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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 11:38

Le Journal de Normandie du 8 février 1786 publie un rapport de Louis Lépecq de la Clôture.

Il est attaché à l'hôtel-Dieu de Rouen et médecin des épidémies pour la Généralité de Rouen.

Maladie épidémique en la paroisse de Hautot sur Seine

& au Rouage, hameau du Val de la Haye.

L’épidémie changeait de face, et plusieurs malades présentaient les symptômes de la fièvre putride avec exanthèmes (lésions cutanées).  L’on ignore si c’est ainsi qu’ont péri dans la semaine qui a suivi le coup du dégel, trois vieillards de 60 à 75 ans, ainsi qu’une bonne fille qui, partageant le zèle de son pasteur, s’était sacrifiée au soulagement des malades ; n’ayant été averti ni de leur état, ni de leur maladie, il fut impossible de leur être utile. Mais la sollicitude, la vigilance de Mr l’intendant et l’abondance des secours ont mis à portée d’arrêter très promptement les progrès que pouvoir faire cette nouvelle complication. Et si les succès sont consolants pour l’humanité, il ne sera pas moins intéressant pour les médecins, attachés à la branche importante des épidémies, d’apprendre que le caractère de celle-ci a été tellement saisi, les médicaments convenables administrés avec tant de soin et les précautions tellement prises, que la mortalité s’est trouvée absolument nulle parmi ceux qui ont été fournis au traitement.

 

TABLEAU de l’Épidémie de Hautot & du Rouage

 

A la première visite, ordonnée le 28 décembre 1785, on a trouvé Malades, adultes & enfants, dans les deux endroits, 32.

A la visite du 20 Janvier 1785, les trente-deux Malades soumis au traitement, ont été visités, & tous vus en pleine convalescence. On en a trouvé de nouveaux, 17. Et un mourant, décédé dans les vingt-quatre heures.

A celle du 22, les dix-sept commençaient à bien aller. Il y en avait de nouveaux, ce jour & les suivants, … … 7

Le 28, ils étaient tous hors de danger, & le plupart en convalescence.

Si l’on ajoute ici ceux qu’on peut croire avoir été préservés, parce qu’on les a purgés au moment où ils semblaient frappés de la maladie épidémique, ou des symptômes avant-coureurs, on en comptera une trentaine, ci … … 30

Total général des Malades ou atteints des accidents préliminaires, fournis au traitement … 86

Guéris & préservés, … … … 86

Extrait du Journal déposé à l’intendance & signé Lépecq. Le Journal terminé par la correspondance de M. la Grange, Chirurgien à Dieppedalle ; qui a mandé depuis, qu’une femme âgée, indocile au Traitement, serait probablement victime de son opiniâtreté à refuser les médicaments.

Louis Lépecq est né à Caen le 12 juillet 1736. Docteur en médecine de l'université de Caen en1755, il exerce à Caen en 1763.  Il s’établit à Rouen en 1768. Il est médecin chef de l'hôtel-Dieu de Rouen et professeur de chirurgie.

En 1776 il publie « Observations sur les maladies épidémiques, ouvrage rédigé d'après le tableau des épidémiques d'Hippocrate ». En 1778 il expose quinze années d'observations dans l’ouvrage « Collection d'observations sur les maladies et constitutions épidémiques ».

Il se marie le 4 janvier 1780 à Rouen, paroisse Saint Lô, avec Marie Claude Geneviève Le Bon, dont il aura deux filles. Il est anobli par Louis XVI en 1781 avec le titre de Sire de la Clôture.

Il est depuis 1778 membre titulaire de l'académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, dont il est élu président en 1782. En 1791 il devient membre associé de la Société royale de médecine de Paris.

Emprisonné sous la Terreur, il quitte Rouen en 1794 et s’installe à Saint-Pierre-des-Azifs (Calvados). Là, il pratique encore son art auprès des habitants et il s’attache à soulager les plus pauvres. Il s’éteint le 5 novembre 1804. Il repose dans le cimetière de l’actuelle commune de Saint-Pierre-Azif.

La rue Lépecq de la Clôture porte son nom à Rouen, dans le quartier Gare-Jouvenet.

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