars 1933 : Expérience de motopompe

Le maire d’Hautot-sur-Seine informe les habitants d’Hautot-sur-Seine, de Sahurs et de Val-de-la-Haye, et spécialement les généreux donateurs, que les essais de la motopompe  dont la commune envisage l’achat, auront lieu le 2 avril 1933, à 14h30.

Le Conseil Municipal d’Hautot sur Seine en 1935

Archives familiales de Pierre LEMARCHAND

Journal de Rouen du 21 février 1935 : Remise de distinction

Dimanche dernier, le lieutenant Corbran, commandant la subdivision des sapeurs-pompiers d’Hautot, a reçu la médaille d’honneur et de sauvetage décernée par le gouvernement. Cette décoration lui fut remise par M. le commandant De Heyn, président de l’Union départementale, qui était entouré de MM. Les capitaines Lemarchand, Quesnot et Lethuillier. Les quatre officiers adressèrent leurs biens vives félicitations au lieutenant Corbran, déjà titulaire de la croix de guerre. M. Poullard, maire, retraça les brillants états de service de dernier qui, aidé du sergent Obselin, fonda la subdivision d’Hautot en 1902. Cette excellente société, sous les ordres de M. Corbran, n’a fait que prospérer et elle possède aujourd’hui une motopompe. Le lieutenant Corbran répondit par quelques mots et fit l’éloge de ses subordonnés. La cérémonie se termina par une visite au dépôt du matériel, les officiers purent se rendre compte de l’excellent état d’entretien de celui-ci et de la parfaite tenue des sapeurs qui recueillirent également des félicitations.

Journal de Rouen du 18 juillet 1935 : Fête nationale

A l’occasion de la fête nationale M. le maire d’Hautot, M. Poullard passa la revue des sapeurs-pompiers. Après le défilé et différents exercices, M. le maire adressa des félicitations aux sapeurs groupés et à leur chef, pour leur belle tenue et le bon entretien du matériel. Au nom du gouvernement, il remit les diplômes de médaille d’honneur au lieutenant Corbran et au sergent Obselin, les fondateurs de la Compagnie en 1908, et aux caporaux Lenoble et Allais. Peu après, un vin d’honneur fut servi à l’établissement Obselin.

Les sapeurs pompiers d'Hautot sur Seine

Journal de Rouen du 17 décembre 1936 : Sapeurs-pompiers

Voici la liste des numéros gagnant de la tombola organisée au profil des sapeurs pompiers : (…). Les lots non réclamés dans un délai de trois mois resteront acquis à la société.

 

Journal de Rouen du 25 novembre 1941 : Inhumation

Mme Alexandre CORBRAN ; Mme veuve Octave CORBRAN ; Tous les autres membres de la famille et les nombreux amis ; M. le Maire et mes Membres du Conseil municipal ; Le corps des sapeurs pompiers et les Anciens combattants de Hautot-sur Seine, ont la douleur de vous faire part de la perte cruelle qu’ils viennent d’éprouver en la personne de

Monsieur Alexandre CORBRAN

Menuisier

Ancien commandant de la Subdivision des sapeurs-pompiers

Ancien combattant

Croix de guerre

Médaille d’honneur des Sapeurs-pompiers

Médaille de sauvetage

Décédé le 23 novembre, dans sa 64ème année. Et vous prient d’assister à ses services et inhumation qui auront lieu demain mercredi 26 novembre 1941, en l’église d’Hautot-sur-Seine. Réunion au domicile mortuaire à 14 heures (H.O.). Le présent avis tient lieu d’invitation.

 

Le samedi 9 janvier 1943, un violent incendie s’est déclaré dans la maison d’habitation de M. Jean Pigache, cultivateur à Saint-Pierre-de-Manneville. Les pompiers d’Hautot-sur-Seine se rendirent sur les lieux, sous la direction de M. Obselin et réussirent à empêcher le sinistre de s’étendre aux bâtiments voisins.

les hydrants d'hautot sur Seine
les hydrants d'hautot sur Seine
les hydrants d'hautot sur Seine
les hydrants d'hautot sur Seine
les hydrants d'hautot sur Seine
les hydrants d'hautot sur Seine
les hydrants d'hautot sur Seine
les hydrants d'hautot sur Seine
les hydrants d'hautot sur Seine

les hydrants d'hautot sur Seine

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11 décembre 2018 2 11 /12 /décembre /2018 16:20
Photographie de Fernande Obselin

Photographie de Fernande Obselin

 

 

 

On reconnait sur la photographie de Fernande Obselin, l’homme devant la porte. Il s’agit d’Aimé Eugène Louis BETHON né à Pavilly le 3 mai 1911, acrobate, domicilié à Grand-Quevilly, rue Pierre Corneille. Il s’est marié le 8 novembre 1930 avec Jane CHALUMEAU, également acrobate. Ils divorcent le 28 octobre 1964. Il est décédé le 10 novembre 1971 à Paris.

Forains et gens du voyage à Hautot sur Seine
Forains et gens du voyage à Hautot sur Seine
Forains et gens du voyage à Hautot sur Seine
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9 décembre 2018 7 09 /12 /décembre /2018 19:21
Baignade plage de Hautot-sur-seine le 15 août 1943
Baignade plage de Hautot-sur-seine le 15 août 1943
Baignade plage de Hautot-sur-seine le 15 août 1943
Baignade plage de Hautot-sur-seine le 15 août 1943
Baignade plage de Hautot-sur-seine le 15 août 1943
Baignade plage de Hautot-sur-seine le 15 août 1943
Baignade plage de Hautot-sur-seine le 15 août 1943
Baignade plage de Hautot-sur-seine le 15 août 1943
Baignade plage de Hautot-sur-seine le 15 août 1943
Baignade plage de Hautot-sur-seine le 15 août 1943
Baignade plage de Hautot-sur-seine le 15 août 1943
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16 novembre 2018 5 16 /11 /novembre /2018 06:39

Le 21 août 1853, l’Adjoint au Maire et quatre autres conseillers municipaux démissionnent suite en particulier à des désaccords sur le traitement du litige concernant un terrain situé devant le portail de la propriété Mauléry chemin du Mont Miré. Le litige porte sur un problème d’alignement avec le chemin n°4 (route du Mont Miré), la commune demande le retrait d’arbres plantés par le précédent propriétaire, le Comte de Bailleul. Elle estime que ces saules sont sur son domaine au regard du cadastre. La municipalité avait délibéré le 2 avril 1853 pour plaider en justice. Finalement en 1854, le Préfet de la Seine Inférieure n’autorise pas l’action en justice et l’affaire en reste là.

L'affaire des saules du Comte de Bailleul à Hautot sur Seine

Le Comte de Bailleul né à Rouen le 2 février 1778 est décédé à Hautot sur Seine le 25 novembre 1848 à l’âge de 69 ans. Son décès a été déclaré par ces deux fils Achille Rémond marquis de Bailleul (1823-1887) et Henri Nicolas Maximilien de Bailleul. Il est enterré dans le cimetière de la chapelle d’Hautot-sur Seine. Il avait acheté la propriété du Mont Sabine située à Hautot sur Seine en 1824 à Louis Lézurier Baron de la Martel.

 

LA SEPULTURE DU COMPTE DE BAILLEUL EN 2018
LA SEPULTURE DU COMPTE DE BAILLEUL EN 2018
LA SEPULTURE DU COMPTE DE BAILLEUL EN 2018

LA SEPULTURE DU COMPTE DE BAILLEUL EN 2018

LA SEPULTURE DU COMTE DE BAILLEUR VERS 1965

LA SEPULTURE DU COMTE DE BAILLEUR VERS 1965

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6 octobre 2018 6 06 /10 /octobre /2018 15:34
La meule du moulin du Temple à Hautot sur Seine
La meule du moulin du Temple à Hautot sur Seine

En 1970 le terrain situé en face de la Mairie est aménagé en parking. En mai 1972 ce qui reste de la meule du moulin du Temple est installée dans le coin nord ouest de la place nouvellement créée.

LA MEULE DU MOULIN DU TEMPLE EN MAI 1972
LA MEULE DU MOULIN DU TEMPLE EN MAI 1972
LA MEULE DU MOULIN DU TEMPLE EN MAI 1972
LA MEULE DU MOULIN DU TEMPLE EN MAI 1972

LA MEULE DU MOULIN DU TEMPLE EN MAI 1972

Le moulin du Temple était en bois, il a disparu à la fin du XIXème siècle. Au début du XXème siècle il subsistait les ailes, une photo familiale existe avec les ailes en arrière plan.

La meule du moulin du Temple à Hautot sur Seine

Vue de Soquence par Fraipont en 1890 (les environs de Rouen) :

DESSIN DE FRAIPONT EN 1890

DESSIN DE FRAIPONT EN 1890

TABLEAU DE NARCISSE BERCHERE EN 1872

TABLEAU DE NARCISSE BERCHERE EN 1872

Il existe une gravure de 1817, où l'on aperçoit le moulin dans l'axe de la grille du château, le chemin neuf créé au début du XVIIIème siècle reliait le château au moulin. (source de la gravure : famille Michon)

La meule du moulin du Temple à Hautot sur Seine

L’INCENDIE DU 22 FEVRIER 1813

 

Ce jour d’hui vingt deux février mil huit cent treize, Adrien DUMENIL adjoint de Monsieur le Maire de la commune de Hautot sur Seine arrondissement de Rouen département de la Seine Inférieure, sur les huit heure du matin au bruit du feu, je me suis transporté sur le triège du Moulin du Temple situé sur la commune du Val de la Haye enclavé dans celle de Hautot ou j’ai trouvé la maison y attenant aux corps du bâtiments ou demeurait le Sieur Emmanuel BAUDRY fermier du dit moulin appartenant à Monsieur LEZURIER DE LA MARTEL où j’ai trouvé tout le corps du bâtiment emflambé par le feu sans qu’il ai été possible de l’éteindre malgré une multitude de peuple qui s’y sont porté pour donner du secours.

Pour absence de Mr le Maire du Val de la Haye j’ai prix des informations pour savoir et découvrir comment le feu avait pris à ce bâtiment. Le dit BAUDRY nous ayant déclaré qu’il n’y avait eu nullement de feu à la cheminée dans la nuit et même qu’il n’y en avait pas été fait. Du jour, ce qui a été affirmé par le Sieur Pierre PERDRIX pasteur chez LEGUILLON voisin du dit moulin qui sans l’instant sortait de chez le dit Sieur BAUDRY et pour Julie DURAME femme DELANOS aussi voisine qui était, lorsque le feu a pris et leur déclaration porte que tout ce qu’ils se sont aperçu est que la flambée a commencée à sortir par le derrière en face d’une croisée au proche de la cheminée auquel y avait autour de cheminée un tas de foin et une charpente du bois très ancien enclavé contre la dite cheminée auquel on pourrait présumer vu feu gardé de pair quelque temps c'est-à-dire quelques heures, quoique cependant la cheminée étant construite dans son bas en maçonnerie et par le haut en brique, après tout les informations prises, je n’ai trouvé aucune preuve de la cause du feu.

Cependant, en outre le dit Sieur Emmanuel BAUDRY et sa femme fermière du dit moulin ont déclaré qu’ils avaient été menacés du feu par le Sieur Charles LEQUÊNE ancien propriétaire du dit moulin, et même par un de ses enfant, en disant que le moulin ne se vendrait pas et qu’ils y mettraient plutôt le feu, mais pourtant en ce moment ils n’avaient aucune connaissance de l’avoir vu dans les environs.

En foi de quoi j’ai rédigé le présent, sur ce qu’il m’a été requis par le Sieur Jacques VILLEROY jardinier de Monsieur LEZURIER DE LA MARTEL pour servir et valoir à ce qu’il appartiendra. A HAUTOT les jours et an tel que dessus. DUMENIL Adjoint.

LES INSTALLATIONS DISPARUES ET LE MOULIN DU TEMPLE A HAUTOT SUR SEINE
LES INSTALLATIONS DISPARUES ET LE MOULIN DU TEMPLE A HAUTOT SUR SEINE
LES INSTALLATIONS DISPARUES ET LE MOULIN DU TEMPLE A HAUTOT SUR SEINE

LES INSTALLATIONS DISPARUES ET LE MOULIN DU TEMPLE A HAUTOT SUR SEINE

Le rapport de 1813 pourrait laisser croire à l’existence de deux moulins, il doit s’agir d’installations séparées situées au Rouage. Le cadastre Napoléonien a été publié en 1812, on trouve des versions avec le bâtiment en 1812, puis sans le bâtiment supposé en 1822 lors du rattachement du hameau du Rouage à la commune de Hautot sur Seine. Les BAUDRY sont une dynastie de meuniers qui affermaient différents moulins en aval de Rouen sur les deux rives de la Seine.

La meule du moulin du Temple à Hautot sur Seine

La carte de Cassini qui date d’environ 1750 n’indique que deux moulins dans la zone sud de la boucle de Roumare, celui du Temple à Hautot sur Seine et celui de Sahurs.

La meule du moulin du Temple à Hautot sur Seine

Sur la plus ancienne représentation du moulin qui est une estampe du XVIIème siècle, le moulin est mentionné conne étant LE MOULIN DE SOQUENCE PRES HAUTOT. La vue est prise dos à la forêt de Roumare en direction des Essarts comme le montre la photo prise dans les années 70 après la construction du gite en forme de moulin faite à proximité de l'emplacement du moulin disparu.

La meule du moulin du Temple à Hautot sur Seine
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12 août 2018 7 12 /08 /août /2018 07:00
Maurice Gaudefroy-Demombynes (1862-1957)

Laurent-Joseph-Maurice Gaudefroy-Demombynes est né le 15 décembre 1862 à Amiens, quartier de Renancourt. Il est fils d’Auguste Gaudefroy (1835-1910) et de Marie Demombynes (1839-1908). Il est élevé par sa mère chez son grand-père maternel Demombynes, avoué près le tribunal civil d'Amiens. Il fait ses études primaires au lycée de cette ville, après quoi, à partir de 1875, il fréquenta à Paris le Lycée Louis-le-Grand. De santé fragile, exempté du service militaire, il renonce à un voyage à Moscou pour Alger où il rencontre René Basset. Entre 1890 et 1895, il réside alternativement à Paris et Alger où il se forme à l’arabe et au berbère à l’École supérieure des lettres d’Alger. Il obtient du Conseil d'État de se nommer Gaudefroy-Demombynes en 1895 et ainsi de sauver le nom de Demombynes. Son Oncle Gabriel Demombynes (1840-1923) étant le dernier du nom. Il épouse le 26 août 1895 Alice Taillarda (1871-1959) à Mur-de-Sologne, en présence de son oncle Gabriel Demombynes et de son cousin Léopold Barré (1839-1905). La petite histoire raconte que Alice Taillarda n'aimait pas le prénom de Laurent et a donc demandé à son mari de se prénommer Maurice plutôt que Laurent. Ils sont les parents de Jean (1898-1984) et de Roger (1900-1992).

En 1895, il prend la direction de la médersa de Tlemcen et en 1898, il devient bibliothécaire à l’École des langues orientales. Il collabore alors avec les orientalistes de la Société asiatique et les linguistes de la Société de linguistique. En 1905, il enseigne l’arabe à l’Ecole coloniale puis l’arabe littéraire à l’Ecole des langues orientales en 1911. En 1927, il est nommé directeur d’étude pour l’Islam à la 5ème section de l’École pratique des hautes études et collabore avec William Marçais et Louis Massignon à la création de l’Institut d’étude islamique de l’université de Paris qu’il dirigera jusqu’en 1937. En 1935, il devient membre libre résident de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. 

Extrait de l’article de Jean Gaulmier paru dans Le Monde du 5 septembre 1957 : Si importante qu'ait été son œuvre érudite, peut-être est-elle dépassée encore par l'action qu'il a exercée comme professeur. Il adorait l'enseignement et il a formé des générations d'arabisants dans le cours d'arabe classique de l'École des langues orientales qu'il a professé avec une rare maîtrise de 1908 à 1935.

Il est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur par décret du 14 janvier 1925, puis Officier de la Légion d’Honneur par décret du 31 juillet 1934, en qualité de professeur à l’Ecole des langues orientales vivantes.

Maurice Gaudefroy-Demombynes (1862-1957)
Maurice Gaudefroy-Demombynes (1862-1957)
Maurice Gaudefroy-Demombynes (1862-1957)
Maurice Gaudefroy-Demombynes (1862-1957)
Maurice Gaudefroy-Demombynes (1862-1957)
Maurice Gaudefroy-Demombynes (1862-1957)
Maurice Gaudefroy-Demombynes (1862-1957)

Journal de Rouen du 8 novembre 1939 : Un violent incendie détruit les combles et le premier étage du manoir des Farceaux à Hautot-sur Seine. 500 000 Francs de dégâts

A Hautot-sur-Seine, à l’orée de la forêt de Roumare se dresse à flanc de coteau, dans la grande courbe que fait la route qui longe la Seine entre le Val-de-la-Haye et Sahurs, un vieux manoir de pierres du XV° siècle, le château des Farceaux, qui appartient à M. Gaudefroy-Demombynes, membre de l’Institut.

Hier soir, à la chute du jour, un violent incendie a détruit cette vénérable demeure qui gardera quand même sa beauté ancienne grâce au dévouement des pompiers de la commune et à la prompte et intelligente intervention des sapeurs-pompiers de Rouen qui réussirent à maîtriser le sinistre, sous la direction du commandant Méré, assisté du lieutenant Ledermann.

Il était 18 h. 45 M. Gaudefroy-Demombynes travaillait dans son bureau quand il eut son attention attirée par des bruits insolites semblant provenir des combes. En quelques instants, ces bruits se précisèrent en affreux craquements et le propriétaire se précipita aussitôt vers l’escalier conduisant aux combles. Ils étaient en feu.

M. Gaudefroy-Demombynes alerta aussitôt ses proches et le personnel de la demeure qui se mirent en devoir de combattre le sinistre pendant que les pompiers de la localité se hâtaient d’accourir. Tout en luttant contre le feu on s’efforça de sauver ce qui était possible.

En même temps, M. Poullard, maire de Hautot, demandait le secours des sapeurs-pompiers de Rouen, qui arrivèrent sur les lieux du sinistre en un temps record et bientôt un puissant fourgon aux ordres du lieutenant Ledermann, mit en batterie une série de lances qui attaquèrent le fléau avec succès malgré le vent.

A 20 heures, le feu était circonscrit. En s’écroulant, la toiture et les combles avaient communiqué le feu au premier étage dont les aménagements et les objets qui n’avaient pu être sauvés étaient anéantis. Mais le rez-de-chaussée était pratiquement intact et les murs épais de la demeure, bien que fort éprouvés vers le sommet, restaient debout.

Hier soir, on fixait approximativement à 500 000 Francs l’ordre des dégâts. Mais en vérité, on ne pourra connaître l’étendue exacte du désastre qu’en procédant à un inventaire méthodique.

Les gendarmes Saveuse et Lautuit de la brigade de Grand-Couronne, arrivés sur les lieux dès le début du sinistre, procédèrent à l’enquête pour en établir les causes. Dans la matinée, M. Gaudefroy-Demombynes avait fait visiter ses cheminées par un plombier qui avait dû, pour mener à bien, son travail, ôter les plaques disposées dans les combles, sur les conduits. On se demande si, l’une de es plaques n’est pas tombée après le passage de l’ouvrier laissant passer des étincelles qui auraient communiqué le feu à des matières ou à des objets particulièrement inflammables placés dans les combles. Quoi qu’il en soit, le feu a pris naissance dans les combles sur la droite de la façade du côté de la vallée. Il y a assurance.

Le 7 novembre 1939, lors de l'incendie de sa maison, Maurice Gaudefroy-Demombynes avait du faire appel aux sapeurs pompiers de Rouen, la pompe à bras de la commune étant tombée en panne.

Maurice Gaudefroy-Demombynes a été conseiller municipal de Hautot-sur-Seine de 1945 à 1953.

Extraits d’un article signé de Félix Arin paru dans la revue HESPERIS en 1958 :

Il y a peu d’exemples d’une harmonie conjugale aussi parfaite que celle qui unissait Maurice et Alice Gaudefroy-Demombynes : ils ont vécu véritablement l’un pour l’autre et pour leurs deux fils, et rien n’était plus touchant que leur mutuelle tendresse persistant inaltérée au-delà de leurs noces d’or et même de diamant, célébrées au milieu d’une nombreuse postérité comprenant jusqu’à leurs arrière-petits-enfants.

Quant à 92 ans, en juillet 1955, il fallut le transporter de toute urgence, à dix heures du soir, dans une clinique de Rouen pour une intervention chirurgicale à laquelle il était douteux qu’il survécût (et il le savait) c’est avec un calme parfait qu’il se leva, s’habilla et prit congé des siens, stupéfiant le chirurgien angoissé par le détachement et la sérénité avec lesquels, pendant le trajet en voiture, il envisageait sur un ton plaisant les suites possibles de l’opération. Il y résista contre toute attente, et même à une seconde qu’il dut subir au début de mars 1957, à 94 ans. Il ne devait toutefois survivre que quelques mois, qui furent douloureux physiquement et, moralement.

Maurice Gaudefroy-Demombynes (1862-1957)
Maurice Gaudefroy-Demombynes (1862-1957)
Maurice Gaudefroy-Demombynes (1862-1957)

Il décède le 18 août 1957. Le Conseil Municipal d’Hautot-sur-Seine du 29 novembre 1957 évoque l’inhumation de Mr Gaudefroy-Demombynes ancien Conseiller municipal.

Maurice Gaudefroy-Demombynes (1862-1957)
Maurice Gaudefroy-Demombynes (1862-1957)
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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 08:40
Pierre Joseph VALLET, garde champêtre à Hautot sur Seine, chevalier de la légion d'honneur

Le conseil municipal d’Hautot-sur-Seine, lors de la session du 15 juin 1815, se choisit un nouveau garde champêtre en la personne de Pierre Joseph VALLET membre en 1806 de la légion d’honneur, garde forestier demeurant au Val de la Haye. Il s’agit peut être du VALLET nommé garde des bois par Charles FIZEAUX, gendre de Louis LEZURIER DE LA MARTEL, le 8 mars 1815 suite à l’adjudication de l’ancien bois de la commanderie dont il était déjà garde. Il reste en poste comme garde champêtre à Hautot à priori jusqu’en 1822.

Pierre Joseph VALLET, garde champêtre à Hautot sur Seine, chevalier de la légion d'honneur
Pierre Joseph VALLET, garde champêtre à Hautot sur Seine, chevalier de la légion d'honneur

Décès de Pierre Joseph VALLET chevalier de la légion d’honneur à Hautot sur Seine le 03/08/1837 :

Du troisième jour du mois d’août l’an mil huit cent trente sept, à cinq heures après midi : Acte de décès de Pierre Joseph VALLET chevalier de l’ordre royal de la Légion d’honneur, ex tambour major d’infanterie de ligne,

retraité avec la pension de Sous Lieutenant, décédé aujourd’hui à midi dans cette commune  où il est domicilié depuis dix sept ans, âgé de soixante onze ans, né à Attainville, département Seine et Oise, ignorant s’il a contracté mariage, la famille étant inconnue. Sur la déclaration à nous faite par les sieurs Pascal Barré âgé de soixante trois ans propriétaire et François Jacques âgé de quarante sept ans boulanger, tous deux domiciliés en cette commune et amis du défunt. Lesquels ont signé, après lecture faite le présent acte, qui a été fait double en leur présence et constaté suivant la loi par nous, adjoint pour absence de Mr le Maire de la commune susdite, remplissant les fonctions d’officier public de de l’état civil.

En campagne et sur les champs de bataille, les tambour-major, tambours et autres musiciens constituaient un moyen de communication, par le jeu des sonneries notamment et scandaient le rythme des déplacements par le biais des marches militaires.

Après son décès, sa veuve Marie-Louise MICHEL bénéficie de la réversion de la pension.

 

Au cimetière du Val de la Haye se trouve la tombe de Jean Dominique PEZIER, un soldat de la Vieille Garde :

« du troisième jour du mois de juillet, l’an mil huit cent soixante trois, à six heures du soir, acte de décès de Jean Dominique Pézier vivant de son revenu ».

Extrait du Paris Normandie du 16 octobre 2010 :

La tombe Jean-Dominique Pézier, soldat de l'Empire, vient d'être restaurée au cimetière du village. Nombreux sont ceux qui connaissent la colonne Napoléon, érigée sur les bords de la Seine, symbole du retour des cendres de l'empereur en 1840. Mais peu de personnes savent qu'un soldat de Napoléon est enterré à Val-de-la-Haye. Ce qui n'est pas le cas de Jacques Porte, délégué départemental des Amis du patrimoine napoléonien (APN).

Pierre Joseph VALLET, garde champêtre à Hautot sur Seine, chevalier de la légion d'honneur
Pierre Joseph VALLET, garde champêtre à Hautot sur Seine, chevalier de la légion d'honneur
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